L'UE va renégocier avec la Grèce, les marchés sceptiques

par Julien Toyer

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LUXEMBOURG (Reuters) - Quelques heures à peine après que les Européens ont conditionné la poursuite du soutien financier à la Grèce à l'adoption d'un nouveau programme d'austérité, la mission conjointe de l'UE et du FMI s'apprête à retourner à Athènes pour en discuter les modalités.

La Commission européenne a confirmé lundi à la mi-journée que la mission se rendrait à Athènes dès mardi et qu'elle y resterait jusqu'à mercredi au moins pour une "mission technique".

Des sources gouvernementales grecques avaient auparavant indiqué à Reuters qu'une rencontre entre les inspecteurs de la mission et le nouveau gouvernement grec aurait lieu mardi ou mercredi, notamment sur les questions liées aux réformes fiscales.

De son côté, à Luxembourg, la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter a expliqué que les ministres avaient été informés par leur homologue grec Evangelos Venizelos qu'Athènes prendrait des décisions qui impliqueraient des changements dans les mesures agréées avec l'UE et le FMI.

"Une fois que l'on saura de quoi il s'agit, nous devrons en faire une évaluation. Cela sera fait début juillet (...) Mais il est clair que nous travaillons à éviter une faillite grecque", a dit Maria Fekter aux journalistes.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les membres de l'Eurogroupe ont renvoyé la balle dans le camp de la Grèce en refusant de débloquer la cinquième tranche de l'aide à Athènes et de valider un second plan d'aide au pays tant que le parlement grec n'aurait pas voté un nouveau programme d'austérité.

Alors que la date de ce vote n'est pas encore arrêtée, les ministres des Finances de la zone euro, qui se sont réunis huit heures durant à Luxembourg, se sont donnés jusqu'au début juillet pour prendre une décision sur ces deux dossiers, faute de quoi la Grèce ferait défaut sur sa dette dans les jours suivants.

CRÉDITEURS PRIVÉS

Les marchés ont accueilli froidement ce nouveau délai et la pression s'est encore accrue sur la périphérie de la zone euro. Les marchés d'actions européens accusaient un net recul en milieu de journée, plombés par les valeurs financières, d'autant que l'agence Moody's a fait savoir vendredi soir qu'elle pourrait abaisser la note souveraine de l'Italie.

A court terme, des discussions devaient s'ouvrir avec les créanciers privés de la Grèce afin d'envisager leur participation au second plan de soutien, qui se fera de manière informelle et volontaire, correspondant à ce que le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel avaient décidé à Berlin vendredi.

"Nous devons parler aux créditeurs privés", a insisté le ministre allemand Wolfgang Schaüble.

Les ministres doivent également avancer sur les autres dossiers que devront valider les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept lors du sommet prévu jeudi et vendredi.

Au menu : renforcement des capacités de prêt du Fonds européen de stabilité financière (FESF), formalisation par un traité du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui s'y substituera à partir de 2013 et réforme du Pacte européen de stabilité et de croissance.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a dit avoir bon espoir qu'un accord soit trouvé sur ces trois dossiers au cours des prochaines heures.

Avec Dina Kyriakidou et Lefteris Papadimas à Athènes, édité par Dominique Rodriguez

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