"L’univers pétrolier peut être un eldorado pour les acteurs de l’environnement", selon Alcimed

Swann Schoonenbergh est consultant Energie - Environnement chez Alcimed. Dans une étude réalisée à la demande d'une grande société de services à l'environnement, il explique que, sous l'effet du vieillissement des installations pétrolières et du renforcement des législations, un large marché s'ouvre en matière de démantèlement et dépollution.

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Plate-forme pétrolière - BP

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Usine Nouvelle : Dans votre rapport, vous semblez dire que l’avenir du secteur pétrolier passe par les services à l’environnement ?
Swann Schoonenbergh : Je dirais plutôt l’inverse. L’univers pétrolier peut être un Eldorado pour les acteurs de l’environnement. Les grands parapétroliers, comme Halliburton et Baker Hughes, se sont lancés dans ce secteur. Mais désormais, ce sont les sociétés de services à l'environnement qui s’impliquent car les exigences réglementaires se durcissent avec des lois plus complexes et plus globales. Elles ne sont plus seulement liées à l’exploitation des installations pétrolières mais aussi à l’ensemble de la vie des sites. Par ailleurs, en Europe, le contexte économique suscite des fermetures et des reconversions. Tout cela implique d’importants travaux en matière de dépollution des sols, de valorisation des déchets et des matériaux.


Que représentent ces marchés nouveaux?
En ce qui concernent les installations à terre, cela s'élève à un milliard de dollars par an, dont 80 % aux Etats-Unis, dès 2015 pour la fermeture de puits. Ce sont des travaux d'ingénierie, de génie civil, des réhabilitation de sol, de surveillance dans le temps. En mer, le marché s'établit à 7 milliards de dollars par an, dont 30 % en Europe. Une partie du travail concerne les parapétroliers : mettre à l'arrêt des plates-formes, les déconnecter des réseaux... Une autre concerne le démantèlement et la réutilisation d'éléments pour de nouvelles plates-formes. Cela représente environ 40 % du coût des opérations. Des grandes entreprises comme Suez Environnement et Veolia peuvent se positionner sur ces activités.


A l'image du secteur pétrolier, est-ce que ces besoins vont demander une réorganisation ou une consolidation des entreprises de l'environnement?
C'est une question qui se pose pour les grands acteurs. Les pétroliers vont contracter des grands intégrateurs qui, eux, choisiront d'acquérir des compétences ou de les sous-traiter. Pour les activités offshore, il y aura des besoins de compétences très spécifiques comme des outils pour le traitement de pollutions de sous-sols marins ou de pollutions difficiles, au mercure par exemple. Du coup, en Europe, on pourrait voir des gros acteurs acquérir de petites sociétés spécialisées.


Est-ce que la baisse des cours du pétrole pourrait retarder ces marchés potentiels?
Si un actif peut être un peu prolongé, il le sera. Mais maintenir en mer une plate-forme qui ne produit plus coûte très cher. Il faut assurer sa surveillance et sa sûreté. A terre, les friches industrielles coûtent plusieurs dizaines de millions de dollars par an aux pétroliers. Donc il peut y avoir des petits délais mais sur des périmètres limités.


Dans votre rapport, vous évoquez des alternatives aux démantèlement des plates-formes...
Dans le Golfe du Mexique, les acteurs envisagent de couler des plates-formes pour créer des récifs artificiels afin de favoriser la biodiversité. En Malaisie, un projet consisterait à utiliser les plates-formes pour déployer des installations hôtelières de luxe. Mais dans tous les cas, il faudra supprimer les parties supérieures industrielles, les dépolluer et les valoriser. Cela fera quand même appel à des sociétés spécialisées.


Propos recueillis par Ludovic Dupin

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