Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Maroc

"L’usine de Tanger n'aura pas besoin de nouvelle ligne" en cas d’accueil du futur véhicule low-cost de Renault, selon Jacques Prost

, , , ,

Publié le , mis à jour le 26/04/2015 À 12H00

La production du site Renault de Tanger devrait progresser d'environ 50% cette année à 250 000 véhicule, selon Jacques Prost, directeur général de Renault Maroc. Celui-ci confirme la candidature du site pour le future plate forme low- cost de Renault qui doit débuter bientôt en Inde. Ce qui se pourrait se faire sans adjonction d'une ligne supplémentaire aux deux existantes à Tanger-Melloussa. Une des priorités de Renault au Maroc reste de faire progresser le taux local d'intégration.

L’usine de Tanger n'aura pas besoin de nouvelle ligne en cas d’accueil du futur véhicule low-cost de Renault, selon Jacques Prost
Jacques Prost, directeur général de Renault Maroc
© Renault

Ce mercredi 22 avril s’est ouvert à Tanger le deuxième Salon de la sous-traitance automobile qui accueille plus de 200 exposants. Celui-ci se tient jusqu’au 24 avril comme l’an dernier sur la zone franche TFZ a été inauguré par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie.

Objectif du salon, alors que l'automobile est devenu le premier secteur exportateur du pays  : doper le tissu de sous-traitants et autres services support pour permettre notamment de faire grimper le taux d’intégration de l’usine Renault Tanger. De fait Renault Maroc est un des principaux partenaires de ce salon. A cette occasion,  L’Usine Nouvelle a rencontré Jacques Prost, directeur général de Renault. Entretien sur le vif.

L'Usine Nouvelle : Comment se porte l’usine de Tanger ?

Jacques Prost - Bien, la croissance est là. Vu du Maroc on perçoit bien que l’Europe est en train de repartir car le site travaille à 90% pour ce marché. La production en 2015 devrait avoisiner les 250 000 véhicules [contre 174 245 en 2014, NDR],  c’est très positif!

Le futur petit véhicule à bas coût Renault va être bientôt présenté par Carlos Ghosn en Inde où il est industrialisé, le Maroc est donc sur les rangs pour le produire?

J’ai déjà dit que nous étions candidat pour accueillir ce véhicule sur le site de Tanger. Je vous le confirme bien

Comment cela peut s’articuler ?

Le groupe est clair il y a un développement et une production en Inde qui sera la première partie du projet et sera effectivement dévoilé bientôt

Après il faudra que les décisions se prennent au sein du groupe sur l’intérêt éventuel de ce véhicule pour le marché européen. Et  à ce moment-là, notre candidature sera examinée car l’usine  Renault Nissan Tanger je vous l'ai dit est très liée à l’Europe.

En cas de réponse positive faudra-t-il une nouvelle ligne à côté des deux lignes actuelles pour accueillir cette voiture "low-cost"?

Ecoutez, il est clair que non. Les capacités sont installées. Cela pourrait se faire sur les lignes existantes bien sûr. Je vous l’ai dit nous serons à 250 000  véhicules cette année pour une capacité de 340 000.

De toute façon, on parle bien ici d’horizon 2017 ou 2018, ce n’est pas un sujet à court terme. Et il faudra bien un jour remplacer les produits que l’on fabrique aujourd’hui  à Tanger.

Renault Tanger, une capacité de 340 000 véhicules
Inauguré en février 2012, le site Renault de Melloussa à 25 km de Tanger a fait l'objet d'un investissement initial de 700 millions d'euros pour l'infrastucture, les ateliers (tôlerie, sièges, peinture, etc...)  et un ligne d'assemblage de 30 véhicules/heure. En septembre 2013, a été lancé une seconde ligne de 30 véhicules / heure après un investissement de 400 millions d'euros. La capacité actuelle du site est de 340 000 véhicules par an (4 400 heures par an en deux équipes), mais celle-ci pourrait être étendue par passage à trois équipes et 6 000 heures.
Cette usine est portée par une société ad-hoc constituée par Renault SAS à hauteur de (52,4%) et l’Etat marocain via la Caisse de dépôt et de gestion (47,6%) qui loue le site à Renault Tanger Exploitation. Le site a bénéficié de conditions avantageuses, ainsi, l'Etat a offert les terrains et ilest relié au port Tanger Med par un liaison ferrée construite pour l'occasion. L'usine au statut de zone franche bénéficie d’une exonération d'IS pendant 5 ans puis d’un taux réduit à 8,75% pendant 20 ans.

Comment va Lodgy dont les ventes étaient décevantes ce qui a pesé sur le niveau de production de l’usine de Tanger?

Lodgy se porte de mieux en mieux. En fait, depuis  mi-2014  on ne fait qu’accroitre les cadences. Au second semestre 2014, nous avons produit 30% de Lodgy de plus  qu’au premier semestre. Aujourd’hui, il nous en manquerait même 10 000 sur l’année car nous n’avons pas les moteurs pour cela ! Donc c’est très positif. Lodgy est en train de s’installer.

Ce véhicule est désormais produit en Inde…

Oui, la production en Inde a démarré depuis quelques jours. Depuis Tanger, Renault envoie toutes les pièces notamment de tôlerie et aussi beaucoup de pièces de nos fournisseurs. De plus une trentaine de techniciens marocains de l’usine de Tanger sont actuellement en Inde pour aider à l’industrialisation du projet.

L’expédition de pièces depuis Tanger à l’export prend de l’ampleur ?

Oui c’est que nous appelons en jargon interne l’International logistic network ou ILN. Mon ambition c’est que cette activité ILN constitue presque une deuxième usine au sein de Tanger à l’horizon 2020.

Lors de l’ouverture du Salon de la sous-traitance aujourd'hui, vous avez indiqué que le taux d’intégration de Renault à Tanger, aujourd’hui un peu plus de 40% pour un objectif de 60%, stagnait. C’est un constat d’échec ?

Non, ce message indique simplement qu’il faut accélérer ce qui est en route dans l'industrie automobile au Maroc. En ce sens ce salon de la sous-traitance à Tanger est très important,

L’impulsion vient aussi des objectifs du Plan d’accélération industrielle du gouvernement marocain lancé par M. Elalamy qui va nous aider.

Renault dispose au Maroc de 29 fournisseurs de rang 1 et 30 de rang 2. Ce n’est  pas le tout qu'ils soient là. Encore faut-il qu’ils soient performants et cette compétitivité va venir de ce tissu de sous-traitance, aux niveaux 3 ou 4 y compris les services comme la maintenance ou la logistique.

Aujourd’hui, beaucoup trop de valeur dans les produits finaux de nos fournisseurs ici reste importée.  

Vos objectifs ?

Ils restent les même: il faudra parvenir à 60% de valeur locale pour l’usine de Tanger contre un peu plus de 40% aujourd’hui. C’est notre but.

Pour avoir une vraie compétitivité  automobile il faut le bon produit et la compétence du constructeur, ce que nous apportons mais aussi tout le reste, y compris une logistique aux coûts adéquats.

Comment ?

Renault a dégagé moyens humains pour cela vous le savez, c'est à dire trouver de nouveaux fournisseurs au Maroc ou en attirer d'ailleurs. Par ailleurs, la stratégie autour des « écosystèmes » menée par le gouvernement et suivie par l'Amica, la fédération de l'automobile doit apporter cette profondeur.

La chance du Maroc c’est que le ministre de l’Industrie a compris qu’il fallait être dans l'action. Il a poussé à ce que la fédération de l’industrie automobile l’Amica, soit une structure  opérationnelle. Ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé au Maroc il y  deux ans. Notre partenaire numéro un, c’est l’Amica qui est là pour nous aider à structurer et déployer tout cette plate-forme automobile à Tanger. C’est un point très positif

Propos recueillis à Tanger par Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle