Economie

La 3D au tempo des PME

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Dossier Les bénéfices potentiels et l'ergonomie croissante des logiciels 3D milieu de gamme facilitent la migration à partir des outils 2D.

La 3D au tempo des PME

Pertes ou problèmes de conversion des données, prix élevés, exigences matérielles accrues, nécessité de former le personnel... Les craintes liées au déploiement des outils de conception 3D en remplacement de la 2D sont nombreuses, surtout chez les PME. Autant de désagréments que les éditeurs de logiciels 3D essaient d'atténuer en renforçant les performances de leurs produits. Notamment ceux qui proposent des solutions accessibles à ces PME, tels SolidWorks, Autodesk avec Inventor, UGS avec Solid Edge ou Missler Software avec TopSolid. Des produits qui ne nécessitent pas d'investissements majeurs, ni en hardware (autour de 1 600 euros), ni pour le prix des licences (de l'ordre de 6 000 euros), ni en terme de prise en main.


Minimiser l'impact de la transition

Pour Jérôme Longuet, le responsable marketing des solutions mécaniques chez Autodesk France, « les interfaces utilisateurs sont assez puissantes et intuitives pour minimiser l'impact de la transition de la 2D à la 3D ». Un avis partagé par Bertrand Leblanc, le responsable technique de SolidWorks : « Partir d'esquisses 2D permet aux concepteurs de garder leurs habitudes en phase conceptuelle. Ensuite, libre à eux de passer à la 3D. Et ils gardent l'interopérabilité entre les deux. »

4 produits majeurs

> SolidWorks: 7 000 postes *
> Autodesk-Inventor: 6 500 *
> UGS-Solid Edge: 4 500 *
> Missler Software-TopSolid: 3500*

* Estimations du nombre de postes installés en France

L'intérêt majeur du passage à ces outils est la possibilité de créer de véritables prototypes virtuels sur lesquels on va pouvoir détecter, beaucoup plus vite que dans une liasse de plans, des erreurs de conception. Et, très en amont dans le développement. Sans parler des possibilités d'analyse numérique, le fait de disposer du modèle 3D d'un produit va permettre, par déplacement d'éléments, de déceler les interférences entre des pièces en mouvement. De même, le routage des faisceaux électriques ou des tuyauteries devient beaucoup plus intuitif, et permet de valider les possibilités de montage et de maintenance.

La création d'un maître modèle 3D unique garantit également la qualité de mise à jour de l'information. Ainsi, on ne risque plus de travailler sur des données 2D obsolètes, car partiellement modifiées.
Enfin, les plans 2D constituent un « langage » qui, pour être compris, nécessite d'avoir les bases minimums du dessin industriel, qui est donc limité aux seuls spécialistes. La représentation 3D, beaucoup réaliste, ne laisse pas de place à l'interprétation. De ce fait, elle facilite l'information vers les « non-spécialistes » dans l'entreprise (services achats ou commerciaux...), ou à l'extérieur (sous-traitants, clients...).

Reste que les plans restent indispensables dans l'industrie, à commencer bien sûr pour la fabrication. C'est pourquoi les éditeurs soignent les modules de mise en plans automatique. De même, ils offrent la possibilité de récupérer les plans ayant été créés avec des outils 2D via des passerelles utilisant le format DWG. « Attention à ne pas vouloir récupérer l'ensemble des archives 2D, on est vite noyé sous une montagne d'informations. Mieux vaut privilégier le futur par rapport au passé », prévient Bertrand Leblanc.

Le volume d'informations créé reste le dernier écueil à bien négocier. « La 3D génère bien plus de données que la 2D et l'on risque de s'y perdre, surtout si l'on dispose de nombreux postes », note Jérôme Longuet. C'est pourquoi les outils de création 3D les plus évolués intègrent un module de gestion de données. Cela permet de gagner encore plus en facilitant les recherches suivant de multiples critères et en évitant les doublons.

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Jean-François Préveraud


Brioche Pasquier évite les erreurs

Chez Brioche Pasquier, on fait des gâteaux... mais aussi des machines. Le bureau d'études de l'entreprise choletaise assure, en effet, la conception de toutes ses machines spéciales. Après avoir utilisé des logiciels 2D (Cadam puis Autocad Mecanical) durant quinze ans, il est passé à la 3D avec une cinquantaine de postes Inventor en 2004. « Cela nous a apporté 25 à 30 % de productivité, en évitant les erreurs et les interférences mécaniques dès la conception, mais aussi en facilitant le travail des monteurs grâce aux vues 3D éclatées », note Pascal Le Maignan, responsable CAO. Les modèles 3D facilitent aussi le dialogue et les prises de décisions avec les conducteurs des lignes dès la phase amont des projets. Les temps de réunion ont ainsi pu être divisés par cinq. « Nos projeteurs sont davantage motivés. Nous allons maintenant mettre l'accent sur les outils et méthodes facilitant la collaboration entre nos sites.»

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