L’usine savoyarde de Graftech prépare sa fermeture

Cette semaine pourrait être déterminante pour le site de Notre-Dame-de-Briançon. La direction du groupe américain avait annoncé au printemps l’arrêt de l’usine pour cet automne. Cette fermeture entraine la suppression de 41 emplois.

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La production de l’usine Graftech de Notre-Dame-de-Briançon à La Léchère (Savoie) est arrêtée depuis la fin du mois de juillet, selon le calendrier prévu dans le plan de sauvegarde de l'emploi. En mars, le groupe américain Graftech, fabricant de composants en graphite, avait annoncé la fermeture de cette usine, un site spécialisé dans l’usinage de pièces pour les marchés de l’électrométallurgie, de la chimie, du silicium et du solaire. Le plan de sauvegarde de l'emploi de Graftech, qui emploie 51 personnes en Savoie, prévoit 41 suppressions de postes, les autres se voyant proposés des reclassements vers des sites de Graftech en Italie et à Calais (Pas-de-Calais).

Cette décision, expliquait alors la direction de l’usine, est justifiée par le fait que le site n’est pas rentable et l’usine en perte de vitesse. Les premières lettres de licenciement ont été envoyées en juillet.

Assurer la pérennité du site italien

Le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit aussi le déménagement de huit machines sur les vingt-deux que compte le parc de l’usine savoyarde, un transfert de l’outil de production annoncé dès le projet initial selon la direction. "Ce projet est destiné à regrouper sur un site, à Malonno en Italie, une activité en perte de vitesse en Europe, explique Christophe Delayre, directeur du site Graftech de Notre-Dame-de-Briançon. Cela nous permettra de diminuer nos frais fixes et d’assurer la pérennité du site italien, et par là, de sauver la présence de Graftech en Europe."

Le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit une prime pour les salariés si le transfert des machines est fait dans les délais. Pour l’heure, deux machines ont été déménagées au début du mois d’août, après qu’une décision de justice a obligé des chasse-neige du conseil départemental à débloquer l’entrée de l’usine, une troisième machine a quitté la Savoie le 24 août et le départ de la quatrième est prévu pour le 27 août. "Le transfert des quatre autres machines est suspendu dans l’attente des discussions avec le candidat à la reprise qui s’est déclaré intéressé pour les garder", précise Christophe Delayre.

Une proposition de reprise du site savoyard

Un repreneur potentiel, Trafer, s’est porté candidat à la reprise du site de Graftech, situé sur un terrain de 17 000 mètres carrés, l’usine occupant un bâtiment de 6 000 mètres carrés. Le projet de cet industriel de Montmélian, spécialisé dans le même secteur d’activité, proposerait de reprendre au moins huit des 51 salariés. Une réunion au ministère de l’Economie se tient aujourd’hui pour faire avancer ce dossier. Graftech a signé volontairement une convention de réindustrialisation et alloué un budget de 150 000 euros à cette opération.

Pour l’heure, si la production est interrompue dans l’usine, les salariés assurent le transfert du stock de matières premières présent en Savoie, vers les autres sites de Graftech et les clients. C’est à l’usine de Notre-Dame-de-Briançon qu’était située la plateforme logistique de l’activité pour l’Europe. Les opérations de transfert des stocks doivent être achevées d’ici le 11 septembre.

Le groupe Graftech, qui fournit des pièces pour l'industrie aéronautique, l'électronique et l'énergie solaire, a enregistré en 2014 une baisse de son chiffre d'affaires mondial de 7 % à 1,01 milliard d’euros pour une perte nette de 266 millions d’euros.

Dorothée Thénot

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