Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'optique repousse les limites du stockage de données

Publié le

Les mémoires optiques s'apprêtent à un bond en avant. Cent gigaoctets, voire un téraoctet, sont désormais des objectifs crédibles. Mais côté technologies, c'est la foire d'empoigne...

alonnés par des technologies futuristes, les disques optiques mettent les bouchées doubles. Quelques mois à peine après le lancement des premiers graveurs de DVD double couche, ces derniers sont déjà passés sous la barre des cent dollars. La DVD+RW Alliance, l'un des principaux consortiums du secteur, a annoncé que les premiers graveurs double couche octuple vitesse - permettant d'archiver 8,5 gigaoctets de données en un quart d'heure - seraient commercialisés début 2005.

Si l'industrie du DVD met ainsi les bouchées doubles, encourageant l'obsolescence de son format à une cadence sans précédent, ce n'est pas sans raison. Les futurs DVD haute densité à lasers bleus à la norme Blu-Ray (Matsushita, Philips, Sony, Thomson...) ou HD-DVD (NEC, Sanyo, Toshiba), sont prêts à offrir plusieurs dizaines de gigaoctets par disque. Leur lancement est moins affaire de technologie que de marketing. Panasonic prépare ses platines au format Blu-Ray, tandis que Toshiba et Sanyo ont annoncé leur intention de commercialiser des lecteurs HD-DVD vers la fin 2005.

C'est que les nouvelles technologies optiques sont prêtes à prendre leur envol. Le « vieux » DVD profite donc de ses derniers moments de tranquillité avant l'arrivée de disques de cent, voire mille gigaoctets. Comme aux débuts du stockage optique, le concurrent le plus évident des technologies optiques et optochimiques est l'enregistrement magnéto-optique.

Retour en force du magnéto-optique

Moins populaire parce que plus lent, le stockage MO (Magneto-Optical) connaît une seconde jeunesse avec la technologie UDO (Ultra Density Optical) du californien Plasmon. Les premiers disques et lecteurs UDO de 30 gigaoctets furent lancés fin 2003, et Plasmon a vendu plus de 2000 téraoctets de stockage au cours des dix premiers mois sur le marché. La firme prévoit de monter jusqu'à 200 Go par disque. D'un point de vue technologique, l'UDO est l'équivalent magnéto-optique de Blu-Ray ou HD-DVD pour les DVD, avec le passage aux lasers bleus à 405 nanomètres.

Les lasers bleus ne sont pas la seule solution pour réduire la taille du bit d'information. Grâce aux technologies d'enregistrement en champ proche, par exemple, il est possible ce contourner la limite de diffraction d'une source donnée, en permettant à celle-ci de graver des géométries plus petites que d'habitude. Ainsi, cet été, le japonais Ritek a-t-il acquis les droits de la technologie de champ proche de l'université de Taïwan. L'idée est de continuer à utiliser un laser rouge, tout en réduisant la taille des trous gravés de 400 à 100 nm, pour déboucher sur des disques de 100 Go. Attention toutefois aux complications ! L'enregistrement en champ proche, exploré par l'américain Terastor à la fin des années 90, s'était alors soldé par un échec cuisant...

Une technologie autrement ambitieuse et conçue en Europe, baptisée MODS (Multiplexed Optical Data Storage), pousse le disque optique dans ses derniers retranchements. Des chercheurs de l'Imperial College de Londres (ICL) et des universitaires de Neuchâtel et de Thessalonique ont conçu un DVD laser bleu à structure modifiée. Alors que les trous gravés dans le substrat d'un DVD sont symétriques et stockent un bit par couche, les puits d'un disque MODS contiennent une plage qui peut avoir 332 degrés d'inclinaison différents. Ce qui permet de modifier la manière dont la lumière est réfléchie, et conduit à un disque contenant 250 Go de données par couche. « D'après nos résultats, on estime qu'il sera possible de stocker un téraoctet de données sur un seul disque », juge Peter Török qui dirige les travaux de l'ICL. On n'est toutefois pas près de voir des disques MODS. Selon les chercheurs, la technologie pourrait être au point à l'horizon 2010... une véritable éternité dans le domaine du stockage !

Car les technologies n'aboutissent pas toujours. En 1999, la société Constellation 3D (C3D) avait présenté le prototype d'un disque optique multicouche (FMD), promettant des disques de 100 gigaoctets possédant jusqu'à cent couches. Chacune utilisait un matériau fluorescent différent autorisant une lecture sélective. La fluorescence devait permettre de simplifier l'identification de la couche voulue et de conserver une bonne qualité de signal en traversant les couches, ce qui est difficile avec les disques conventionnels. Reste que le FMD ne fait plus parler de lui...

Un concept techniquement différent, mais logiquement proche, est développé par le japonais Hitachi, non plus à partir de la fluorescence mais de l'électrochromie. Le procédé, qui pourrait venir taquiner le téraoctet de données sur un disque, consiste à utiliser des couches multiples électrochromiques, qui peuvent être mises sous tension indépendamment les unes des autres. Au repos, les couches sont passives, ne réagissant au laser ni en lecture ni en écriture. Mais une fois mise sous tension, une couche peut être activée, stockant de l'information ou la révélant.

Les promesses de l'holographie : 10 Go dans un téléphone portable

Au delà des évolutions du disque optique, l'holographie longtemps promise s'apprête à être une révolution. Voici peu, les démonstrations reposaient encore sur des installations de laboratoire encombrantes et des substrats malcommodes. En 2004, NTT a présenté sa technologie Info-MICA, gravant par laser un hologramme contenant un gigaoctet sur une couche mince de la surface d'un timbre poste, ou plutôt dans une centaine de couches ayant toutes des propriétés réfractives légèrement différentes. L'objectif est d'obtenir à moyen terme des mémoires de 10 gigaoctets suffisamment petites pour être installées dans des télé

hones portables. La mémoire elle-même promet d'être bon marché, mais comme souvent dans les procédés holographiques, le problème résidera dans la réduction du coût et de la taille du lecteur.

NTT n'est pas seul en lice. Par exemple, la technologie holographique d'AT&T conçue aux Bell Labs continue à être développée par InPhase Technologies, essaimage de Lucent. Un autre japonais, Optware, a réussi une première au mois d'août en enregistrant, puis en lisant, des films stockés sur un disque holographique structuré de manière proche de celle d'un disque optique conventionnel. Ce HVD (Holographic Versatile Disc) élimine le problème de détérioration du signal, rencontré lors de l'enregistrement d'interférences holographiques sur un disque de structure physique comparable à un DVD. Pour cela, il insère un miroir dichroïque - l'équivalent d'un miroir sans tain - entre la couche réflective du disque et celle où est stockée l'information. Optware pense ainsi pouvoir fabriquer des disques contenant un téraoctet de données, mais faciles à intégrer aux technologies optiques existantes.

Concept futuriste contre « bon vieux » disque dur

L'américain Colossal Storage, quant à lui, promet des disques optiques contenant jusqu'à 10 téraoctets de données... Contrairement aux technologies qui sont à l'état de prototype ou de produit, le nano-stockage atomique n'est qu'un concept. Le procédé repose sur l'utilisation d'une diode laser UV pour affecter un substrat ferroélectrique. Par exemple, les photons du laser peuvent exciter les électrons du ferroélectrique pour les faire passer d'une orbite de valence à une orbite de conduction. En lecture, cette modification du ferroélectrique modifie à son tour la diffraction de la lumière UV, restituant alors l'information.

Avec ces promesses, le stockage optique a un avenir garanti, même s'il est difficile de prédire quelles technologies tireront leur épingle du jeu. Ironiquement, demain comme hier, son plus grand concurrent continuera d'être l'antédiluvien stockage magnétique. Ainsi, LaCie a t-il récemment lancé son Bigger Disk Extreme, un vulgaire disque dur qui contient la bagatelle de 1,6 téraoctet de données...

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle