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L'Usine Aéro

L’Onera en crise, la recherche aéronautique menacée

Olivier James , , , ,

Publié le

Les syndicats ont alerté vendredi 11 décembre sur la mauvaise santé économique de l’organisme de recherche. A terme, c’est le secteur aéronautique français qui pourrait en faire les frais.

 

 

Après la direction, les syndicats. Alors que le PDG de l’Onera avait déjà appelé l’Etat à la rescousse en novembre 2014 en demandant un plan de soutien de 218 millions d’euros, ce sont cette fois-ci les syndicats qui ont tiré la sonnette d’alarme. Réunis en intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC et CGT), vendredi 11 décembre sur le site de Palaiseau (Essonne), ils ont souhaité faire entendre leurs voix. Selon eux, l’organisme de recherche aérospatiale connaît une crise budgétaire sans précédent qui pourrait avoir un impact sur l’ensemble de la filière aéronautique et spatiale française.

L’objet principal de leur courroux : la baisse continue des subventions de son ministère de tutelle, celui de la Défense. De 123,3 millions d’euros en 2008, elles sont passées à 109,7 millions d’euros en 2012 puis 96,4 millions d’euros en 2014. Sur cette période, la part de cette subvention dans le budget de l’Onera est ainsi passée de 51,6% à 46,6%. La hausse de cette subvention en 2015 (105 millions d’euros), n’empêchera pas le budget d’accuser un déficit qui devrait être compris entre 4 et 5 millions d’euros. D’autant que la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) n’a plus envoyé de subventions depuis 2011.

Menace sur les effectifs

L’Onera est comme pris dans un effet ciseau redoutable. Au-delà des réductions de subventions, l’organisme de recherche souffre d’une baisse notable des contrats passés avec des entreprises privées. En 2008, l’Onera a engrangé 139,2 millions d’euros de contrats, et seulement 95,1 millions d’euros en 2015. La plus forte baisse provient de l’aviation civile : le développement des nouveaux programmes achevés (Airbus A380, A350 et A400M), les grands industriels n’ont plus d’yeux que pour la production et délaissent les souffleries et laboratoires de l’Onera. De 23,7 millions d’euros, le volume des contrats dans l’aviation civile est tombé en 2014 à 0,3 million d’euros…

Baisse des subventions, chute du volume de contrats, sans oublier un sous-investissement chronique (la grande soufflerie du site savoyard de Modane menace de s’effondrer) : au déficit de cette année s’ajoute, selon l’intersyndicale, l’absence de visibilité pour le budget 2016. Pis encore, les syndicats s’inquiètent de la possibilité, encore hypothétique, que les effectifs soient réduits pour absorber cette disette budgétaire. Renseignement pris auprès du porte-parole de l’Onera, cette éventualité "n’est pas envisagée".

Rappel utile pour comprendre l’ampleur de l’enjeu : à grand renfort d’équipements de pointe, l’Onera assure la recherche fondamentale qui a permis à l’industrie aéronautique et spatiale française de se hisser au meilleur niveau mondial. Des Airbus aux Falcon de Dassault Aviation dans le civil, des missiles au Rafale dans le domaine militaire, l’Onera permet aux grands programmes aéronautiques de voir le jour. Sa faible notoriété auprès du grand public,son budget en baisse depuis plusieurs années et les récriminations récentes de la Cour des Comptes, ont forcé la direction et aujourd’hui les syndicats à réagir. Pour l'avenir de toute une filière.

Olivier James

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4 commentaires

Nom profil

16/12/2015 - 10h39 -

Globalement, depuis 1945, l'Onera n'est pas un outil ... Onereux.
L'Onera est un morceau essentiel du savoir aéronautique en France. Un peu oublié et isolé, travaillant efficacement sans faire de vague, pas grand chose n'a été fait pour le promouvoir pendant des décennies - mais il produit énormément d'informations et d'innovations qui se sont avérées vitales, pour Airbus notamment.

Et l'Onera n'est pas qu'un morceau d'Histoire ou un symbole. C'est un centre de réflexion fondamentale sur le vol, le transport, les fluides compressibles et j'en passe.
Airbus étant désormais bien équipé pour ses réflexions sur le transport aussi, l'Onera fait parfois, maintenant, un peu doublon - et notre industrie, en quelque sorte, "le fils ingrat de l'Onera"

Le tout est de savoir si nous voulons toujours savoir inventer et développer des avions en France en général, ou seulement chez Airbus et Dassault.
Un choix stratégique national qui prend la couleur fatale de ce que l'aviation, considérée comme un sport, compliqué, "réservé aux riches", est devenu dans les (in)consciences de notre pays. Perso je vote OUI pour l'avenir de l'aviation en France, donc pour l'Onera.

Il faut benchmarker la DLR allemande - ici, s'intéresser au fonctionnement, aux domaines d'activité et aux investissements qui sont consentis à cet organisme en réalité pluridisciplinaire.
En tout cas, les Allemands ont compris qu'il faut plutôt développer cette branche, pour étoffer la recherche privée, peu ou pas disponible pour les PME, et en lui donnant un autre regard....
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15/12/2015 - 10h44 -

@7872 : bonjour, de quels avantages parlez vous? S'il est de plus en plus facile pour des boites comme SAFRAN ou EDF de débaucher les chercheurs de l'ONERA, c'est peut-être qu'il n'y en a pas tant que ça.
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12/12/2015 - 10h48 -

le rapport de la cour de scomptes sur la gestion de cet organisme est très instructif et direction et syndicats devraient revoir à la baisse leurs avantages par rapport au secteur privé
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11/12/2015 - 23h28 -

C'est triste de voir cela, d'autant que la somme nécessaire pour remettre d'aplomb l'ONERA, et notamment les souffleries S1 et S2 à Modane - Avrieux (toutes les deux parmi les plus puissantes au monde!!) semble dérisoire comparée au budget de la Défense Nationale (l'ONERA est sous tutelle de la DGA), et aux bénéfices annuels d'Airbus, Safran et consort...
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