L'Union européenne défend ses industriels face à la Chine

L'Union européenne corse sa stratégie commerciale pour défendre ses industriels. Elle entend faire pression sur la Chine pour permettre un accès plus facile aux terres rares et autres minéraux indispensables à la production industrielle. Une politique de libre échange vers les marchés émergents est également proposée.

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L'Union européenne défend ses industriels face à la Chine

L’Union européenne veut s’assurer d’avoir accès aux matières premières et encourager le libre échange en parallèle. Voilà ce qu’annonce Karel De Gucht, le commissaire européen au Commerce dans un texte étudié hier au sein du collège des commissaires. Le rapport a filtré au Financial Times. Il ne sera disponible au public que le 9 novembre.

L’Union hausse le ton contre les pays qui gênent l’accès aux terres rares et métaux nécessaires à son industrie. « Un apport en matières premières et en énergie durable et illimité est d’une importance stratégique pour la compétitivité de l’économie européenne. Certains gouvernements en dehors de l’Union européenne mettent en place des politiques industrielles qui créent des goulets d’étranglement et autres distorsions», dénonce le rapport. La Chine, qui n’est pas citée, est dans le collimateur. Notamment en ce qui concerne les terres rares.

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Besoin industriel. La Chine nie toute restriction à l’exportation des terres rares et les métaux nécessaires à la production de biens technologique, des écrans de télévision aux éoliennes. Néanmoins, les Etats-Unis et l’Allemagne souhaitent d’ores-et-déjà que la question soit abordée au prochain G20 à Séoul. Les politiques industrielles chinoises favorisent l’accès des matières premières rares aux producteurs locaux, ce qui leur donne un avantage compétitif condamné par l’Organisation mondial du commerce. L'Union entend défendre ses interêts en la matière, quand bien même la Chine est son deuxième partenaire commercial après les États-Unis.

Pression europénne. Le rapport Karel De Gucht invite à défendre les intérêts des industriels français en établissant une réciprocité commerciale dans l’accès aux marchés publics. L’Union européenne pourrait ainsi interdire l’accès à ses contrats nationaux en cas de restrictions d’exportations de matières premières ou d’énergie d’un pays tiers. L’Union s’alignerait alors sur la pratique américaine où l’accès aux marchés publics pour les compagnies étrangères se fait sous conditions. "Nous avons beaucoup plus besoin des marchés publics chinois qu'eux ont besoin des nôtres. Pour faire pression, il faudrait encore que ce soit menaçant", nuance Patrick Messerlin, responsable de la spécialité Economie des Relations Internationales à Sciences Po. "Les asiatiques ne se laisseront pas intimider par un coup de poing sur la table, juste avant les négociations de Séoul", ajoute-t-il en faisant référence au prochain G20, qui se tiendra en novembre.

Libre-échange. En parallèle, le rapport invite aussi les politiques à faciliter l’arrivée d’industriels européens sur les marchés émergeants : des accords de libre-échange seraient possibles avec l’Inde, le Vietnam ou la Malaisie. Pour Patrick Messerlin, "ces marchés restent encore petits et il est illusoire de croire qu'on pourrat les ouvrir seul. Il serait plus judicieux d'attendre la rencontre de Doha [négociations à l'OMC, Ndlr] pour avoir le soutient des Etats-Unis et de la Chine".

Morgane Remy

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