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L'Usine de l'Energie

L'ours russe effraie aussi le parapétrolier français

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La Russie recale l'une après l'autre les majors du pétrole. Les entreprises françaises du parapétrolier hésitent à contracter sur ce marché sans la garantie de leurs grands clients traditionnels.

Déboutées du champ gazier géant de Chtokman, en difficulté sur Sakhaline 1 et 2, critiquées sur Khariaga, les majors mangent leur pain noir en Russie. Depuis quelques mois, tous les prétextes sont bons pour revoir les contrats d'exploitation des réserves pétrolières et gazières, établis dans les années 1990. Le but pour le Kremlin, renégocier la rente accordée à l'Etat, et permettre aux compagnies nationales, Gazprom et Rosneft, de remettre la main sur les réserves. La leçon est rude pour Exxon, Shell et Total, directement visées. Elle inquiète aussi les entreprises parapétrolières, attirées par un marché immense, mais réticentes à entrer dans un pays où « la valeur d'un contrat reste relative », selon un observateur.

Trop de réglementation, trop de risques financiers

De fait, parmi les spécialistes français de l'exploration, de l'ingénierie ou de la construction d'ouvrages, peu sont présents en Russie. Figure emblématique, Technip est absent des grands projets onshore et offshore. « Nos adhérents hésitent, explique Dominique Michel, le président du groupement des entreprises parapétrolières et paragazières. La réglementation y est trop lourde. »

Parmi les quelques sociétés présentes en Russie, Geoservices, qui fournit des données de surfaces et de la modélisation pour des champs onshore, y réalise une petite activité : 5 millions de dollars. Un chiffre stable. Pour les mois qui viennent, Geoservices ne veut faire aucune prévision. Et pour cause ! L'entreprise travaille uniquement avec Shell, BP et Exxonmobil. Mais pas avec les pétroliers russes. « Trop de risques financiers », résume Damodar Kumar, le responsable des activités en Europe du Nord de l'entreprise. Cette politique est celle qu'ont suivie les grands du parapétrolier entrés en Russie dans le sillage des majors. Pas Schlumberger ! Le géant franco-américain a fait de la Russie l'un de ses fers de lance : 1,25 milliard de dollars de chiffre d'affaires prévus en 2006. Avec 8 200 employés sur place dont 95 % sont russes. Cette nationalité est ainsi la deuxième représentée chez Schlumberger, derrière les Américains. Le groupe occupe donc le terrain, idéalement placé pour profiter des opportunités du pays.

Car les spécialistes sont unanimes. Même en imaginant que les majors perdent pied en Russie, l'industrie locale ne possède pas les technologies et le savoir-faire pour exploiter ses ressources offshore, et encore moins pour faire du gaz naturel liquéfié (GNL). « Il y a beaucoup de compagnies de services pétroliers russes, mais elles ne fournissent pas des services aux standards internationaux », rappelle Damodar Kumar. Il leur faudra se tourner vers les Schlumberger, Halliburton, Saipem -déjà présent- ou Technip.

Jean-Charles Lacoste, analyste au Crédit agricole, va même plus loin : « Ce qu'apporte une major, c'est aussi le savoir-faire d'un ensemblier, dit-il. Sur Sakhaline 2 ou Chtokman, les Russes pourront difficilement se passer de Shell ou d'autres compagnies internationales. » Peut-être, mais combien de temps attendront-elles le retour de balancier ?

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