L'usine de semi-conducteurs LFoundry de Rousset négocie sa pérennité

Employant 700 personnes, l'unité traverse une période financièrement délicate. Le fonds souverain saoudien TAQNIA étudierait une acquisition majoritaire, avec des investissements à la clé.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

L'usine de semi-conducteurs LFoundry de Rousset négocie sa pérennité
Site LFoundry de Rousset

D'ici à l'été, LFoundry ne devrait plus dépendre d'actionnaires allemands. L'usine de semi-conducteurs, reprise au groupe américain Atmel en 2010, pourrait voir sa survie assurée grâce à la compagnie d'investissement et de développement technologique TAQNIA, propriété du Fonds d'Investissement Public (PIF) du Royaume d'Arabie Saoudite. Cette dernière serait prête à l'acquérir pour une cinquantaine de millions d'euros dont la moitié affectée à des investissements de R&D et d'innovation.

Le projet s'inscrirait dans le cadre d'un partenariat signé en novembre 2012 entre LFoundry et KACST (King Abdulaziz City for Science and Technology), selon lequel la fonderie provençale assurerait des prestations de prototypage et de fabrication destinées à renforcer la diversification de l'Arabie Saoudite dans l'économie de la connaissance. Les négociations sont en cours.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Elles ne sont pas les seules : LFoundry veut également prolonger au-delà de juillet 2013 le contrat de sous-traitance que lui avait accordé Atmel pour trois ans, le temps qu'elle étoffe son portefeuille "clients". Les conditions économiques et techniques restent à préciser. "L'entreprise ne rencontre pas de difficultés structurelles, mais une phase de transition délicate pour sa trésorerie, admet Jean-Pierre Delesse, responsable marketing du groupe LFoundry. Ses perspectives sont bonnes car sa flexibilité est supérieure à celle d'un fournisseur asiatique, elle a des clients dans l'imagerie, l'éclairage, le militaire... et bénéficie de toute l'attention de l'Etat pour rester une usine microélectronique solide." Sa dette sociale dépasserait 8 millions d'euros que le fonds saoudien serait prêt à éponger sur trois ans.

Interrogations chez les salariés

Les représentants des salariés expriment cependant des inquiétudes. D'abord, parce qu'ils soutiennent ne disposer que de très rares informations, tant du côté de leur direction que de l'Etat (le dossier est suivi par le Comité Interministériel de restructuration industrielle*) ou des collectivités territoriales qui, pourtant, à l'arrivée de LFoundry, avaient garanti au personnel qu'elles exerceraient "toute leur vigilance". Ensuite, parce qu'ils n'ont pas de nouvelles non plus de la justice, suite à la plainte déposée voici un an exactement pour "abus de bien social" auprès du Procureur de la République, au Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence, par le comité d'entreprise et le syndicat CFDT de la métallurgie d'Aix-Marseille.

Après un audit des comptes du cabinet Syndex, ces derniers soupçonnaient les actionnaires allemands de LFoundry d'avoir transféré 20,6 millions d'euros de Rousset vers l'usine de Landshut, fermée en septembre 2011, avec plus de 250 licenciements à la clé.

Pour Jean-Yves Guérrini, secrétaire général de la CFDT mines et métaux de Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse, l'origine des difficultés financières actuelles de l'unité provençale proviendrait largement de cette "volonté de favoriser les sociétés allemandes contrairement aux engagements pris de ne pas toucher aux actifs de Rousset pour toute la durée du contrat de sous-traitance signé avec Atmel". Pour lui, le projet du fonds souverain saoudien lui paraît "sérieux et aller dans le bon sens". "On ne peut pas laisser tomber une entreprise innovante de ce niveau-là... Mais il ne faudrait pas que cet investisseur se retire au dernier moment et qu'Atmel décide de ne pas prolonger la sous-traitance. LFoundry, c'est 620 CDI, 80 CDD ainsi que 300 personnes chez ses sous-traitants. Toute la filière microélectronique provençale en serait fragilisée."

Dans ce contexte délicat, l'annonce, en Italie, que LFoundry se positionnait pour acquérir des parts de l'usine Micron d'Avezzano, avec plus de 1 600 salariés, a été jugée "surréaliste" à Rousset. Les représentants des salariés ont réclamé la tenue d'un comité d’entreprise extraordinaire. Jean-Pierre Delesse souligne que les deux dossiers ne sont absolument pas liés, "la holding LFoundry GMBH appartenant à des personnes privées disposant de toute latitude pour faire des acquisitions sans impacter la structure opérationnelle actuelle".

Jean-Christophe Barla

*Contacté, le CIRI affirme n'avoir pas vocation à s'exprimer face à la presse. Le ministère du Redressement Productif, également sollicité, n'a pour l'heure pas répondu non plus.

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER L’actu de vos régions
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS