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L'ozone efface les traces de médicaments dans les eaux usées

Publié le

L'ozonation est une technique de choix, mais sa mise en place à grande échelle est cependant limitée par son coût et par le risque de formation de sous-produits potentiellement toxiques.

La pollution de l'environnement aquatique par des produits pharmaceutiques tels que les antibiotiques, les analgésiques ou les hormones est confirmée par les derniers résultats du programme européen de recherche RemPharmaWater. « Dans les effluents des stations d'épuration, on les détecte à des concentrations de l'ordre du microgramme par litre et plus. Bien sûr, cela dépend des pays et de leur consommation d'antibiotiques ainsi que du mode de fonctionnement des stations », explique l'écotoxicologue au Cemagref de Lyon, Jeanne Garric, qui a participé à cette étude.

L'élimination de cette pollution fait l'objet d'un autre programme de recherche, baptisé Poseidon. Pour la première fois on vient de tester, à grande échelle, le traitement par l'ozone dans la station d'épuration de Brunswick (Allemagne). Il s'agit d'oxyder les molécules thérapeutiques en diffusant des microbulles d'ozone dans les eaux usées.

Des résultats encore en demi-teinte

« Pour des doses d'ozone de 10 à 15 milligrammes par litre, les concentrations de tous les médicaments détectés sont passées en dessous de la limite de 0,05 microgramme par litre », notent les chercheurs. Ainsi, « selon les antibiotiques, le traitement à l'ozone dégrade entre 70 et 98 % des produits », explique Jeanne Garric.

Cette technique n'est cependant pas sans conséquence. « Basée sur l'oxydation, elle élimine la toxicité des molécules. Mais la réaction étant partielle, elle risque d'engendrer des sous-produits toxiques pour l'environnement », poursuit la chercheuse. « Plus la molécule est complexe au départ, plus le nombre de sous-produits peut être important », précise Daniel Villessot, directeur technique à la Lyonnaise des eaux et président de la commission européenne Eureau1 qui s'occupe de la qualité de l'eau potable.

Les obstacles techniques et économiques ne manquent pas. « L'ozone étant un gaz très instable, sa production doit être réalisée, sur place, juste avant son utilisation, à partir d'air complètement déshydraté ou d'oxygène pur. Il faut pour cela des réacteurs en inox aux soudures étanches et beaucoup d'électricité. Le rendement de production, assez faible, contribue lui aussi au prix élevé de l'ozonation », résume Daniel Villessot. Des problèmes de rendement de la dissolution de l'ozone dans l'eau restent encore à résoudre. Pour améliorer ce facteur, on peut utiliser des « tubes en U qui vont parfois jusqu'à cinq à dix mètres de profondeur. La pression qui en résulte permet une meilleure dissolution », explique le directeur technique.

Sélectionner les sources de pollutions

En prenant en compte tous les frais engagés, le coût de l'ozonation se situe entre trois et quatre centimes d'euro par mètre cube d'eau traité. Un prix élevé comparé aux autres techniques. « La vraie question c'est de définir le coût supportable par la société, compte tenu des risques environnementaux connus », s'interroge Jeanne Garric.

Plutôt que de généraliser l'ozonation dans toutes les stations d'épuration, il serait peut-être plus réaliste de ne l'utiliser que pour des sources précises de pollutions pharmaceutiques. Des réacteurs pourraient par exemple être installés pour traiter les effluents des hôpitaux ou des maisons de retraite.

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