Le sort d’Ascoval devra se jouer sans Vallourec

Alors que le gouvernement doit réunir le 31 octobre toutes les parties prenantes pour échanger sur le sort d’Ascoval, il a demandé au potentiel repreneur Altifort de présenter une offre sans Vallourec, principal client et actionnaire de l'aciérie en redressement judiciaire.

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 Le sort d’Ascoval devra se jouer sans Vallourec
L'aciérie Ascoval de Saint-Saulve est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Asco Industries.

Le feuilleton se poursuit pour l’aciérie d’Ascoval à Saint-Saulve, près de Valenciennes (Nord). Mercredi 31 octobre, une réunion avec toutes les parties prenantes est prévue dans l’agenda du ministre de l’Economie Bruno Le Maire et de sa nouvelle secrétaire d’Etat, Agnès Pannier-Runacher.

Mais d’ici là, Bercy a demandé au groupe franco-belge Altifort, le principal candidat à la reprise de l'aciérie Ascoval, de revoir sa copie et présenter une offre sans l'aide de Vallourec, selon les Echos du 30 octobre. Agnès Pannier-Runacher l'a confirmé ce mardi: "Nous y travaillons depuis vendredi", a-t-elle déclaré sur Radio Classique. "Altifort est d'accord pour dire qu'il y a plus de sens d'aller chercher d'autres clients qui leur permettent d'avoir de meilleures marges que de rester prisonnier d'un client qui ne permet pas à la société de sortir les meilleures marges."

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L’offre de reprise d’Altifort impliquait en effet que le sidérurgiste français Vallourec, principal client mais désormais aussi premier actionnaire, maintienne durant un an et demi son niveau actuel de commandes. Or le géant industriel français, spécialiste des tubes en acier sans soudure, a refusé cette demande qui l’affaiblirait, dans un contexte de forte concurrence.

Audience devant le tribunal le 7 novembre

Vendredi 26 octobre, des salariés d’Ascoval avaient bloqué à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge, toutes les entrées de production du site de Vallourec, pour faire pression sur le gouvernement. Vallourec a suffisamment d’encours pour livrer ses clients. Il n'en est pas moins concerné par le sort des équipes touchées par ce blocage. Mais il anticipe d’avantage le reclassement des salariés d'Ascoval dans le bassin d’emploi que sa participation à la reprise.

Le 24 octobre, le tribunal de grande instance de Strasbourg (Bas-Rhin) avait quant à lui reporté au 7 novembre l’audience qui porte sur le devenir de l’aciérie Ascoval. Ce délai supplémentaire de deux semaines doit permettre aux différents acteurs économiques et politiques de travailler sur un nouveau plan de reprise pour ce site qui emploie 281 salariés.

Depuis, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a réaffirmé sur RTL le 25 octobre être prêt à aider à hauteur de 12 millions d'euros le projet de reprise d'Ascoval porté par le groupe Altifort. "La région avance 12 millions d'euros dans ce dossier, Valenciennes Métropole est prête à avancer 10 millions d'euros". "Je ne joue pas l'argent de la région au loto" et Valenciennes Métropole "non plus". "Ce que je demande là, nous l'avons tous demandé voilà dix mois dans le bureau de Bruno Le Maire, à l'époque on nous avait dit oui. Je demande juste à ce qu'on ait de la mémoire".

Après le refus de Vallourec, le 22 octobre, d’appuyer le projet de reprise présenté par Altifort, une réunion de crise s’est tenue à Valenciennes le 23 octobre en présence du gouvernement et de toutes les parties. "L’Etat, aux côtés des collectivités locales, est prêt à prendre sa part de l’effort financier pour une solution crédible et pérenne", avait alors déclaré Agnès Pannier-Runacher. Bercy a demandé au cabinet Roland Berger une analyse indépendante de l'offre de reprise.

L'aciérie de Saint-Saulve est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Asco Industries.

Gaëlle Fleitour Rédactrice en chef, en charge du Web
Gaëlle Fleitour

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