L’usine Rio Tinto de Saint-Jean-de-Maurienne ne fermera pas

Après un long feuilleton à épisodes, Rio Tinto Alcan est parvenu à un accord pour ses sites de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), qui seront repris par un consortium franco-allemand. En Savoie, les salariés se disent satisfaits. L’offre de reprise sera présentée le 18 juillet.

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L’usine Rio Tinto de Saint-Jean-de-Maurienne ne fermera pas

L’usine de production d'aluminium Rio Tinto Alcan (RTA) de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et une petite unité située à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) seront reprises par un consortium franco-allemand composé de l'industriel germanique Trimet (65 % du nouvel ensemble) et de l'électricien EDF (35 %).

La nouvelle a été officialisée sur place en Savoie samedi 13 juillet par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Les 5% restant pourraient être repris par la Banque publique d'investissement (Bpifrance), mais rien n’est encore arrêté.

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"Nous sommes satisfait par cette volonté affichée d’assurer l’avenir industriel du site, explique Christian Hergault, délégué CGT de RTA à St-Jean. Il ne s’agit pas d’un fonds de pension qui souhaite réaliser une opération financière, ce sont deux industriels. Jamais nous n’aurions imaginé la présence d’EDF dans le capital."

2200 emplois directs et indirects

RTA à Saint-Jean-de-Maurienne est le leader européen du fil d’aluminium pour applications électrique et mécanique. Il emploie 460 salariés, mais avec les emplois indirects, ce sont 2200 personnes qui risquaient d’être touchées par la fermeture du plus gros employeur de la vallée de la Maurienne. Le site produit 100 000 tonnes d’aluminium par an.

Selon une source en interne, les salariés ont bien accueilli la nouvelle, tout en attendant l’offre définitive. Un comité central d’entreprise est prévu jeudi 18 juillet, au cours duquel l’offre de reprise sera présentée aux représentants du personnel. L’étude de l’offre industrielle du repreneur pourrait prendre plusieurs mois. Celle-ci comprendrait des garanties d’approvisionnement d’énergie.

Trimet investira plus de 150 millions d'euros

L’allemand Trimet s’est engagé à ne pas toucher aux effectifs. "Non seulement Trimet ne devrait pas supprimer de poste, ajoute-t-il, mais le redémarrage de la série F va nécessiter des embauches." En 2010 en effet, RTA avait supprimé 150 postes et baisser la production de 30 % avec la fermeture de cette série F.

Par ailleurs, Trimet se serait engagé à investir 200 millions de dollars (153 millions d'euros), selon le délégué CGT, sur six ans dans les deux sites concernés. "Depuis plusieurs années, nous sommes en sous-investissement chronique ici à Saint-Jean-de-Maurienne, précise-t-il. Lors des négociations, nous demanderons que RTA, l’actuel propriétaire, paie la remise à niveau du site."

Hausse des tarifs d'électricité

L’usine savoyarde était menacée de fermeture par le groupe minier anglo-australien RTA, en raison d’une hausse de ses tarifs d'électricité à compter du 31 mars 2014 qui ne permettait plus de fabriquer d'aluminium à un prix compétitif. Le site industriel était en pleine négociation avec EDF car le contrat qui les liait arrivait à échéance. Un accord de fourniture d'électricité avait été conclu en 1984 par le précédent propriétaire Péchiney, qui avait accepté d'investir dans la construction de centrales nucléaires en contrepartie de tarifs préférentiels. Au prix du marché, celle-ci serait trop chère pour que l’usine soit rentable, l’énergie représentant 30% des coûts de production d’aluminium. Cela créerait un surcoût de plus de 50 millions d'euros sur la facture d’énergie.

Non concerné par le plan de reprise, le Laboratoire de recherche sur les fabrications, situé en face de l’usine de Maurienne, fait lui l’objet d’un plan social. "C’est la preuve que RTA poursuit le désengagement de ses activités en Europe, mais cela pose un problème stratégique pour le maintien d’une filière d’aluminium compétitive en France et en Europe." 37 postes sur 130 sont supprimés dans le laboratoire de recherche qui reste néanmoins dans le groupe RTA.

Dorothée Thénot

DOROTHÉE THÉNOT

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