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Quotidien des Usines

L’usine de Sandouville reprend des couleurs avec le Trafic

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Renault va recruter 183 personnes en CDI à l’usine de Sandouville (Seine-Maritime). L’usine reprend des couleurs avec la montée en cadence de l’utilitaire Trafic qui connait un "vrai succès" selon Jérôme Moinard, le directeur.

L’usine de Sandouville reprend des couleurs avec le Trafic
Montage Trafic sur le site de Renault Sandouville près du Havre.
© Renault

L’usine Renault de Sandouville, près du Havre (Seine-Maritime), qui emploie 2 700 salariés, dont 1 200 intérimaires, va recruter cette année 183 salariés en CDI. Ces embauches font partie des 1 000 recrutements en France, dont 500 dans les usines, prévus le 12 février par Renault.

L’annonce a été faite mardi 10 mars aux salariés de l’usine et aux organisations syndicales. Au cours d’une conférence de presse, Jérôme Moinard, directeur de l’usine de Sandouville, s’est fait un plaisir de rappeler qu’à son arrivée en 2011, la région havraise bruissait de rumeurs sur une possible fermeture du site.

"Qui aujourd’hui en France dans l’industrie peut annoncer autant de recrutements ?" s’est félicité le directeur, ajoutant que la dernière vague de recrutements sur le site remontait à 2002.

Succès commercial du Trafic

Le véhicule utilitaire Trafic fabriqué à Sandouville connait un "vrai succès commercial" auprès des clients professionnels, des collectivités et des particuliers, a expliqué le directeur. Ce succès conduit l’usine à monter en cadence. "Depuis le mois de février, notre objectif est de fabriquer 440 véhicules par jour", soit un volume annuel de 100 000 véhicules en 2016.

L’usine fabrique par ailleurs l’Opel Vivaro (4 000 par an) et annonce pour septembre 2015 le lancement des premiers prototypes du futur véhicule utilitaire léger de Fiat, le Scudo. La capacité de Sandouville est de 150 000 véhicules par an en trois équipes. Actuellement, le secteur montage tourne en deux équipes, la peinture et la tôlerie en trois équipes, l’emboutissage tourne en trois équipes et fournit l’usine Opel anglaise de Luton qui fabrique aussi le fourgon Vivaro.

La fabrication des véhicules Laguna et Espace va s’arrêter dans les prochaines semaines à Sandouville et les successeurs de ces deux modèles seront produits à Douai (Nord). C’est le jeu des chaises musicales. L’usine de Sandouville en a bénéficié en héritant du Trafic qui était auparavant produit à Barcelone en Espagne.

230 millions d’euros d’investissement

En quittant l’univers du haut de gamme pour celui du véhicule utilitaire, l’usine de Sandouville a vécu une rupture industrielle majeure. Elle a hérité d’un véhicule à longue durée de vie (10-12 ans) et bénéficié d’un investissement de 230 millions d’euros pour industrialiser le "nouveau Trafic" et construire une ligne de production adaptée à son gabarit.

La rupture a créé des craintes aussi. Il est vrai que la première annonce officielle concernant le changement de positionnement de l’usine vers l’utilitaire s’est télescopée avec le début de la crise 2008-2009. Le 5 octobre 2008, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, s’était déplacé à Sandouville pour annoncer le sauvetage de l’usine par le véhicule utilitaire.

Il s’est ensuite écoulé plusieurs années entre l’annonce présidentielle et le "branchement" de la chaîne de production du véhicule Trafic. Des années durant lesquelles l’usine a tourné au ralenti avec une seule équipe en ayant très souvent recours au chômage partiel.

Même les bonnes nouvelles sont accueillies avec suspicion. Quand, en février 2011, Jérôme Moinard, tout juste arrivé aux commandes de l’usine, annonce que Sandouville fabriquera 100 000 fourgons par an, soit près du double de ce qu’elle fait à ce moment-là (69 000 voitures produites en 2010), les salariés sont dubitatifs.

1 200 intérimaires

Début 2013, le moral est toujours au plus bas. L’usine tourne au dixième de ses capacités et les rumeurs de fermeture vont bon train. Deux ans plus tard, la production du Trafic est lancée "plein pot" selon la formule du directeur, et certains bruits circulent aujourd’hui sur l’éventualité de la fabrication de l’utilitaire de Nissan – allié de Renault – à Sandouville !

Les 183 recrutements annoncés ce mardi doivent cependant, eux aussi, être mis en perspective. L’usine de Sandouville n’est plus la petite ville qu’elle était lorsqu’elle produisait la R16, "voiture de l’année 1966". De 10 000 salariés dans les années 70, l’effectif a littéralement fondu : 5 000 salariés en 2006 et 2 700 salariés aujourd’hui dont 1 200 intérimaires.

Jérôme Moinard reprend à son compte la formule employée par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron au cours de sa visite de l’usine, le 30 septembre 2014 : "Il vaut mieux 1 200 intérimaires titulaires de contrats de 6 à 8 mois plutôt que 1 200 personnes au chômage." Les intérimaires seront prioritaires pour les recrutements annoncés aujourd’hui.

Claire Garnier

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