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L'Usine Santé

L’Oréal, start-up à San Francisco

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Reportage Le California research center est un centre de R & D qui permet au géant de la cosmétique de se frotter aux méthodes de la Silicon Valley.

L’Oréal, start-up à San Francisco
Une quinzaine de chercheurs travaillent dans le centre de recherche de L’Oréal, à San Francisco.
© emmanuelle delsol

C’est dans Dogpatch, le nouveau quartier en vogue de San Francisco (États-Unis), que L’Oréal a niché ses chercheurs californiens. Ils occupent une partie du premier étage de l’open space du QB3, un petit immeuble aux airs modestes qui abrite la crème de la recherche. Le California research center (CRC) du géant mondial de la cosmétique est ici une start-up parmi d’autres. Un étage plus bas, les laboratoires proprement dits ressemblent à n’importe quel labo de chimie ou de physique. Les résidents partagent les installations et les équipements. Le QB3 est un espace de ­co-innovation où start-up et entreprises traditionnelles goûtent la substantifique moelle de la Silicon Valley. Avec les avantages de la région auxquels s’ajoute la proximité des universités de San Francisco, Stanford et Berkeley. L’Oréal engage ici une nouvelle méthode d’innovation qui mise sur l’autonomie des individus et la puissance d’un collectif ouvert.

L’équipe est limitée à une quinzaine de chercheurs. Rien que des profils de très haut niveau dans des disciplines aussi variées que la réalité augmentée, l’optique, les matériaux, le jeu, la biologie des cellules souches. « C’est leur force, mais c’est aussi très difficile à manager, plaisante Guive Balooch, le vice-président du CRC. Ils croient en ce qu’ils font. Je connais tous les projets, mais je n’entre pas dans les détails et je ne les force à rien. Ils sont ma préoccupation numéro?un ! Et surtout, ils ne doivent rien savoir des efforts à fournir pour convaincre de l’intérêt de leurs travaux. »

À San Francisco, L’Oréal explore de nouvelles directions aux frontières de son métier. Au printemps 2014, le laboratoire avait donné naissance au Makeup genius. Cette application permet d’essayer du maquillage virtuel en se regardant dans son smartphone comme dans un miroir. Aujourd’hui, au bout de son doigt, Guive Balooch exhibe fièrement une sorte de petit pansement translucide. C’est un morceau d’électronique flexible d’une épaisseur de 50 microns qui accueille jusqu’à 16 capteurs et suit le comportement de la peau. Il assure ainsi un contact permanent avec elle pour récolter tout type de données sans perte. Mais que diable L’Oréal vient-il faire dans ce segment de recherche ? « C’est le support, le “wearable” du futur, répond tout simplement Guive Balooch. Le corps tout entier devient un wearable. D’un point de vue business, si l’électronique est aussi simple à porter qu’un tatouage, on aura le pouvoir de mesurer le corps là où l’on veut. »

Impression de la peau en 3 D

Symbole du mode de travail adopté par L’Oréal en Californie, le projet est né de la collaboration avec John Rogers, un chercheur de l’université de l’Illinois Urbana-Champaign (États-Unis), et devrait déboucher sur des brevets communs. Et si le laboratoire californien travaille indépendamment de sa maison mère pour éviter les processus souvent lourds d’un grand groupe, les connaissances de son département recherche et innovation lui sont essentielles. Il s’est notamment appuyé sur son expertise en hydratation de la peau.

Sur les paillasses du QB3, le géant français explore aussi l’impression en 3 D de la peau. Cette fois, en partenariat avec la biotech californienne Organovo. « Nous avons la maîtrise de la biologie de la peau, rappelle Guive Balooch. Ils ont celle de l’impression couche par couche de cette matière complexe qu’est la bio-encre constituée de cellules de peau. Avec du plastique ABS, il suffit de chauffer et d’imprimer. Là, l’encre doit être fabriquée au dernier moment. Il faut savoir où poser précisément les cellules, maîtriser leur croissance. »

Dans le bouillon d’innovation du QB3, l’équipe multidisciplinaire du CRC échange constamment avec l’écosystème des start-up et des entreprises spécialisées dans les sciences de la vie hébergées sur place. « Il y a 48 start-up ici, raconte Guive Balooch. Elles ont leur réseau et nous présentent des gens. Nous faisons de même. John Rogers nous a fait rencontrer des entreprises avec lesquelles il travaille. Je passe un tiers de mon temps ici, un autre tiers à New York, et encore un tiers dans notre dernier labo, à Paris ! » 

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