Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

"L'occasion d'ouvrir le débat sur le démantèlement qui n'a jamais eu lieu", prévient Chantal Jouanno

, , , ,

Publié le

Dossier Pour Chantal Jouanno, la présidente de la CNDP, le débat public est l’occasion de s’interroger sur la spécialisation de régions autour de la gestion des déchets nucléaires.

L'occasion d'ouvrir le débat sur le démantèlement qui n'a jamais eu lieu, prévient Chantal Jouanno

Pourquoi un débat public sur les déchets radioactifs ?

La Commission nationale du débat public (CNDP) ne s’autosaisit pas. Depuis une ordonnance d’août 2016, elle se doit d’organiser des débats publics sur tous les plans et programmes ayant un impact environnemental. Cette ordonnance cite spécifiquement le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs, créé par la loi de 2006 et révisé tous les trois ans. Mais la question se pose de savoir s’il faudra relancer le débat tous les trois ans. La CNDP a aussi la charge, depuis le débat de 2013 sur le projet Cigéo, qui a été très conflictuel, d’une concertation post-débat pour garantir la bonne information du public.

Quels seront les grands thèmes de ce débat ?

La lettre de mission, signée par Nicolas Hulot, mais rédigée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), fixe cinq grands sujets. Le premier concerne l’évolution des principes de gestion des déchets de très faible activité et, en creux, la question du seuil de libération. Le deuxième est lié aux déchets de faible activité et à vie longue, pour lesquels la France n’a aucune filière, mais veut proposer un schéma directeur en 2019. Le troisième pose la question de l’entreposage des combustibles MOX usés. La quatrième, connexe, interroge sur le délai à partir duquel on peut considérer comme déchets les matières radioactives en grande quantité dont la réutilisation n’est pas sûre. La DGEC souhaite aussi avoir l’avis des citoyens sur ce qui doit être validé lors de la phase pilote de Cigéo.

Manque-t-il des sujets importants dans la lettre de mission ?

Le débat public est un débat ouvert. Nous ne fermerons aucun sujet. La question des alternatives à Cigéo sera forcément évoquée. Celle du choix entre un stockage centralisé des déchets, avec un impact lié à leur transport, et des stockages locaux également. La question se pose aussi de l’opportunité de spécialiser des régions autour de la gestion des déchets avec la création de filières industrielles. Ce sont des sujets qui concernent les gens et permettent de faire de la pédagogie. Ils ont longtemps été confisqués, encore plus que celui de l’énergie, par les experts techniques et politiques.

Quel enseignement avez-vous retenu du débat sur l’énergie, qui inaugurait pour la CNDP cette nouvelle mission ?

On a appris qu’il fallait donner des consignes claires pour la rédaction du document que le gouvernement voulait mettre en débat. La DGEC a aussi appris que le débat public était un processus lourd et engageant et qu’il nécessitait d’y allouer une équipe à temps plein. Enfin, en tant qu’autorité indépendante, la CNDP ne pourra pas reproduire la méthode employée pour le débat sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), où, faute d’un budget suffisant, elle a dû s’appuyer sur des partenaires. Nous devrons organiser nous-mêmes les réunions publiques dans les régions concernées et sur toutes les grandes thématiques. Pour cela, il faut une enveloppe suffisante. Le débat de 2011-2012 sur Cigéo a coûté 1,27 million d’euros. Celui de 2005 sur les options de stockage 2,46 millions.

Que manque-t-il encore pour réussir ce débat ?

La gestion des déchets est directement liée à la politique énergétique du pays, notamment en matière de réduction du nucléaire, et donc aux grandes orientations que fixera la nouvelle PPE. Cela sera l’occasion d’ouvrir le débat sur le démantèlement, qui n’a jamais eu lieu. Si l’on aboutit sur les questions de déchets, on pourra vraiment appuyer sur le bouton du démantèlement.

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

07/09/2018 - 13h26 -

Parler de "poubelles" pour qualifier des installations industrielles de stockage, c'est déjà prendre position.
Répondre au commentaire
Nom profil

07/09/2018 - 12h18 -

Quand on va enfin savoir à combien s'élève (réellement) le démantèlement d'une tranche nucléaire, je crains que l'on ne change radicalement d'avis sur l'urgence et les méthodes. Question subsidiaire, pourquoi déplacer des déchets faiblement radioactifs, peu dangereux mais volumineux, vers un site particulier alors qu'ils pourraient rester en place dans la centrale d'origine ? Le site est contrôlé jusqu'à fermeture de la dernière tranche et peut l'être après au vu et au su de tous.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle