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L'usine du futur s'ancre durablement

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Le territoire de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur s’est maillé de structures de formation et d’appui aux PME afin d’accélérer leur adaptation à l’industrie du futur, entraînant de nombreux investissements.

L'usine du futur s'ancre durablement
À Marignane, le Technocentre Henri-Fabre est l’une des pièces maîtresses du projet de l’industrie du futur en Provence.

"Les industriels de la région vont avoir besoin de 10 000 salariés formés dans les cinq ans", annonce Thierry Chaumont, le président de l’UIMM Alpes-Méditerranée. Fabrication additive, réalité virtuelle, robotique, cobotique, simulateurs… Le pôle formation de l’UIMM adapte ses installations du futur pour satisfaire les industriels. Implanté à Istres (Bouches-du-Rhône) et sur 17 autres sites du Sud-Est, il cumule 10 500 mètres carrés de plateaux techniques où se côtoient 1 300 alternants, du bac professionnel à l’ingénieur. "Aujourd’hui, les métiers s’apprennent tablette en mains ! Nous voulons devenir la plate-forme technologique capable de fournir les compétences attendues, en parti­culier sur les postes en tension, mécanique, chaudronnerie ou composites", indique son président, Jean-Marie Trabucco, le directeur industriel d’Airbus Helicopters.

Le pôle investit aussi 4,4 millions d’euros dans un hall aéronautique de 3 000 mètres carrés pour les formations liées aux drones et dirigeables. Le prototype du Stratobus de Thales Alenia Space (plate-forme stratosphérique) va voir le jour à Istres. Les cursus de formation initiale et continue et les outils pédagogiques continueront à s’étoffer, ici et sur d’autres campus, dans la réalité augmentée, les big data, la supply chain ou la maintenance. La Région, la Caisse des dépôts et l’UIMM consacreront 8,7 millions d’euros sur cinq ans à la Plate-forme emploi RH formation Henri-Fabre, qui va créer une trentaine de formations et permettre des acquisitions d’équipements afin de développer les savoir-faire liés à l’industrie du futur.

Pivot de l’organisation, Team Henri-Fabre, association d’industriels (Airbus Helicopters, EDF, Naval Group, CEA, Thales, Cnim, Weir, TPI, Solution F, Expiris…) et de collectivités, universités, pôles de compétitivité, syndicats professionnels, définit les priorités en mécanique, matériaux et procédés du futur. Inovsys SAS, plate-forme mutualisée d’innovation, est son levier technologique pour aider les entreprises à se transformer. Elle s’appuie sur les équipements du Technocentre Henri-Fabre dans l’usinage complexe, le prototypage rapide, les revêtements de surface, la fabrication additive ou l’ingénierie numérique. Près de 13 millions d’euros ont été investis au siège du Technocentre à Marignane, ainsi qu’à Aix-en-Provence, Marseille et Sophia Antipolis. A Marseille, Connectwave complète l’offre en exposant des dizaines de solutions numériques pour l’industrie.

Des solutions partagées

"Les donneurs d’ordres de l’aérospatial, de l’énergie, du naval, du médical affichent des exigences similaires vis-à-vis de leurs sous-traitants, mais les PME hésitent à se diversifier. Nous les y aidons, observe Stéphane Magana, le directeur de Team Henri-Fabre. Chaque année, nous convions les grands comptes du territoire et des interlocuteurs de rang 1 à se présenter leurs partenaires. Fin 2017, 50 TPE-PME ont pu leur exposer leurs technologies. Les mentalités bougent." Des sociétés sautent le pas. A Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), SMRI (mécanique et robinetterie industrielle) a acquis son premier robot de métallisation sur pièces complexes. A La Farlède (Var), In’Tech M2I produit avec 90 salariés des composants mécaniques pour des outillages médicaux et prothèses. "Nous avons choisi d’automatiser au maximum les opérations sur les petites séries", explique le directeur technique, Eugenio Dolci. A Cavaillon (Vaucluse), Sterne Silicone Performance a développé une technologie de fabrication additive par dépôt de filament pour du proto­typage rapide ou la petite série de pièces en silicone. Pour conforter le mouvement, Inovsys SAS recense les besoins techniques les plus partagés des donneurs d’ordres et part en quête des TPE et PME aptes à fournir une solution. "Nous leur apportons ainsi des potentialités nouvelles de chiffre d’affaires, de capacité d’innovation et un accès facilité à des clients", soutient Guilhem Monti, le président d’Inovsys.

Team Henri-Fabre construit les consortiums, la plate-forme Inovsys structure les projets collaboratifs et met à disposition les ressources du Technocentre. CyXplus (contrôle non destructif) aux Pennes-Mirabeau, et Catalyse, expert en recherche sur les polymères à Marseille, ont pu coopérer avec EDF, la SNCF et le Cetim sur la robustesse d’un inox (316L) produit en impression 3D par fusion laser sur lit de poudre métallique. La SNCF envisage d’utiliser le procédé pour des pièces de rechange. "Seuls, nous n’aurions jamais pu être aussi exhaustifs", admet Louis-Romain Joly, de la direction innovation-recherche de la SNCF. Airbus Helicopters songerait aussi à l’adopter. Via Inovsys, Nerys, à Gardanne, a pu approcher l’hélicoptériste pour lui concevoir des bancs d’essai. "Nous voulons démultiplier ce modèle", affirme Rémi Courtial, le directeur d’Inovsys.

Thecamp ou les approches disruptives

Né en 2017, 3D Medlab a pu, lui, implanter ses équipements d’impression 3D pour l’industrie et le médical dans le Technocentre. D’ici à 2020, ce dernier devrait couvrir 10 000 mètres carrés et abriter de nouveaux outils. Après avoir travaillé avec le pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées sur la maintenance prédictive par l’internet des objets, Team Henri-Fabre lance un projet sur la maintenance rapide. Une "plate-forme de services avancés à l’industrie" devrait émerger également en 2018. Quant à l’usine du futur, elle se dessine sur Thecamp, à Aix-en-Provence, un lieu où les responsables innovation de grands groupes réfléchissent avec des experts de la science-fiction. "Nous voyons émerger des approches disruptives qui n’auraient jamais été produites sans ces mélanges d’acteurs", assure Benoît Bailliard, le responsable de Thecamp.

Sauvegarder les savoir-faire en anticipant

Les difficultés d’Airbus Helicopters et Dassault Aviation début 2017 ont fragilisé une trentaine de sous-traitants de l’aéronautique en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Comment les inciter à se transformer pour l’usine du futur sans perspective de croissance ? Pour la première fois en France et à titre expérimental, l’UIMM Alpes-Méditerranée et quatre organisations syndicales de la branche (CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) ont signé en mars 2017 un accord sur deux ans, afin que la baisse d’activité soit mise à profit pour former les salariés pour qu’ils soient prêts au moment du rebond des commandes. Un an après la mise en œuvre de ce "Plan Aéro", 1 147 stagiaires de 28 entreprises ont bénéficié de 7 504 heures de formation pour un montant total de 1,23 million d’euros. Parmi elles, 52 % des sociétés bénéficiaires comptent entre 10 et 49 salariés. Coûts pédagogiques, salaires, charges et frais sont pris en charge à 100 %. Si un tiers du coût des formations a concerné l’amélioration des compétences métiers, en particulier sur les outils numériques, les deux autres tiers ont porté sur des enjeux de performance industrielle, de diversification et d’industrie du futur. Le dispositif perdure en 2018.

 

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