L'Union Européenne devrait préférer le wifi à la 5G, un bon point pour Renault contre PSA

La Commission européenne doit présenter en novembre un projet qui devrait faire du wifi le nouveau standard pour les voitures connectées. Les constructeurs automobiles, les fabricants de puce et les groupes de télécoms sont divisés sur le sujet. Deux puissants groupes s'affrontent pour défendre la technologie wifi ou bien 5G. Tandis que Renault milite pour la norme wifi, PSA a parié sur la 5G.

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L'Union Européenne devrait préférer le wifi à la 5G, un bon point pour Renault contre PSA
La Commission européenne doit présenter en novembre un projet qui devrait faire du wifi le nouveau standard pour les voitures connectées.

La Commission européenne semble vouloir privilégier l'utilisation du wifi à la 5G pour les voitures. Ceci pourrait donner un avantage aux constructeurs comme Renault ou Volkswagen qui ont misé sur cette technologie face à leurs concurrents comme PSA qui ont parié sur la 5G, future génération de réseaux mobiles dont l'arrivée pourrait être plus lente que prévue en France.

L'exécutif européen devrait soumettre en novembre aux États et aux parlementaires de l'Union Européenne (UE) un projet en ce sens en vue d'une adoption en 2019.

Cette décision est cruciale à la fois pour les constructeurs automobiles, les opérateurs télécoms et les équipementiers de réseaux, le marché des voitures connectées à internet étant estimé à plusieurs milliards d'euros par an à l'avenir avec les nouvelles possibilités offertes au commerce en ligne et aux annonceurs publicitaires.

La Commission européenne veut accélérer le déploiement des voitures connectées

Les voitures connectées sont déjà disponibles depuis plusieurs années en Europe mais la Commission veut accélérer leur déploiement et inciter les constructeurs à coopérer davantage pour mettre sur les routes des voitures plus sûres et plus efficaces.

Les critères d'homologation qu'elle définira peuvent aussi influer sur les achats des automobilistes et sur les montants des polices d'assurance.

Le projet de la Commission vu par Reuters ouvre la voie à la mise en circulation de voitures équipées de la technologie wifi ITS-G5. Il prévoit un réexamen de la situation au plus tard trois ans après l'entrée en vigueur de cette mesure pour tenir compte d'éventuelles évolutions technologiques.

Cela signifie qu'il faudra des mois voire des années à la technologie alternative de 5G, baptisée C-V2X, pour obtenir une autorisation de la Commission, même si ses partisans s'attendent à un délai plus court.

Deux puissants groupes s'affrontent

Deux puissants groupes s'affrontent sur ce dossier. Chacun rassemble des constructeurs, des fabricants de puces et des groupes de télécoms.

Renault, Volkswagen, NXP, Autotalks et Kapsch TrafficCom militent pour la norme wifi, qui a été selon eux suffisamment testée et standardisée dans le cadre de projets financés par les pouvoirs publics.

PSA, Daimler, Ford, Deutsche Telekom, Ericsson, Huawei, Intel, Qualcomm et Samsung plaident en revanche pour la 5G, qui ouvre selon eux de plus vastes perspectives.

Les partisans de la norme ITS-G5, essentiellement destinée à l'interconnexion entre les voitures, la jugent plus adaptée aux besoins d'une communication rapide, notamment pour éviter les accidents.

Les adeptes de la norme C-V2X affirment qu'elle permet de relier les voitures et les objets se trouvant dans leur environnement, ce qui ouvre un champ plus large d'applications en matière de divertissement, de données de circulation et de navigation où la rapidité de la transmission et la qualité du signal ne sont pas aussi essentielles.

La France propose un compromis

La Commission européenne a refusé de s'exprimer sur ces projets. "Actuellement, la Commission cherche à définir le meilleur cadre européen pour favoriser les bons investissements en la matière et garantir une interopérabilité entre les systèmes existants et le développement de nouvelles technologies", a-t-elle dit.

Si elle privilégiait le wifi, l'UE se distinguerait des États-Unis et de la Chine, qui voient davantage d'avenir dans la norme C-V2X.

La France, favorable à la technologie à base de wifi, a proposé un compromis, dont Reuters a eu connaissance et qui est désormais en discussion. Il s'agirait d'introduire une clause contraignant la Commission européenne à revoir ses règles en moins de 12 mois si une nouvelle technologie était approuvée.

Avec Reuters (Avec Eric Auchard à Londres, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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