L’italien Eni veut ouvrir le marché de l'électricité, qu’il juge trop protégé en France

A partir du 29 mars, Eni va devenir fournisseur d’électricité auprès des particuliers. Son objectif est de compter deux millions de clients dans le gaz et l’électricité à l’horizon 2020.

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L’italien Eni veut ouvrir le marché de l'électricité, qu’il juge trop protégé en France
Daniel Fava, DG Eni France

C'est un nouvel acteur de poids qui entre sur le marché de l'électricité dans l’Hexagone. L’italien Eni lance ses offres de fourniture d'électricité pour les particuliers à partir du 29 mars 2017. L'énergéticien était déjà présent sur le marché des entreprises et des collectivités depuis 2016.

Depuis 2003, l’entreprise est distributrice de gaz et affiche 700 000 clients, ce qui en fait le deuxième fournisseur du territoire après Engie. Son objectif est d'atteindre 1 million de clients gaz et électricité à la fin 2017 et 2 millions en 2020. Pour soutenir cette croissance de 15% par an, le groupe mise sur une diversité d'offres comme de l'électricité 100% d'origine verte (comme le fait Engie) ou des offres couplées gaz/électricité avec des coûts d'abonnements réduits.

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Mais en parallèle de ce discours offensif, Eni se plaint de la difficulté pour les opérateurs alternatifs à prendre pied sur le marché de l'énergie en France. "En France, l’Etat protège EDF et Engie, qui lui versent des dividendes, en ralentissant l'ouverture des marchés", juge Daniel Fava, directeur général d’Eni France. "Nous parions sur la "dé-potilisation" de ce marché", explique-t-il.

Une échéance politique

Philippe Ladoucette, ex-président de la Commission de Régulation de l’énergie (CRE) jugeait que "la France a un problème avec la concurrence". Les équipes d’Eni reprennent cet argument à leur compte. "C’est ce que nous vivons au quotidien depuis que nous sommes entrés sur le marché français", expliquent-elles. 10 ans après l’ouverture de ce marché, EDF est parvenu à conserver plus de 85 % de ses clients.

Dans le cadre de ce développement, Eni a fait le choix de ne pas acquérir de nouveaux moyens de production électrique se reposant sur le marché de gros et l’accès à l’électricité nucléaire grâce à l’Arenh (Accès régulé à l'énergie nucléaire historique). "La prochaine élection va donner des orientations différentes selon que celui qui gagnera soit favorable au maintien du nucléaire, milite pour sa réduction à 50 % ou veulent en sortir", explique Daniel Fava.

"Dans les années qui viennent, la croissance de la demande d’électricité va rester atone. Si le parc nucléaire reste stable et que les renouvelables continuent à croître, nous allons connaître une surproduction, d’électricité", explique-t-il jugeant que ce contexte ne permet donc pas de garantir un retour sur investissement dans de nouveaux moyens de production.

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