Environnement

L'UE manque toujours de fonds pour le captage et le stockage de CO2

,

Publié le

Sur le constat, tout le monde semble d'accord. Mais sur le financement, l'affaire se corse. L'objectif de disposer d'une filière C02 viable en 2020 a été adopté par l'UE en mars 2007. Il nécessitera un investissement compris entre 6 et 10 milliards d'euros pour construire une douzaine de prototypes à l'échelle industrielle (des usines de 400 mégawatts) d'ici à 2015.

Utiliser le fruit des crédits carbone. L'Union européenne évoquait l'idée de financer le coût de ces dispositifs de captage avec le produit de la vente aux enchères des permis d'émettre du CO2.  Ce plan de financement est porté par M. Davies, rapporteur du Parlement européen sur la directive pour un cadre juridique réglementant le stockage géologique du CO2. Le plan est soutenu par un amendement de la proposition de la Commission visant à réviser le système européen d'échange de quotas d'émissions (ETS). Il a reçu l'appui des eurodéputés de la commission Environnement du Parlement.

Mais les Etats membres, au sein du Conseil, peuvent avoir un avis différent. Ce plan de financement mutualiserait une ressource, ça, les Etas-membres n'aiment pas. La plupart des capitales, y compris Londres et Dublin, sont donc opposées au plan : elles refusent que Bruxelles leur dicte la manière dont elles doivent dépenser les recettes obtenues par le biais du système ETS. Les gouvernements nationaux pourraient toutefois conclure un accord selon lequel le nombre de permis accordés aux nouveaux entrants serait réduit de manière considérable. L'argent restant proviendrait alors des fonds de l'UE et des contributions des secteurs public et privé. 

La baisse du prix de la tonne de CO2 handicape le projet

La crise n'arrange pas les affaires des défenseurs du stockage géologique du carbone. Il y a quelques semaines, le prix de la tonne de carbone évoluait dans une fourchette de 22-23 euros le quota européen (EUA). Aujourd'hui, il se situe plutôt vers 17,5-18 euros sur le marché au comptant. De quoi désavantager la recherche de financement de projets verts à forte intensité capitalistique, tels que ces centrales de démonstration de stockage géologique du carbone. Un prix faible du carbone rend en plus compétitives les énergies fossiles.

La raison de cette chute des prix du carbone est simple : les prix du pétrole ont diminué alors que la crise économique a commencé à sévir, en conséquence les prix du gaz ont également chuté. Ce qui signifie qu'il est devenu plus rentable pour des entreprises industrielles de brûler du gaz que du charbon : elles ont émis moins de carbone et ont donc acheté moins de permis d'émettre du carbone. Par ailleurs, les industries lourdes telles que l'acier, le ciment et l'aluminium anticipent également une production moindre du fait de la récession mondiale, et demandent donc moins de permis d'émettre du carbone. La perte de croissance devrait réduire de 30 millions de tonnes la production de CO2 en 2008 en Europe, et de 60 millions de tonnes en 2009, selon une étude de la Deutsche Bank. Ce qui reste malgré tout à mettre en perspective des 2,1 milliards de tonnes de CO2 alloués par an au niveau de l'Europe des 27. Ets-il bien sage de faire reposer le financement de la croissance verte sur les mêmes mécanismes qui ont causé la débâcle financière actuelle ? La question mérite d'être posée.

A.L.

Lire aussi :
Stockage géologique du C02 : quand la France met des moyens, le 05/11/2008




Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte