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L'Usine Santé

L’Oréal, leader des cosmétiques mais pas encore du développement durable

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Alors que Jean-Paul Agon s’apprête à annoncer le nouveau plan RSE (responsabilité sociétale des entreprises) de L’Oréal pour 2015-2020, L’Usine Nouvelle a dressé le bilan développement durable du numéro un mondial des cosmétiques.

L’Oréal, leader des cosmétiques mais pas encore du développement durable © DR

Ce mercredi 23 octobre, c’est Jean-Paul Agon en personne, le PDG de L’Oréal, qui s’apprête à dévoiler le nouveau plan de responsabilité sociétale (RSE) du groupe pour l’horizon 2015-2020. Peut-on être à la fois le numéro un mondial des cosmétiques et se faire l’apôtre du développement durable ? C’est ce que veut démontrer le patron du groupe français. L’occasion pour L’Usine Nouvelle de dresser le bilan RSE du champion de la beauté.

Des résultats chiffrés peu satisfaisants

Les chiffres tout d’abord. En 2009, L'Oréal annonçait sa première stratégie "environnement", sur dix ans, de 2005 à 2015, avec engagements ambitieux à l’appui. Près d’un an avant l’échéance, le compte n’y est pas encore pour les trois indicateurs-clés retenus. Si la réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2015 semble bien partie (en 2012, L’Oréal en était à 38,8%), les deux autres critères sont mal engagés. Baisser de 50 % la consommation d'eau par unité de produit fini sera-t-il réalisable, alors qu’elle n’a chuté que de 22,8% entre 2005 et 2012 ? Quant à la réduction espérée de 50 % des déchets générés par unité de produit fini, elle n’en était qu’à 23,9% en 2012. Si L’Oréal veut rester dans les clous, il va donc devoir mettre un sacré coup d’accélérateur !

Pas pionnier du développement durable

L’importance de la RSE au sein des grands groupes industriels s’est accélérée il y a une dizaine d’années. Et L’Oréal n’a pas fait office de pionnier. "Dans le secteur de la beauté, Unilever s’en est aperçu bien avant les autres, car son fondateur y était déjà très sensibilisé, estime Jean-Marc Liduena, associé en charge des biens de consommation chez Roland Berger. Puis L’Oréal et Procter & Gamble ont rattrapé le mouvement en réfléchissant comment ils pouvaient appliquer la maxime 'doing well by doing good' (réussir financièrement en faisant du bien)." Traduction, il n’est pas indispensable de polluer, de consommer toutes les matières premières… pour performer. Chez L’Oréal, le premier pas officiel a été le rachat en 2006 de l'emblématique chaîne de magasins The Body Shop, pionnière du développement durable.

Deux principes : discrétion et innovation

A défaut d’être le premier, le champion de la beauté a imprimé sa marque. "L’Oréal a une philosophie différente d’Unilever de la communication sur le RSE, remarque Jean-Marc Liduena. Elle était beaucoup plus discrète, plus en interne. Je pense qu’ils vont désormais communiquer autour d’objectifs industriels (réduire la consommation de CO2, d’eau…) à travers le prisme très l’Oréalien de l’innovation. Avant même la production ou la consommation responsable." Si le groupe s’engage aussi dans la protection de l’environnement ou la responsabilité envers ses clients, il dit faire de sa politique d’éco-conception, avec le développement de la chimie verte, une priorité. Qu’il s’agisse des nouveaux ingrédients qu’il utilise ou de ses nouveaux produits, en incluant également l’éco-design. Mais l'entreprise se montre encore peu disert à ce sujet…

Des concurrents plus avancés

Pas de réelle politique RSE sans bouleversement du modèle économique. "La responsabilité sociale de l’entreprise ne s’inscrit pas dans le court terme: il faut penser en quart de siècle, insiste Jean-Marc Liduena. Ainsi, Coca-Cola, Nestlé ou Unilever ne réalisent plus de rapports trimestriels, ils se limitent à donner au marché des indications de croissance annuelles. Même si cela peut énerver de prime abord les analystes et les actionnaires, ceux qui ont envie d’investir pour le long terme restent !" Chez Unilever, le nouveau PDG a carrément promis d’orchestrer toute la stratégie de l’entreprise autour du RSE. Objectif, doubler ses ventes entre 2010 et 2020 pour atteindre 80 milliards d’euros et tacler Procter&Gamble… tout en réduisant de moitié son empreinte environnementale !

Un engagement encourageant de la direction

Comme Jean-Paul Agon s’inscrit dans la durée à la tête de L’Oréal, on n’attend pas de lui la même stratégie choc. Mais qu’il incarne la responsabilité sociétale de son entreprise. Message reçu : c’est lui qui va annoncer le nouveau plan 2015-2020. Tandis qu’en interne, la responsable du développement durable, Sara Ravella, siège également au Comex. Un signal que le sujet est pris au sérieux par l’entreprise. Le groupe multiplie également les journées à thème (Citizen Day, Ethics Day) pour sensibiliser ses employés. Et s’ouvre enfin sur le sujet en multipliant les discussions avec les fournisseurs, en s’engageant dans la nouvelle norme sur les achats responsables, ou encore en participant à des forums sur la consommation durable avec des parties prenantes (ONG, distributeurs…).

Pas mal classé !

Pour améliorer son image auprès de ses clients et des investisseurs et doper sa croissance, rien de mieux que de figurer dans les indices boursiers extra-financiers. L’Oréal l’a bien compris, et fait désormais partie de tous les classements incontournables en matière de développement durable et de responsabilité sociale. Dès 2006, il a ainsi intégré le Dow Jones sustainability group index, mais en 2013, c’est son concurrent Henkel qui a été récompensé. En 2012, le Carbone disclosure project a attribué à L’Oréal une note de 94 sur 100 pour sa transparence en matière d’émissions de carbone, et un B en indice de performance. Au classement 2012 des entreprises mondiales œuvrant en faveur de l’environnement établi par FTSE4Good, le Français figure même en huitième position. Et en novembre 2012, il a été reconnu "entreprise leader en responsabilité sociale" de l'indice Vigeo France, et 5ème du classement de l'Indice Vigeo Monde. Ces résultats sont autant de preuves que le virage vert est réellement amorcé et n'est pas que cosmétique.

Gaëlle Fleitour

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