L’université d’été du Medef, la boite à idées de Pierre Gattaz pour Manuel Valls

Pour son annuelle université d’été, le mouvement patronal veut voir loin et préparer une ère de croissance supérieure à 2 % et de plein emploi, avec les préconisations de son manifeste France 2020. Mais Pierre Gattaz n’oublie pas l’actualité immédiate : en recevant le Premier ministre, il devrait affirmer sa satisfaction de voir un gouvernement plus cohérent sur la ligne d’un soutien à l’offre et aux entreprises.

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L’université d’été du Medef, la boite à idées de Pierre Gattaz pour Manuel Valls

A peine le nouveau gouvernement nommé, le Premier ministre Manuel Valls viendra prononcer un discours à l’Université d’été du Medef. Une chose est sûre et paradoxale : il devrait y recevoir un meilleur accueil que devant certains cénacles socialistes.

Comme on pouvait s’en douter, Pierre Gattaz, le président du Medef, ne regrettera pas le ministre du Redressement productif. Il se réjouit plutôt de l’arrivée d’une équipe plus homogène qui devrait mener une politique compatible avec les attentes du Medef. Evoquant le remaniement, Pierre Gattaz a parlé d’une "décision courageuse qui marque la cohérence politique, en attendant des actes".

Pierre Gattaz pourra faire part à Manuel Valls des dernières propositions du Medef rassemblées dans un document titré France 2020, qu’il ne faut pas confondre, à l’en croire, avec les nombreux rapports dessinant l’avenir de l’économie française. "C’est un manifeste que nous allons maintenant partager et que nous voulons discuter avec les syndicats est les responsables politiques", a précisé Jean-Pierre Letartre, le président d’EY, qui a supervisé les travaux rencontrant 20 000 chefs d’entreprises et organisant des travaux dans quatre vingt groupes au sein des Medef territoriaux.

Une grande ambition, des remèdes classiques

L’ambition n’est pas mince en effet. Monsieur Gattaz veut rien moins qu’"enthousiasmer" les Français, avec un grand projet mobilisateur fixant un cap ambitieux à 6 ans. "La France peut retrouver le plein emploi et une croissance à un taux supérieur à 2 %", a ainsi expliqué le volontariste patron du Medef.

Décidément optimiste, il considère que la croissance pourrait être là et que les gouvernants devraient aller la chercher en créant un environnement favorable plutôt que d’attendre son retour. Un certain nombre d’évolutions dans le monde serait, à l’entendre, favorable. A commencer par la mondialisation, qui n’est rien d’autre que l’ouverture de marchés pour les entreprises françaises. "Il y a dans le monde une soif de produits design in France, pour la french touch", s’enthousiasme-t-il, avant de prévenir que la voie de la France est à chercher dans "une montée en gamme de nos produits". De même, le président du Medef considère qu’il y a des secteurs d’avenir où l’économie française peut marquer des points : la santé, le numérique, l’énergie et la transition écologique.

Un terreau de compétitivité

La réussite ne sera possible qu’au prix de réformes que le président du Medef compare à un terreau de compétitivité nécessaire pour que l’économie puisse s’épanouir. "La bonne terre de Normandie ne peut rien produire dans un climat sibérien", a rappelé Pierre Gattaz. Les conditions nécessaires pour avoir un bon climat peuvent se résumer à la demande d’une baisse des impôts et des charges, à une simplification du droit du travail, et le maintien d’un cadre stable pour l’activité économique. Car l’université du Medef sera l’occasion de rappeler le credo du président du Medef : sans rétablissement des marges des entreprises, il n’y aura pas de croissance ni de reprise de l’emploi.

Les plus impatients de la majorité sont prévenus : pour réussir, la politique de l’offre a besoin de temps. Les premiers résultats des réformes entreprises par le chancelier allemand Gerhard Schröder ne sont apparus qu’au bout de trois ans et il a fallu une dizaine d’années pour qu’elles donnent leur plein effet. En attendant, Pierre Gattaz a prévenu qu’il présentera mi-septembre vingt mesures pour créer un million d’emplois. "Ce sera très argumenté", a-t-il promis. Mais en attendant, cap sur 2020 les 27 et 28 août au campus d’HEC à Jouy-en-Josas.

Christophe Bys

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