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L'Usine de l'Energie

L’iPad entre chez Cofely

Ludovic Dupin ,

Publié le

Pour optimiser le travail de ses techniciens itinérants, la filiale de GDF Suez les équipent d’outils numériques. Une opération qui valorise l’entreprise et ses employés.

L’iPad entre chez Cofely
Reliées au cloud de l’entreprise, les tablettes facilitent toutes les procédures des techniciens nomades.

Cofely compte sous ses différentes marques (Axima, Endel, Ineos, Réseaux…) des milliers de techniciens et ingénieurs itinérants. Leurs missions : mettre en place, exploiter et entretenir des outils de génie climatique, de réfrigération, de protection incendie, des réseaux urbains de chaleur et de froid, des systèmes électriques, des outils industriels… Depuis un peu plus d’un an, les métiers du groupe changent, comme en témoigne Emmanuel Fouché, le directeur délégué des services informatiques de Cofely Services en France. "Il y a une transformation digitale de nos métiers, explique-t-il. Elle va au-delà de la communication. C’est un enjeu stratégique important. Le numérique s’impose partout, y compris dans les usages personnels. Pourquoi l’entreprise ne donnerait-elle pas les mêmes possibilités à ses salariés et à ses clients " 2013 a été une année de forte accélération pour le groupe sur ce sujet. "Il y a un vrai gain de marge lié à un programme de numérisation des métiers. Grâce à des tournées programmées sur iPad, à des gestions par téléopérations, nous disposons d’outils modernes qui permettent un accroissement massif de la productivité", traduit, pragmatique, un haut dirigeant de GDF Suez.

Cette numérisation de Cofely passe avant tout par l’équipement et l’adhésion des salariés. "Ce n’est pas la technologie qui doit être au cœur du système, c’est le technicien", rappelle Gérard Norbert, délégué syndical CGT et ingénieur efficacité énergétique. "Ces technologies ouvrent des champs incroyables pour optimiser les processus le plus chronophages, les plus lourds, et en faire des opérations simples", explique Emmanuel Fouché. Un des outils de base est l’utilisation du "eDevis", un devis que le technicien remplit sur son lieu d’intervention et qu’il fait signer à son client grâce à des tablettes reliées au cloud de l’entreprise. D’ailleurs, l’accès au cloud simplifie les procédures en mobilité, comme la déclaration d’heures supplémentaires ou la demande de primes (pour salissures, par exemple). "Avant, tout passait par le papier. Aujourd’hui, tout est digitalisé. C’est un vrai confort", explique Emmanuel Fouché.

La géolocalisation repoussée par l’interne

Outre l’optimisation des process et de la productivité, Cofely constate un double avantage : une valorisation auprès des clients en se donnant une image high-tech et une valorisation de l’employé lui-même. "L’image du vieil exploitant sans outil moderne est derrière nous. L’utilisation de tablettes est très bien reçue, confirme Gérard Norbert. Même s’il faut veiller à ne pas scinder les populations entre les techniciens de haut niveau, qui bénéficient des meilleures technologies, et les moins spécialisés qui n’y ont pas accès." Pour Emmanuel Fouché, la fourniture de tablettes – issue de produits grand public fonctionnant sur iOS ou Android – donne un sentiment d’importance. Le salarié y retrouve des applications professionnelles et peut aller chercher de l’information supplémentaire sur le réseau l’entreprise. "Il a également la possibilité de l’utiliser à des fins personnelles de manière raisonnable. C’est un signe fort de confiance de l’entreprise", ajoute-t-il.

L’adhésion ne fonctionne toutefois que jusqu’à un certain point. Cofely a envisagé et amené des expériences pour mettre en place un système de géolocalisation sur les véhicules. Les tests ont soulevé l’inquiétude des itinérants. "Cette technologie a été vécue comme une perte d’autonomie. Un technicien ne compte pas ses heures. Mais il peut avoir besoin de faire une course rapide, comme passer dans une pharmacie dans la journée, en récupérant ce temps à un autre moment. Avec la géolocalisation, c’est fini", souligne Gérard Norbert. Le message a été bien reçu par la direction. "Aujourd’hui, nous n’utilisons pas la géolocalisation", tranche sèchement Emmanuel Fouché. "En revanche, ajoute-t-il, nous avons développé un outil de planification des interventions des techniciens sur site." Il s’agit d’organiser leurs tournées en fonction des adresses d’intervention. C’est de la "géo-optimisation des trajets", un élément d’autant mieux accepté qu’il s’agrémente d’une communication verte sur le thème de la réduction de l’empreinte écologique du groupe en diminuant les transports.

Nouveaux métiers autour des data

Pour bien prendre ce virage du numérique, Cofely a également développé des outils de formation. "Elle est essentielle, mais elle ne présente pas de difficulté majeure", explique Emmanuel Fouché. "Il est très facile d’apporter de tels outils à des populations de techniciens, car ce sont des amoureux de la technologie", confirme Gérard Norbert. Ainsi, beaucoup de modules passent simplement par des systèmes d’e-learning (apprentissage en ligne) ou de Start guides (guides pour commencer). "Les opérateurs téléchargent très facilement les applications dont ils ont besoin. Désormais, on “pull” (tire) l’information. On est moins dans un mode “push” (pousser). Cela n’empêche pas de mettre en place des formations présentielles", observe Emmanuel Fouché.

La numérisation des activités traditionnelles de Cofely s’accompagne aussi de l’apparition de nouvelles fonctions. Beaucoup d’outils de la gestion technique des bâtiments deviennent des objets connectés. Ils collectent d’importantes quantités d’informations qui sont remontées directement dans les bases de données de l’entreprise où elles sont traitées afin d’optimiser, par exemple, les consommations d’énergie. Cela donne naissance à de nouveaux métiers, comme les datascientists qui utilisent ces données pour optimiser le travail de l’exploitant. Aujourd’hui, cela ne représente que quelques personnes dans l’entreprise, néanmoins ces populations devraient rapidement croître. Ces spécialistes de la donnée ne sont pas nécessairement de nouveaux profils formés spécifiquement aux nouvelles technologies, mais souvent d’anciens salariés qui se montrent particulièrement sensibles aux enjeux numériques.

La digitalisation, un des virages de l’énergie

Pour Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, dont Cofely est l’une des filiales, le secteur de l’énergie européen connaît une spectaculaire transformation. Il la définit par les "quatre D". Le premier "d" porte sur la dérégulation qui a mis fin aux anciens monopoles. Le deuxième sur la décentralisation liée à l’émergence des énergies renouvelables. Le troisième désigne le déclin de la consommation. Le quatrième concerne la digitalisation. Ce dernier point souligne que l’optimisation de la production d’électricité et de sa gestion passe désormais par l’utilisation de réseaux intelligents bardés de capteurs. L’efficacité d’un système électrique européen, aujourd’hui en difficulté, passe par l’appropriation d’outils numériques nécessaires à l’organisation des nouveaux mix énergétiques et de futurs usages comme le stockage.

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