Environnement

"Veolia ne propose pas un projet industriel", dénonce le directeur général de Suez

, , , ,

Publié le , mis à jour le 07/09/2020 À 08H26

Vu sur le web Suez continue de dénoncer le projet de rachat présenté par Veolia. Le 6 septembre, le directeur général Bertrand Camus a critiqué une opération sans "projet industriel" et "funeste pour la France".

Veolia ne propose pas un projet industriel, dénonce le directeur général de Suez
Le directeur général de Suez, Bertrand Camus, s'oppose fermement au projet de rachat de Veolia. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier
© BENOIT TESSIER

Le directeur général de Suez oppose un refus ferme à Veolia et à son offre de rachat. L'opération envisagée par le spécialiste du traitement des déchets et de l'eau est "aberrante pour Suez et funeste pour la France", a dénoncé Bertrand Camus dans un entretien publié dimanche 6 septembre par Le Figaro. Une semaine plus tôt, Veolia proposait à Engie de lui racheter 29,9 % de Suez en vue d'une éventuelle offre publique d'acquisition (OPA) sur le solde du capital de Suez.

"Suez n'a pas besoin de se marier"

Bertrand Camus ne pèse pas ses mots contre le projet de Veolia, qu'il qualifie "d'opération financière opportuniste" avec une "démarche baroque". "Suez n'a pas besoin de se marier", martèle le directeur général de l'entreprise.

Le patron estime aussi que l'offre de Veolia sous-valorise les actifs de Suez. Une opinion partagée par le président du conseil d'administration d'Engie. "Les cours de Bourse sont affectés par la Covid-19, alors que nous sommes en train de renouer avec la croissance : nous gagnons des marchés et notre programme de cessions avance", argumente Bertrand Camus.

Des scénarios en préparation sur la participation d'Engie

Le dirigeant évoque aussi les problèmes de concurrence, les risques pour l'emploi et les difficultés opérationnelles que provoquerait un tel rachat. "Veolia ne propose pas un projet industriel. Il propose de démanteler 40 % de notre activité en France", fustige le directeur général de Suez.

Bertrand Camus a confirmé que Suez travaillait sur une offre alternative pour racheter la participation d'Engie. "Nous avons des scénarios en préparation", indique-t-il en évoquant des actionnaires institutionnels espagnols, italiens et chiliens "de longue date".

"L’État doit être garant de l’équité dans cette opération", déclare le gouvernement

Le ministre français de l'Économie a indiqué dimanche 6 septembre que les différentes offres sur Suez seraient "examinées avec la même équité". "Il y a une proposition qui a été faite par Veolia. Il peut y en avoir d’autres", a indiqué Bruno Le Maire au micro d'Europe 1.

"L’État doit être garant de l’équité dans cette opération. Mais nous regarderons un certain nombre de conditions", a ajouté le ministre. L'État détient effectivement près de 24 % du capital d'Engie. Bruno Le Maire a rappelé à cette occasion que le gouvernement serait vigilant à la sauvegarde des emplois en France. Prié de dire si l'offre de Veolia était suffisante, Bruno Le Maire a répondu : "Toute offre peut toujours être améliorée".

Avec Reuters (Jean-Stéphane Brosse)

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte