L'Irlande pourrait demander une aide pour ses banques

par Lorraine Turner et Natsuko Waki

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L'Irlande pourrait demander une aide pour ses banques

DUBLIN/VIENNE (Reuters) - Ce sont les banques irlandaises et non pas l'Etat en tant que tel qui pourraient avoir besoin d'une aide financière, a laissé entendre lundi le Premier ministre du pays dans un contexte d'impatience croissante des autres membres de la zone euro, qui redoutent une contagion des difficultés de Dublin.

Brian Cowen, à la tête d'une majorité fragilisée pour sortir l'Irlande de l'une des pires crises économiques de son histoire, a déclaré que les coûts élevés de l'emprunt actuellement supportés par le pays compliquaient la tâche des banques dans leurs efforts de soutien à la reprise de l'activité.

La réunion de l'Eurogroupe programmée ce mardi abordera, parmi d'autres, cette question de la cherté du refinancement, a-t-il ajouté, répétant que Dublin, dont les besoins en liquidités sont assurés jusqu'au milieu de l'année prochaine, n'avait pas fait une demande en vue d'obtenir des fonds européens.

"Nous devons discuter avec nos partenaires (...) de la manière dont nous pouvons soutenir la stabilité bancaire et financière dans la zone euro", a déclaré Brian Cowen sur la radio publique RTE. "Si on devait avoir un tel coût de l'argent de manière permanente, les banques éprouveraient des difficultés à fonctionner comme moteurs de la reprise", a-t-il ajouté.

Dans la journée, le vice-président de la Banque centrale européenne Vitor Constancio, s'était déjà exprimé en ce sens en disant que les problèmes financiers de l'Irlande ne se limitaient pas à une crise budgétaire et que les banques étaient au coeur des difficultés du pays.

De sources au sein de l'Union européenne, on indiquait que des pourparlers étaient en cours sur un possible plan de sauvetage de l'Irlande et que Dublin envisageait de demander une aide pour son secteur bancaire. Cette option serait moins risquée politiquement que de demander une aide pour l'Etat.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a dit ensuite que l'Irlande n'avait pas demandé d'aide à l'Union européenne, en ajoutant croire en la capacité des autorités irlandaises à mener à bien leur consolidation budgétaire.

L'OPPOSITION PENSE QU'UN SAUVETAGE EST IMMINENT

Dimanche, les autorités irlandaises ont fait savoir qu'elles n'écartaient pas de solliciter une aide européenne.

Selon le journal Irish Independent, le ministre des Finances Brian Lenihan pourrait demander mardi à ses homologues de la zone euro s'il serait possible d'aider des banques auxquelles il a déjà promis 50 milliards d'euros.

Un conseil Ecofin est prévu mercredi au lendemain de la réunion de l'Eurogroupe.

Les tensions se sont un peu apaisées lundi sur le marché des dérivés de crédit dans l'anticipation d'une aide à Dublin. Le coût d'assurance contre un défaut de l'Irlande a baissé de 20 points de base, selon Markit qui suit ce marché.

Vitor Constancio a précisé qu'en cas de demande d'aide, Dublin devrait en appeler au Fonds européen de stabilisation financière (FESF), les autorités européennes n'ayant pas le pouvoir de financer directement le secteur bancaire.

"Les problèmes du secteur bancaire irlandais, comme nous l'avons vu, ne sont pas seulement des problèmes de liquidité mais aussi dans certains cas des problèmes de fonds propres pour absorber les pertes et, pour ça, la Facilité européenne serait adéquate", a-t-il dit. "Mais elle ne peut pas prêter directement aux banques; elle prête aux Etats, et ensuite les Etats peuvent utiliser l'argent à cette fin, comme cela s'est fait en Grèce."

L'opposition irlandaise considère quant à elle un sauvetage européen comme imminent.

"Je pense que l'aide européenne est en cours", a déclaré le porte-parole du Fine Gael pour les questions financières, Michael Noonan. "Je pense que le gouvernement irlandais mène un combat d'arrière-garde pour sauver les apparences, mais il y a demain à Bruxelles une réunion des ministres des Finances de la zone euro, et le jour suivant une réunion de l'Ecofin."

"Je pense que les choses vont se concrétiser dans les 24 heures", a ajouté ce représentant de l'opposition, estimant qu'un sauvetage empêcherait l'Irlande de se financer sur le marché pendant trois à quatre ans.

L'incertitude qui entoure la situation irlandaise pèse sur les marchés, a déploré pour sa part le gouverneur de la Banque d'Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez.

"Nous attendons à une réaction appropriée de la part des autorités irlandaises (...) pour calmer les marchés et apaiser les inquiétudes infondées", a-t-il dit en marge d'une conférence sur le secteur bancaire à Madrid. "La situation sur les marchés a été négative en partie par l'absence de décision de l'Irlande. Ce n'est pas à moi de prendre une décision concernant l'Irlande, c'est à l'Irlande de prendre la décision au bon moment."

Gregory Schwartz et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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