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L’Iran, épine dans le pied de Renault

Pauline Ducamp , ,

Publié le

Analyse Le groupe a provisionné 512 millions d’euros au premier semestre pour faire face à l’arrêt programmé de ses ventes dans le pays, les usines françaises de Cléon et du Mans sont touchées.

L’Iran, épine dans le pied de Renault © Albertizeme, Flickr, CC

Un an après PSA, c’est au tour de Renault de quitter progressivement l’Iran. Carlos Tavares, directeur exécutif, a annoncé que Renault avait provisionné 512 millions d’euros au premier semestre au titre de "la mise en accord des activités de Renault avec l’executive order du Président Obama". Concrètement, Renault se voit interdire ses ventes en Iran suite au durcissement des sanctions demandées en juin par les Etats-Unis.

L’an dernier, le français avait écoulé 100 783 véhicules dans le pays, essentiellement des Logan et des Mégane II. Sur un marché iranien d’un peu plus d’un million de voitures en 2012, Renault disposait d’une part de marché de presque 10%. "Cette question concerne directement le gouvernement français, n’a pas manqué de souligner Carlos Tavares. Je sais que des discussions sur ce sujet ont lieu avec l’administration américaine".

Le Mans et Cléon

En attendant un éventuel aboutissement des discussions, les conséquences sont immédiates. Les usines de pièces et éléments mécaniques françaises et européennes ont stoppé leur production à destination de l’Iran. "Plus rien ne sort des usines françaises, mais des kits sont encore expédiés avec les pièces déjà produites" a précisé Carlos Tavares.

En France les usines du Mans (Sarthe) et de Cléon (Seine-Maritime) sont concernées : la première produit des éléments de châssis, la seconde des moteurs. Le site STA de Ritz (Pas-de-Calais) qui produit des boites automatiques est aussi concerné. L’arrêt de la production en Iran affecte également les plateformes logistiques comme celle de Grand-Couronne (Seine-Maritime).

En Europe, les usines de Valladolid en Espagne, qui fabrique des moteurs, Cacia (Portugal) et Pitesti en Roumanie qui produisent des boites de vitesses sont aussi touchées, ainsi que les plateformes logistiques de Bursa (Turquie), Valldolid (Espagne) et Mioveni (Roumanie).

Production réalisée par l’Iranien Khodro

Comme PSA, Renault ne produit en effet pas directement en Iran. Le français envoie dans le pays des kits de pièces (du CKD dans le jargon automobile) qui sont assemblés sur place par son partenaire Khodro. Un certain nombre d’éléments mécaniques volumineux sont aussi produits sur place avec un partenaire local, 420 000 pièces au total l’an dernier.

"L’arrêt de l’activité iranienne ne met pas directement en péril les sites mécaniques français concernés, rappelle Fabien Gâche, délégué syndical central. Mais c’est de l’activité en moins, et dans le contexte économique actuel, ce n’est pas bon".

Pauline Ducamp

 

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