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L'Usine Aéro

"L'usine Bombardier de Casablanca ouvrira au quatrième trimestre", selon Souad Elmallem

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Entretien L'Usine Nouvelle a rencontré Souad Elmallem, représentante en chef, stratégie et développement des affaires internationales pour l'Afrique de Bombardier Aerospace, à l'occasion du Build Africa Forum qui se tenait les 6 et 7 février à Brazzaville. Elle fait le point en exclusivité sur les ambitions du groupe canadien en Afrique et confirme l'avancement de la future usine de composants aéronautiques de Casablanca.

L'usine Bombardier de Casablanca ouvrira au quatrième trimestre, selon Souad Elmallem
Souad Elmallem, responsable Afrique de Bombardier Aerospace
© dr

 

 

Vous êtes intervenue au Build Africa Forum à Brazzaville que représente l'Afrique pour Bombardier Aerospace?
Notre groupe cherche à bien comprendre le continent et ses besoins en matière aérienne et à bâtir une stratégie en Afrique. La mission qui m'a été confiée en est un témoignage fort. Cela commence aussi par le fait d'être présent et visible. Avec le projet industriel de notre future usine de Casablanca, nous commençons à l'être vraiment!

Mais nous avons déjà des centres de service et de maintenance de nos avions qui existent depuis longtemps en Afrique. Le projet Maroc nous donne plus de visibilité. Cela crée même un peu d'effervescence ! A juste titre, ce n'est pas un petit projet (200 millions de dollars d'investissements d'ici à 2020 NDLR) et il s’intègre surtout dans notre stratégie globale de supply chain. Si Bombardier fait confiance au continent africain, c'est pour une bonne raison : nous croyons en son avenir.

En termes d'effectifs, combien de salariés de Bombardier travaillent déjà au Maroc  ?
En ce moment nous avons une centaine de salariés qui travaillent dans l'usine relais de Casablanca ouverte en 2013. Ils fabriquent des pièces bonnes qui sont qualifiées et montées sur nos avions CRJ et donc volent déjà. La plupart des surfaces de contrôle sur les ailes de la famille CRJ sont ainsi fabriquées à Casablanca.

Quand est prévue l'ouverture de l’usine dont les travaux ont débuté à l'automne 2013 sur la zone franche Midparc près de l’aéroport de Casablanca?
Comme prévu, cette usine permanente sera ouverte au dernier trimestre de 2014. La date précise n'est pas encore arrêtée. Il n'y a pas d'urgence car nos opérations industrielles ont en fait déjà débuté. Cela a d’ailleurs été une grande idée de démarrer par l’installation dans une usine relais sans attendre que l'usine définitive ne soit prête!

Le retard annoncé d’un an du programme Cseries ne va-t-il pas retarder l'ouverture ou la montée en puissance de ce site marocain ?
Non.

Au niveau des embauches, le groupe a promis 850 salariés à l'horizon 2020, cela reste d’actualité ?
Oui, il n'y a pas de changement. Comme vous le savez, nous avons en permanence des salariés en formation à l'IMA (Institut des métiers de l’aéronautique de Casablanca NDLR) pour suivre notre planning. Nous n'avons pas de retard à ce niveau et le plan est suivi.

Née et formée en droit au Maroc avant de poursuivre ses études à HEC Montreal, Souad Elmallem a débuté sa carrière au Canada chez Nortel dans l’intégration des systèmes. Elle rentre chez Bombardier en 2001 toujours dans le management de systèmes d’information. Elle attire l’attention de Bombardier sur le Maroc notamment… à la suite d’une visite privée. En 2011, le groupe dévoile son projet de construire une usine de composants à Casablanca, une première sur le continent. En parallèle, Souad Elmallem, 45 ans, devient responsable de la stratégie pour l’Afrique.

Revenons à l'ensemble du continent, commercialement, quel marché représente l'Afrique pour Bombardier ?
Nous sommes présents avec 150 appareils commerciaux sur le continent auprès de plus de 50 opérateurs chez qui nos appareils ont fait leur preuve. Bombardier propose de bons produits pour l'Afrique que ce soit avec nos avions régionaux existants et demain le CSeries qui vous le savez est en phase finale de développement.  Nos appareils comme les Q400 sont adaptés au marché africain en termes d'infrastructures ou de climat.

Le CSeries va, lui, amener une efficacité nouvelle en matière de consommation de fuel et de coût par siège. Il sera une réponse aux défis des compagnies africaines en matière de profitabilité. Le CSeries consomme 20% de moins de fuel que les appareils existants, il est quatre fois moins bruyant et rejette 20% de moins de gaz à effet de serre. C'est l'avion du futur, notamment pour l’Afrique ! Et je pourrais vous parler aussi de nos business-jet : les hommes d'affaires africains les aiment et les achètent!

Avez-vous déjà approché des compagnies africaines pour vendre le Cseries, notamment Royal AIr Maroc qui veut investir dans sa flotte moyen-courrier ?
Nous sommes dans la phase où tout le monde regarde ce que nous proposons avec ce nouvel appareil. Nous fournissons les informations et sommes là pour répondre aux questions de chacun. Si je suis aujourd'hui à Brazzaville, c'est bien la preuve que nous sommes engagés sur le futur du transport aérien en Afrique.

Justement, au sujet des infrastructures en Afrique, beaucoup y compris lors de ce Forum Build Africa, ont dénoncé un manque de gouvernance et d'efficacité globale en matière aérienne. Est-ce un point bloquant pour le développement de ce secteur?
Il y a certainement du travail à faire à ce niveau. Certains intervenants du Forum l'on souligné: l’Afrique représente 3% du trafic aérien mondial mais 20% des accidents, cela pose des questions sérieuses. En terme de régulation il faut amener les bonnes solutions. Je pense que les diverses autorités nationales en sont conscientes. Il faut se donner les moyens de planifier des réformes et les réaliser.
Par ailleurs, sur un tout autre sujet, la problématique des dessertes point à point reste un sujet fort, un vrai handicap plutôt. On ne peut pas croire qu'il faille encore transiter par Paris pour relier certaines villes d’Afrique entre elles! Cela m'attriste en tant qu'africaine. Car, c'est un fait : le développement économique du continent passe par l'aviation régionale.


Propos recueillis à Brazzaville par Pierre-Olivier Rouaud
 

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