L'Opep devrait prolonger l'accord sur la production de pétrole

L'Opep et la Russie semble se diriger vers une prolongation jusque fin 2018 de l'accord sur une limitation de leur production de pétrole tout en se laissant la possibilité de le modifier en juin en cas de surchauffe du marché. Une décision devrait être prise jeudi 30 novembre.

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L'Opep devrait prolonger l'accord sur la production de pétrole
L'Opep et la Russie semblaient se diriger vers une prolongation jusque fin 2018 de l'accord sur une limitation de leur production de pétrole tout en se laissant la possibilité de le modifier en juin en cas de surchauffe du marché. Une décision sera prise jeudi. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger

L'Opep et la Russie devraient se prononcer, jeudi 30 novembre, pour une prolongation jusque fin 2018 de l'accord sur une limitation de leur production de pétrole tout en se laissant la possibilité de le modifier en juin en cas de surchauffe du marché.

Six ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont l'Arabie saoudite, et de producteurs extérieurs au cartel, notamment la Russie, se sont réunis la veille à Vienne pour formuler des recommandations concernant l'avenir de cet accord censé expirer en mars, par lequel ses participants ont réduit leur production cumulée de 1,8 million de barils par jour pour tenter de désengorger le marché.

Prié de dire par des journalistes, à l'issue de cette réunion, si ce comité s'était entendu sur une prolongation de neuf mois, le ministre koweïtien du Pétrole, Essam al Marzouk, a répondu: "C'est l'une des recommandations." Son homologue russe, Alexandre Novak, a été moins catégorique sur ce calendrier. "Le marché n'a pas encore été complètement rééquilibré. Des efforts conjoints sont nécessaires après le 1er avril. Tout le monde a recommandé que l'accord puisse être prolongé et ces détails concrets seront débattus demain", a-t-il dit.

Plusieurs sources proches des discussions ont indiqué que la Russie proposait d'inclure une clause de révision de l'accord lors de la prochaine réunion de l'Opep en juin en cas de surchauffe du marché pétrolier. "En réalité, ce serait seulement une vraie prolongation de trois mois avec le réexamen en juin", a commenté Olivier Jakob, du cabinet de consultants Petromatrix.

Les cours du pétrole, qui étaient remontés début novembre à des plus hauts de plus de deux ans, étaient orientés en nette baisse vers 18h00 GMT, le Brent cédant près de 1,5% sous 63 dollars.

Différence de calendrier, pas de fond

Le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, a plaidé mercredi devant le comité en faveur d'un allongement du plafonnement de la production au motif que le rééquilibrage des marchés n'était pas terminé. Khalid al Falih et Alexandre Novak ont eu mercredi un entretien bilatéral à l'issue duquel le ministre russe a déclaré: "Nous comprenons qu'il nous faut prendre de nouvelles mesures pour rééquilibrer le marché. (...) Nous avons une appréciation commune (de la situation)."

Pour Amrita Sen, du cabinet Energy Aspects, le débat entre Ryad et Moscou porte plus sur le calendrier que sur des questions de fond. "L'Arabie saoudite considère qu'il est prématuré de discuter d'une stratégie de sortie alors que le travail de rééquilibrage du marché n'est pas encore terminé. La Russie aimerait le faire plus tôt", a-t-elle dit.

La Russie, qui se prépare à une élection présidentielle en mars, s'interroge sur le bien-fondé d'une prolongation de cet accord jusque fin 2018, de crainte qu'une telle initiative n'encourage une hausse de la production du pétrole de schiste aux Etats-Unis.

La Russie a en outre besoin de cours bien moins élevés que l'Arabie saoudite pour équilibrer son budget. Ryad, qui cherche à dégonfler son déficit budgétaire, compte pour sa part introduire en Bourse en 2018 sa compagnie publique Aramco et l'opération profiterait de cours du pétrole plus élevés.

L'Opep pourrait aussi discuter jeudi d'un éventuel plafonnement de la production du Nigeria et de la Libye, qui ont jusqu'à présent été exemptés de l'accord de réduction de l'offre en raison des troubles sur leur territoire, a-t-on appris de deux sources ayant connaissance du dossier.

Pour Reuters, Ernest Scheyder, Ahmad Ghaddar et Vladimir Soldatkin, Bertrand Boucey pour le service français

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