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L'Oréal poursuit sa croissance sans Galderma

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Après une croissance un peu moins soutenue en 2013, le leader mondial des cosmétiques L’Oréal effectue plusieurs tournants stratégiques. Dont la cession de sa participation dans le laboratoire dermatologique Galderma, au profit de Nestlé.

L'Oréal poursuit sa croissance sans Galderma © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Ce mardi 11 février était une journée chargée pour L’Oréal. Le numéro un mondial de la beauté a tout d’abord révélé la cession de sa participation dans le laboratoire dermatologique Galderma, qu'il détenait à 50/50 avec Nestlé, avant de s’attaquer à la présentation de ses résultats 2013. La croissance a été moins soutenue qu’en 2012, avec des ventes de 22,98 milliards d’euros en 2013, en hausse de 2,3% (6% à changes constants). Voire 5% à données comparables, sur un marché cosmétique mondial "sensiblement inferieur à 2012" en croissance de 3,8%. En 2013, les bénéfices nets du géant de la beauté ont augmenté de 3,2% pour atteindre 2,96 milliards d’euros, tandis que sa rentabilité atteignait un "niveau record", avec une marge d’exploitation de 16,9%, en hausse de 0,4 point.

Nestlé, toujours actionnaire stratégique aux côtés des Bettencourt

Ce mardi, Nestlé a annoncé qu’il cédait 8% de la participation qu’il détenait au sein du capital de L’Oréal. En échange, il récupère les 50% de L’Oréal dans leur joint-venture Galderma, mais aussi 3,4 milliards d’euros en cash de L’Oréal. Au terme de l’opération, le géant suisse de l’agroalimentaire reste malgré tout un "actionnaire stratégique" et de long terme de L’Oréal, insistent les deux groupes. Il détient toujours 23,29% du capital. Tandis que la participation de la famille Bettencourt Meyers passe à 33,31%, juste en dessous du seuil qui conduirait au déclenchement d’une OPA. Les deux actionnaires principaux restent unis par leur pacte. Seul changement : le nombre de représentants de Nestlé au conseil d'administration de L'Oréal, qui passe de trois à deux.

 

L’Europe, valeur sûre pour 2014

Et l'avenir ? Son PDG, Jean-Paul Agon anticipe une progression du marché de 3,5 à 4% cette année, qu’il compte bien dépasser à nouveau. Il s'attend à de "bonnes surprises en Europe de l’Ouest, ce qui est extrêmement important, car nous y sommes largement leaders et c’est là que nous réalisons la plus forte profitabilité." Une zone sur laquelle il compte d’autant plus, car "cette année sera peut-être chahutée en Ukraine, en Argentine, au Venezuela ou en Thaïlande", estime Christian Mulliez, le directeur administratif et financier de L’Oréal. Tandis que les Etats-Unis restent "une inconnue". L’an dernier déjà, "nous ne nous attendions pas à un ralentissement du marché nord-américain, qui nous a pris à contre-pied, comme tout le monde", explique Jean-Paul Agon.

En Chine, Garnier détrôné par le chinois Magic

Le groupe français mise toujours sur la croissance des BRIC (en incluant le Mexique), où il a connu une croissance de 9% en 2013 et enregistré 18% de ses ventes. Un virage a été entamé en Chine en janvier avec la décision d’y stopper la marque grand public Garnier. "Garnier avait été lancée à l’époque sur le segment du soin populaire de la peau, cela n’avait jamais percé, estime Jean-Paul Agon. Nous l’avons arrêté car c’était tout petit et cela perdait de l’argent. Et car nous avions la perspective de l’arrivée de Magic". Magic est une pépite chinoise cotée à la Bourse de Hong Kong spécialisée dans les masques et soins du visage que L’Oréal s’apprête à racheter pour plus de 630 millions d'euros. "Elle sera la marque de soins chinoise ‘mass market’ qui va nous permettre d’occuper ce terrain", affirme Jean-Paul Agon, aux côtés des marques L’Oréal Paris, "positionnée premium", et Maybelline pour le maquillage.

Pas de synergie avec Galderma

Le désengagement de Galderma constitue évidemment un tournant encore plus majeur pour L’Oréal. Ce dernier va donc céder au premier semestre à Nestlé la participation qu’il tenait (valorisée 3,1 milliards d’euros) dans ce laboratoire au 1,6 milliard d’euros de chiffre d'affaires, en croissance de 3,9% en 2013. Une activité pour laquelle "nous n’avons constaté au cours des années aucune synergie opérationnelle, commerciale et produits, et quasiment pas de synergies dans la recherche", justifie Jean-Paul Agon. Mais pas question pour autant de se retirer de la dermo-cosmétique. Un segment dans lequel L’Oréal est présent grâce aux marques La Roche-Posay, Vichy ou Skinceutical. La nuance ? "Il y a un champ d’application très différent entre les soins dermo-cosmétiques, vendus en pharmacie à des gens aux peaux saines, et les produits médicaux dermatologiques, qui sont des soins destinés à des peaux malades", estime le PDG. Chez L’Oréal, on croit dur comme fer au potentiel de la "cosmétique active", avec le développement des soins pour les peaux sensibles et des ventes en pharmacie. Mais attention à la concurrence avec Galderma…

Gaëlle Fleitour

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