Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

L'ouverture du marché de l'énergie au Mexique fait briller les yeux des géants internationaux

, , , ,

Publié le

La libéralisation de l'exploitation des hydrocarbures, de l'électricité et de toutes les ressources naturelles devraient prochainement être mise en oeuvre au Mexique, les rendant accessibles aux entreprises internationales. Eric Pernot, responsable du secteur Energie chez BBVA Corporate & Investment Banking France, analyse pour L'Usine Nouvelle cette ouverture du marché opérée par l'Etat mexicain, qui ouvre aux entreprises de l'Energie des opportunités en or.

L'ouverture du marché de l'énergie au Mexique fait briller les yeux des géants internationaux © BBVA

C’est une mutation historique. Au Mexique, la réforme constitutionnelle, menée avec détermination par le nouveau gouvernement, sous l’impulsion du président Enrique Peña Nieto, élargit le champ des possibles dans un secteur qui se résumait jusqu’ici à un monopole stratégique d’Etat. Alors que l’administration a établi un ambitieux plan national d’infrastructures 2014-2018 (PNI) pour transformer l’économie mexicaine, une vingtaine de lois secondaires sont actuellement en examen au Congrès en vue de libéraliser l’exploitation des hydrocarbures, de l’électricité et, plus largement, des ressources naturelles.

Il s’agit d’ouvrir le secteur aux investissements étrangers, afin d’augmenter la production et la distribution d’énergie nécessaires au développement du pays. Elles étaient jusqu’ici assurées par les entreprises nationales Pemex (pétrole et gaz) et CFE (électricité). Et pour cause, selon les prévisions de l’Etat, la production pétrolière mexicaine devrait augmenter de 40% d’ici 2025, tandis que celle de gaz naturel bondira de 80%. Cette expansion nécessitera 10 milliards de dollars d’investissement rien que pour les quatre années à venir.

Il est attendu que ces capitaux déployés permettent de libérer 1% de croissance supplémentaire pour le PIB mexicain d’ici 2018 et 2% d’ici 2025. Les perspectives sont donc prometteuses pour redynamiser le développement d’un pays au potentiel certain, mais dont la croissance a été quelque peu décevante ces dernières années, en partie à cause de goulots d’étranglement qu’il faut désengorger.

L’éclosion de premières formes de partenariats internationaux

En attendant que l’ouverture du secteur soit approuvée par la législation, une procédure qui sera graduellement entérinée d’ici la fin de l’année, l’heure est à la consultation. L’étape "ground zero" initiée en mars 2014, permet de préparer le terrain de la future cohabitation des deux leaders locaux avec les firmes internationales.

Avec une prime aux nationaux : Pemex a émis ses choix prioritaires quant aux principaux projets pétroliers sur lesquels il souhaitait conserver la mainmise, seul ou avec des partenaires. Le Sener (ministère de l’Energie mexicain), en concertation avec la Commission nationale des hydrocarbures (CNH), rendra un avis sur ces intentions en septembre prochain. Pemex doit démontrer ses capacités techniques et financières à développer ces ressources.

De leur côté, les grands acteurs énergétiques internationaux, comme ExxonMobil, Petrobras, BP ou encore Lukoil, ont d’ores et déjà mobilisé leurs équipes pour se positionner. L’effervescence de l’industrie est bel et bien perceptible. Dès janvier 2014, à l’occasion du Forum économique mondial de Davos, le numéro un russe a proposé un protocole d’entente avec Pemex pour une coopération dans l’exploration et la production pétrolière. Le voyage d’Etat de François Hollande au printemps est aussi symbolique de l’attrayante cartographie énergétique qui se redessine au Mexique. A la clé de cette visite présidentielle, la signature d’accords entre Pemex et les groupes GDF-Suez et Total.

Parallèlement, le financement de projets de pipelines gaziers entre les Etats-Unis et le Mexique, et d’usines de transmission électrique, est en voie d’amorçage par des firmes américaines. Les fonds d’investissement chinois apportent également leur pierre à l’édifice : certains ont récemment contribué à une levée de fonds de 4 milliards de dollars organisée par Pemex.

Reconfiguration de toute la chaîne énergétique

Les entreprises parapétrolières ont eux aussi une carte à jouer dans l’accompagnement des acteurs locaux et internationaux dans leur propre structuration, en amont de la production. Il s’agit pour les sociétés de services pétroliers de pointe, comme Technip ou Schlumberger, de partager leur expertise, par exemple en matière d’exploration offshore en eau profonde ou de techniques de fracturation, avec les groupes privés et parapublics mexicains qui doivent encore diversifier leurs compétences.

Enfin, n’oublions pas le secteur des énergies renouvelables. Le Mexique compte l’une des régions les plus favorables au monde pour le développement des énergies éoliennes. Il est prévu d’installer plus de 1,5 gigawatt par an de capacité éolienne additionnelle d’ici 2020. C’est toute la chaîne énergétique, de l’exploration-production jusqu’à la distribution, des ressources conventionnelles aux ressources non-conventionnelles, des hydrocarbures aux énergies renouvelables, qui est entrée dans une phase majeure de reconfiguration.

Les premiers pas des acteurs internationaux en terres mexicaines devraient se traduire par la mise en place de joint-ventures communes avec Pemex et CFE en 2015-2016. Pour les opérateurs étrangers, cette forme de partenariat représentera probablement la manière la plus simple et la plus immédiate de tirer parti de l’essor des ressources naturelles mexicaines. A l’heure où le secteur énergétique européen est en déflation structurelle, avec des marges bénéficiaires sous pression, le Mexique fait bel et bien figure de nouvel eldorado pour les entreprises énergétiques étrangères en quête de croissance, à condition que les réformes tiennent toutes leurs promesses !

Eric Pernot, responsable du secteur Energie chez BBVA Corporate & Investment Banking France

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle