Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

L'opposition se consolide face à la réforme de la Politique agricole commune

Franck Stassi , ,

Publié le , mis à jour le 26/06/2018 À 11H13

Analyse 20 pays appellent la Commission européenne à rehausser le budget de la prochaine Politique agricole commune, qui doit reculer de 5%. Bruxelles préfère insister sur les nouveautés de sa politique phare - dont la performance au résultat - et joue la montre.

L'opposition se consolide face à la réforme de la PAC
Stéphane Travert, ministre français de l'Agriculture et de l'Alimentation, a réaffirmé son opposition aux orientations budgétaires prévues pour le prochain cadre financier pluriannuel de la PAC.
© EU-Christos DOGAS

A l’occasion du Conseil des ministres de l’Agriculture et de la Pêche de l’Union européenne, organisé lundi 18 juin à Luxembourg, vingt pays ont appelé à une augmentation du budget de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2021-2027. Quatorze pays ont, de fait, rejoint l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande, la Finlande et la France, fer de lance de la contestation par l’intermédiaire de Stéphane Travert, qui a présenté à ses confrères le mémorandum adopté le 31 mai à Madrid (Espagne) par ces six pays. "Il s’agit donc d’une très large majorité de membres de l’Union européenne qui ne se satisfont pas de la proposition initiale de la Commission", appuie le ministère français de l’Agriculture et de l’Alimentation. "Ce qui a été proposé par la Commission européenne ne sera pas accepté, a réagi le Président Emmanuel Macron le 21?juin à Quimper. C’est inacceptable parce que c’est vouloir dire à tous les paysans d’Europe : le coût du Brexit sera payé uniquement par vous."

La Commission européenne n’a guère été surprise par cette vague de contestation. "Personne n’est jamais heureux en début de négociations. Ce sera aux Etats membres d’apaiser tout le monde. Nous avons fait une proposition raisonnable, équitable, compte tenu des priorités et du Brexit. Le Royaume-Uni a fait le choix de nous quitter. Le Conseil européen a aussi pris des engagements en faveur de nouvelles politiques ", expliquait début juin, devant une délégation de journalistes européens, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan.

Pour la première fois depuis sa création, le budget de la PAC devrait être réduit de 5%, à 365 milliards d’euros. La part de la PAC atteindrait 28,5% du budget européen (Royaume-Uni excepté) en 2021-2027, contre 37,6% sur la période 2014-2020.

La performance au résultat, nouveau dada bruxellois

Pour apaiser les tensions, Phil Hogan insiste sur le surcroît d’autonomie donné aux Etats membres, qui passeront d’un exercice de conformité à celui de la performance au résultat, au moyen de plans, contrôlés par Bruxelles, pour atteindre des objectifs communs.

Ces priorités? Favoriser des revenus agricoles viables et la résilience sur le territoire de l'Union pour renforcer la sécurité alimentaire; améliorer l'adaptation aux besoins du marché et accroître la compétitivité; améliorer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur; contribuer à l'atténuation du changement climatique et à l'adaptation à ce dernier; favoriser le développement durable; contribuer à la protection de la biodiversité; attirer les jeunes agriculteurs et faciliter le développement des entreprises dans les zones rurales; promouvoir l'emploi, la croissance, l'inclusion sociale et le développement local dans les zones rurales ; et améliorer la réponse du secteur agricole européen aux attentes sociétales en matière d'alimentation et de santé.

Un jeu d’allers-retours s’effectuera entre les Etats membres et la Commission pour valider les moyens mis en œuvre. Une centaine d’indicateurs sera utilisée par la Commission pour contrôler la bonne marche du dispositif, aux côtés de jalons annuels, décorrélés des interventions ponctuelles de soutien aux marchés en cas de crise. Nombreuses sont les voix qui s’élèvent toutefois, en Europe, contre cette nouvelle pratique. Le renforcement de la convergence, pour tendre vers une répartition "plus équitable" des paiements directs entre les États membres, fait également partie des pistes avancées par Bruxelles pour moderniser la Politique agricole commune – "la France est le pays où les aides sont distribuées de la manière la plus déséquilibrée", assène-t-on, sous couvert d’anonymat, à la Commission.

Pour mener à bien son plan malgré les oppositions, Phil Hogan semble bien décidé à jouer la montre : d’éventuels retards mettraient en difficulté les agriculteurs. Pas le meilleur moyen, pour les Etats membres, de se mettre les électeurs dans la poche.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle