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L'Iran reconnaît avoir abattu par erreur le Boeing 737 d'Ukraine International Airlines

Simon Chodorge , , , ,

Publié le , mis à jour le 11/01/2020 À 10H20

Vidéo [ACTUALISE] Le Boeing 737 qui s'est écrasé en Iran le 8 janvier a bien été abattu par un missile iranien. Dans un contexte international tendu, l'Iran a finalement été contraint de confirmer les informations révélées par le Canada et la Grande-Bretagne.

L'Iran reconnaît avoir abattu par erreur le Boeing 737 d'Ukraine International Airlines
Le vol PS752 s’est écrasé en Iran mercredi 8 janvier, provoquant la mort de 176 personnes.
© LLBG Spotter / CC BY-SA 2.0

Une "erreur impardonnable". Le président de l'Iran Hassan Rohani a reconnu ce 11 janvier que le Boeing 737 d’Ukraine International Airlines avait été abattu par un tir de missile. Le vol PS752 s'était écrasé en Iran mercredi 8 janvier, provoquant la mort de 176 personnes. 

"L'enquête interne des forces armées a conclu que de manière regrettable des missiles lancés par erreur ont provoqué l'écrasement", a admis le président iranien. Il dit "regretter" cette "erreur impardonnable". "Une erreur humaine en des temps de crise causée par l'aventurisme américain ont mené au désastre", a écrit le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif sur Twitter, présentant ses "excuses" et exprimant ses "regrets".

Le Boeing aurait été pris pour un avion hostile se rapprochant d'un centre militaire des Gardiens de la révolution. L'Iran promet de traduire les responsables en justice.

Pression canadienne

Quelques heures avant cet aveu, le Canada avait exprimé ses doutes sur la version officielle iranienne. “Nous avons des renseignements provenant de différentes sources, notamment de nos services de renseignement et ceux de nos alliés, a déclaré Justin Trudeau, Premier ministre canadien lors d’une conférence de presse jeudi 9 janvier. Ces renseignements indiquent que l'avion aurait été abattu par un missile sol-air iranien. C’est possible que cela ait été fait involontairement.”

L’accident du vol PS752 est intervenu dans un contexte international tendu. Il s’est déroulé peu après des tirs de missiles iraniens sur des bases militaires de l’armée américaine en Irak, en représailles à l’élimination du général Qassem Soleimani. “Cette nouvelle vient confirmer la nécessité de mener une enquête approfondie”, a ajouté Justin Trudeau.

Des informations confirmées par le Royaume-Uni

Les informations des autorités canadiennes avaient été confirmées par le Premier ministre britannique, Boris Johnson. “Il y a maintenant un ensemble d’informations selon lesquelles le vol a été abattu”, a répété le cabinet de Boris Johnson.

Jeudi 9 janvier, le New York Times a également relayé une “vidéo vérifiée” qui montrerait le Boeing 737 touché par un missile. Peu après l’impact, l’avion aurait fait demi-tour vers l’aéroport avant d’exploser et de s’écraser.

L'Iran a d'abord démenti

Les autorités iraniennes ont d'abord démenti ces informations en parlant de “rumeurs” qui n’avaient “aucun sens”. “L’agence ne fera pas de spéculation sur les causes du crash”, a indiqué de son côté le NTSB, l’agence responsable des enquêtes sur les accidents aéronautiques aux États-Unis.

Les enquêteurs iraniens ont récupéré les boîtes noires du Boeing 737 accidenté mais ont refusé dans un premier temps de les transmettre aux enquêteurs américains, alimentant les doutes sur les informations iraniennes. 

Sur RTL, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a assuré que la France était "disponible" pour fournir une assistance aux autorités iraniennes afin de faire la lumière sur l'origine du crash. "Pour l"instant, nous ne sommes pas sollicités", a-t-il ajouté. D'autant plus que les moteurs du Boeing accidenté sont fabriqués par une entreprise française, CFM, co-détenue par Safran.

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