Quotidien des Usines

L’usine d’Alstom ne fermera pas en 2018

Lucie Thiery , , ,

Publié le , mis à jour le 04/10/2016 À 16H49

Le secrétaire d’État chargé de l’Industrie Christophe Sirugue et le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge ont annoncé le 4 octobre un plan de maintien des activités ferroviaires à Belfort. Un total de 70 millions d’euros va être investi sur le site belfortain pour maintenir les activités de production ferroviaires.

L’usine d’Alstom ne fermera pas en 2018
L'annonce du plan de maintien d'activité a été faite par le délégué syndical Olivier Koehler (CFDT).
© Lucie Thiery / L'Usine Nouvelle

Les activités de production et d’engineering sur le site Asltom à Belfort (Territoire de Belfort) ne seront pas transférées sur le site de Reichshoffen (Bas-Rhin). À l’issue de la réunion de travail qui s’est tenue le 4 octobre à Belfort, le secrétaire d’État chargé de l’Industrie Christophe Sirugue a présenté les mesures qui permettront de maintenir les activités industrielles sur site.

Au total 70 millions d’euros seront investis ces prochaines années sur Belfort. Le groupe Alstom s’est engagé à mettre 30 millions d’euros sur la table d’ici à 2018 pour développer et industrialiser une plateforme de locomotive de manœuvre hybride ou diesel. L’État pourrait compléter l’enveloppe.

Pour moderniser l’outil industriel belfortain, Alstom envisage également d’investir 5 millions d’euros à partir de 2019 dans la rénovation d’une partie de l’usine (le bâtiment 235) pour y développer un centre de maintenance. L’objectif à terme est de faire de Belfort un centre de maintenance européen pour le groupe. Les effectifs du service maintenance seront doublés pour passer à 150 postes équivalents temps plein. Sur ce volet, les collectivités locales mettront aussi la main à la poche pour accompagner le projet. Elles engageront 1 million d’euros dans des travaux d’aménagement et d’électrification des voies entre la gare et le bâtiment de maintenance afin d’y conduire les rames à réparer.

Ces investissements s’ajouteront à ceux consacrés au projet TGV du futur. 30 millions d’euros supplémentaires vont être déboursés par l’État, à travers l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe), et Alstom au cours des deux prochaines années pour développer ce projet. Les premiers exemplaires verront le jour à partir de 2021.

Par ailleurs, l’État a confirmé qu’il commandera 15 TGV Euroduplex pour la ligne Intercités Bordeaux-Marseille et que la SCNF, quant à elle, achètera bien 6 rames TGV pour la ligne Paris-Turin-Milan ainsi que 20 locomotives diesel destinées au remorquage des trains en panne.

Les Alsthommes soulagés mais vigilants

Réunis depuis 10 heures devant les grilles de la Préfecture de Belfort, les salariés ont accueilli la nouvelle apportée par leurs représentants syndicaux, par des cris de joie et des applaudissements.

"Nous sommes heureux, la pérennité du site à court terme est assurée, mais nous devons rester vigilants concernant l’avenir du site à long terme", a déclaré Olivie Koelher représentant syndical CFDT. Les salariés sont conscients que ce plan permettra de leur assurer du travail pendant trois ans et demi. "Après plus de trois semaines de mobilisations, nous avons gagné une première bataille, mais pas la guerre." Reste que, pour l’heure aucune commande ferme de TGV du futur n’a été passée à Belfort. Ce projet offrirait une visibilité au-delà de 2021.

"Nous sommes la seule usine en France à produire des TGV, il faut continuer à se battre pour le TGV du futur" a ajouté Pascal Novellin (CGT).

Partis en cortège depuis leur usine le 4 octobre à 9 heures 15 en direction de la préfecture, les salariés qui avaient rendez-vous avec leur avenir sont désormais fixés et soulagés. Aux chants des "non aux licenciements" et "Asltom vivra", les près de 500 salariés sont restés mobilisés jusqu’au bout malgré leurs inquiétudes.

Un comité de suivi a été mis en place et devrait se réunir d’ici six mois, avant les élections présidentielles. La présidente de région Marie-Guite Dufay a également annoncé qu’une réflexion a été lancée par l’État sur la place du ferroviaire en France. À ce sujet, un comité stratégique de filière se tiendra avant la fin de l’année.

Lucie Thiery

 

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