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Quotidien des Usines

Blanquefort sur la voie de la fermeture, Bruno le Maire fustige l'attitude "indigne" de Ford

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dénoncé l'attitude de Ford "indigne d'un grand groupe industriel", après le nouveau rejet par le constructeur américain du projet de reprise de l'usine girondine par le groupe belge Punch.

Blanquefort sur la voie de la fermeture, Bruno le Maire fustige l'attitude indigne de Ford
Ford a rejeté une nouvelle fois le plan de reprise proposé par le groupe Punch.
© Wikimedia/Marcin Mincer

C’était l’offre de la dernière chance pour les 850 salariés girondins. Le constructeur Ford a refusé une nouvelle fois le projet de reprise de son usine Ford Aquitaine Industrie (FAI) située à Blanquefort (Gironde) par le Belge Punch, entérinant la fermeture de ce site spécialisé dans la production de boîtes de vitesses. Une décision dénoncée par le ministre de l'Economie, à l’issue d’une réunion avec les représentants du personnel de l’entreprise le lundi 25 février. "L’attitude qu’a eue Ford, qui est présent depuis 1971 sur le site de Blanquefort, est indigne d’un grand groupe industriel et des salariés qui se sont battus depuis des mois pour préserver le site et les emplois", a fustigé Bruno Le Maire.

"Nous regrettons qu’une nouvelle fois cette offre n’ait pas été acceptée par Ford et que la porte soit restée fermée", a insisté le ministre. Dans un tel contexte, Bruno Le Maire a écarté l’idée d’une possible nationalisation, un temps évoquée. "Cette solution n’avait de sens qu’à partir du moment où l’offre de reprise était acceptée. L’Etat n’a pas vocation à fabriquer des boîtes de vitesses", a-t-il tranché. Bruno Le Maire a en revanche annoncé la création d’un groupe de travail rassemblant l’Etat, les représentants syndicaux et les collectivités locales et visant à imaginer "l’avenir industriel du site".

Une homologation du plan social en mars

En parallèle, Ford "doit payer ce qu’il doit aux salariés", "pour le site et la dépollution du site" et "pour le territoire en amenant les fonds nécessaires pour la ré-industrialisation de Blanquefort", a mis en avant le responsable politique. Dans un communiqué, Ford a réagi en précisant avoir présenté "un plan social complet qui comprend notamment des plans de reclassement et de cessation anticipée d'activité ainsi que d'autres mesures destinées à aider les salariés à retrouver un emploi ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière". Le constructeur a aussi indiqué travailler avec "les autorités de l’Etat sur un vaste plan de ré-industrialisation destiné à réduire l’impact sur la collectivité locale".

Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté par le constructeur américain doit encore fait l’objet d’une validation par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). Celle-ci doit rendre le 4 mars prochain sa décision d’homologuer, ou non, le dossier déposé par Ford. Lundi 25 février, Philippe Poutou, délégué syndical CGT de l'usine a dit espérer que ce "PSE ne soit pas homologué". "Il y a quelque chose de grotesque dans l’histoire parce que le PSE n’a pas été homologué le 28 janvier, mais ce même PSE risque d’être homologué le 4 mars", a dénoncé l’ancien candidat à l’élection présidentielle et salarié de Ford Blanquefort.

"Ford a gagné", a déploré de son côté Jean-Marc Chavant, élu FO, tandis que Jean-Michel Caille, délégué syndical CFE-CGC, a dénoncé une "préparation de ce départ" entamée "depuis cinq ans" par Ford. Sans doute une allusion au retour forcé de Ford en 2011 sur le territoire girondin. En 2009, le groupe américain avait déjà décidé de céder son usine à un groupe allemand, HZ Holding. Devenu First Aquitaine Industries, le site avait vu sa santé se dégrader… conduisant le constructeur américain, sous la pression des salariés et de l’Etat, à récupérer son bien deux ans plus tard. Un scénario que Ford ne veut pas voir se reproduire, d’autant qu’il s’est lancé dans une vaste démarche de restructuration de ses activités en Europe, avec des suppressions de milliers de postes sur le continent.

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