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L'Italie mal partie

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Publié le

L'affaire Parmalat fragilise un peu plus une économie convalescente.

Restaurer au plus vite la confiance. C'est la priorité dans une Italie secouée par l'affaire Parmalat. Et le ministre de l'Economie et des Finances, Giulio Tremonti, est prêt à tout pour cela, y compris à critiquer le gouverneur de la banque centrale et les établissements bancaires. Avec des résultats d'ailleurs, puisque Capitalia, la quatrième banque de la péninsule, prévoit de provisionner 60 millions d'euros pour indemniser ses clients ayant souscrit sur ses conseils des obligations du groupe alimentaire mais aussi de Cirio, un autre acteur de ce secteur qui a fait faillite l'été dernier. Tandis que Banca Intesa, Unicredito Italiano et Sanpaolo IMI, également concernés, réfléchissent à un mode d'indemnisation.

Les PME-PMI victimes de la suspicion des marchés

Dans le même temps, Rome s'attèle à une réforme des autorités de contrôle des secteurs financier, bancaire et de la concurrence. Cela suffira-t-il ? « Si le cas Parmalat nous amène comme Enron aux Etats-Unis, à faire le grand ménage, notre pays aura pris une avance sur ses voisins européens », tente de se rassurer Nerio Alessandri, le patron de Technogym, fabricant d'équipements sportifs. « Les Italiens sont habitués à ces situations de crise. Ils n'en sont pas à leur premier scandale », rappelle Carol Hainaut, économiste chez Natexis Banques Populaires. Reste que de nombreux analystes craignent que les PME-PMI fassent les frais de la suspicion des marchés. « Les entreprises vont forcément devoir fournir davantage de garanties pour obtenir des lignes de crédit », pronostique Valerio Fedeli, à la tête de MTS Group, un des leaders mondiaux des appareils sanitaires (voir encadré ci-contre).

L'impact risque d'être d'autant plus fort que le contexte politique et social s'est tendu. Après une présidence européenne critiquée, privé de son immunité parlementaire et bientôt à nouveau devant les tribunaux pour corruption de magistrats, Silvio Berlusconi fait face à des tensions au sein de sa majorité. Un remaniement ministériel est prévu d'ici à la fin du mois.

Par ailleurs, le gouvernement n'a plus que quelques jours pour trouver un accord avec les syndicats sur la réforme des retraites, qui prévoit d'allonger de 35 à 40 ans la durée des cotisations. Sans quoi, le pays pourrait se retrouver à nouveau paralysé par une grève générale et les Italiens, de fait, un peu plus déprimés.

De nombreux freins à l'investissement

Les consommateurs, d'une part, qui ont répondu présents l'an dernier, mais dont l'appétit d'achat ne sera de toute façon pas suffisant cette année pour tirer la croissance. Les chefs d'entreprise, d'autre part, qui focalisent tous les espoirs mais qui auraient de nombreux motifs à rechigner, eux aussi, à la dépense. A commencer par l'euro. « C'est notre préoccupation majeure pour 2004. Car cela nous handicape au niveau du grand export, qui représente un quart de nos ventes, mais aussi en zone euro dans la mesure où nos concurrents sont tous américains. Plus que jamais, nous nous battons via l'innovation et le de- sign », témoigne Nerio Alessandri, qui entend toutefois profiter de la force de la monnaie unique pour réaliser dans les prochains mois une acquisition outre-Atlantique. « L'Italie restant très forte dans des secteurs tels que le textile et l'électroménager, elle souffre davantage que l'Allemagne, par exemple, de la concurrence des pays à bas coûts », explique Carol Hainaut.

«Le redressement de notre économie dépend aussi de celui de nos voisins, notamment allemands et français. La zone euro absorbe en effet 75 % de nos exportations. Le hic c'est que sa reprise reste fragile», analyse, de son côté, Paolo Garonna. L'économiste en chef de la Confindustria, le Centre d'études économiques de la confédération patronale italienne, craint, en outre, que les tensions politiques n'aboutissent à l'arrêt du processus de réformes, ce qui pèserait également sur l'investissement, attendu en croissance de 3,6 % cette année.

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