L'Usine du sud de Vale Nouvelle-Calédonie fixée sur son sort en juin 2018

Fortement endettée, la compagnie minière brésilienne Vale cherche des partenaires pour prendre 20% à 40% du capital de sa filiale calédonienne de nickel. Faute de partenaire assez confiant pour réinvestir d’ici l’été prochain, la mine et l’usine pourraient fermer.

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Le directeur général de Vale Fabio Schvartsman s’est prononcé clairement sur la situation de sa filiale minière calédonienne: "nous n’allons pas continuer d’investir et de perdre de l’argent en Nouvelle-Calédonie indéfiniment". L’échéance est donc fixée à juin 2018. Après des discussions qui n’ont pas abouti avec des groupes chinois et le report de l’ouverture du capital de VNC faute d’offres satisfaisantes fin novembre, Vale se donne encore six mois pour trouver des investisseurs à même de prendre 20% à 40% du capital de Vale NC. Au-delà, sa mine et son usine de Goro, au sud de la Nouvelle-Calédonie, seront arrêtées et placées en maintenance. Une décision douloureuse, mais qui aura valeur de test aux yeux des investisseurs sur la capacité de Fabio Schvartsman à prendre les mesures nécessaires pour renouer avec la croissance.

Vale NC a accumulé les dépassements budgétaires et les années de retard avant son démarrage en 2010, et perdu 1,3 milliard de dollars entre 2014 et 2016, reconnaissait Vale dans une présentation aux actionnaires en juin 2017. Malgré des perspectives long terme positives portées entre autres par la demande des constructeurs de batteries automobiles, la rémission complète du marché du nickel n’interviendra pas avant quelques années, croient des cadres du groupe minier brésilien.

A Londres, devant des investisseurs, Fabio Schvartsman s'est néanmoins dit "bien plus optimiste sur le nickel qu'il y a quelques mois". Un discours renforcé par celui de Jennifer Maki, directrice des métaux de base chez Vale (qui vient d'anoncer son départ), lors d'une autre présentation à New York. Selon elle, Vale veut conserver sa carte nickel, notamment parce qu'elle croit que le véhicule électrique va passer de 1% du parc automobile mondial en 2017 à 7% à 20% dès 2025. Ce qui aiguise l'appétit des fabricants pour le cobalt, le lithium et le nbickel, qui sont les trois ingrédients de base d'une batterie.

Pas de prêt français

Reste la solution d'un nouveau sauvetage par la France, pour laquelle les enjeux sociaux sont forts. VNC avait bien accueilli le prêt français de 200 millions d'euros accordé en novembre 2016, après une aide du même ordre de grandeur à son concurrent Eramet pour sauver la SLN. "S'il n'y avait pas eu ce prêt, il y aurait eu un plus grand risque de fermeture de nos opérations, mais ce risque existe toujours", avait déclaré à la presse Darius Khoshnevis, directeur général de Vale Nouvelle-Calédonie.

Cette fois, plan de réduction de la dette oblige, Fabio Schvartsman a écarté l’idée d’un nouveau prêt des autorités françaises, "Nous pourrions assumer cet investissement, ou n’importe quel autre. Ce n’est pas le problème", a éludé le patron de Vale. La recherche d’un investisseur privé a aussi pour objectif de "prouver à nous-mêmes et au marché que d’autres croient à la révolution du véhicule électrique".

Une dette de 21 milliards de dollars

Fortement endetté, le groupe brésilien ambitionne de réduire sa dette de 21 milliards à 10 milliards de dollars d’ici 2019. Avec pour objectif de mieux rémunérer les actionnaires : "le message est très clair. Une fois atteint cet objectif de réduction de la dette de 10 milliards, nous distribuerons tout en dividendes", a affirmé son directeur financier Luciano Siani Pires à des investisseurs réunis à Londres. Cet été, Vale avait vendu ses deux derniers navires minéraliers VLOC, pour lesquels il a perçu 178 millions de dollars à la livraison début décembre. Le groupe minier a détenu jusqu’à 19 de ces minéraliers géants, donnant son nom à la classe Valemax, des navires d’une capacité de 380 000 à 400 000 tonnes.

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