Quotidien des Usines

L’usine Mecelec de Chambéry sera finalement cédé

, , , ,

Publié le

Le groupe Mecelec devait transférer ses activités de Savoie vers l’Ardèche et l’Isère. Mais, le projet vient d’être abandonné au profit d’une cession de l’usine. Celle-ci va devoir faire chuter ses coûts de production, au prix d’une dizaine de licenciements.

L’usine Mecelec de Chambéry sera finalement cédé
Thermoplastique
© D.R.

L’usine Mecelec de Chambéry (Savoie) ne fermera pas ses portes comme cela avait été annoncé en septembre 2014. Le groupe Mecelec, dont le siège est situé à Mauves (Ardèche), a annoncé la cession de l’usine savoyarde à un industriel de la transformation des polymères. La direction invoque un "choix raisonné de réduction de charges". La cession, effective le 31 décembre, porte sur l’intégralité des actions de la société Mecelec Industrie, constituée après l’achat en 2012 de Sotira 73 par le groupe Mecelec, au prix d’un euro.

Spécialisée dans la fabrication de pièces de carrosserie pour bus, l’usine savoyarde devait fermer ses portes le 8 décembre, avec la suppression de ses 59 emplois et le transfert de ses activités en Ardèche et en Isère à Saint-Etienne de Saint-Geoirs, en raison notamment d’une baisse d’activité avec l’un de ses principaux clients, Iveco.

Sur 12 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le site de Chambéry, plus de 5 millions d’euros étaient réalisés avec Iveco, mais avec une marge nulle, expliquait alors en septembre un dirigeant Mecelec. Une proposition de reclassement avait été faite pour 50 des 59 salariés de Chambéry.

Naissance de Mont Blanc Composite

Le repreneur, Gérault Verny, qui a pris la tête de l’usine le 31 octobre dernier, est en discussion avec la direction du groupe Mecelec et la signature de l’accord est imminente. Il a d’ores et déjà rebaptisé l’entreprise Mont-Blanc Composite. "Il fallait rapidement stabiliser la situation pour rassurer les clients et le personnel, assure Gérault Verny, président de Mont-Blanc Composite. Le plan de reprise a été validé par les syndicats qui se sont montrés très volontaristes. Il prévoit un retour à l’équilibre d’exploitation au premier semestre 2015, ce qui nécessite une rationalisation stricte de la production."

Cela impliquera une baisse des effectifs avec une dizaine de licenciements, une diminution des coûts périphériques et des frais généraux.

Expert dans les composites hautes performances

Spécialisé dans la reprise d’entreprises industrielles dans le secteur des polymères, le repreneur annonce qu’il est suivi par les clients de Mecelec Industrie, Evobus, Iveco, Renault Trucks et Renault Trucks Défense. "Après la baisse des charges, nous allons entrer dans une phase de démarche commercial agressive et préparer une recapitalisation de la société, poursuit-il. Je suis en discussion avec de potentiels partenaires. Il y a ici une véritable expertise dans les composites hautes performances et je compte valoriser ces produits à forte valeur ajoutée."

Sous-traitant pour Iveco bus depuis 28 ans, Mecelec avait perdu le marché des pièces Euro 4, mais l’entreprise continuait de lui fournir les pièces Euro 6. Néanmoins, ses principaux clients actuellement sont Evobus, la filiale bus de Mercedes-Benz, suivi de Renault Trucks.

Le groupe Mecelec a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 43,6 millions d’euros en 2013 et compte environ 280 salariés. Il est principalement implanté en région Rhône-Alpes : Mauves et Saint-Agrève (Ardèche), Saint-Etienne de Saint-Geoirs (Isère) et Corbas (Rhône). Créée en 1934, c’était à l'origine un spécialiste de l'équipement de réseaux électriques, puis à la fin des années 1950, la société a choisi le polyester pour la fabrication de matériels de raccordement électriques. En avril 2012, Mecelec avait racheté Sotira Automotive, le plan de licenciements économiques avait alors fait passer le nombre de salariés de 89 à 59. Il a acquis en juin 2014 la société Besacier à Corbas (Rhône), son fournisseur depuis 2012.

Dorothée Thénot

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte