L’investissement des entreprises, signal timide de reprise

Selon l’Insee, l’investissement des entreprises devrait augmenter très légèrement en fin d’année, ce qui n’était plus arrivé depuis sept trimestres.

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L’investissement des entreprises, signal timide de reprise

C’est l’une des bonnes nouvelles de la dernière note de conjoncture de l’Insee. L’investissement des entreprises devrait rebondir au dernier trimestre, avec une petite hausse de 0,3 % sur trois mois. Il était grand temps. Cela faisait maintenant sept trimestres que les chiffres de l’investissement restaient dans le rouge.

Certes, avec ce petit 0,3 % prévu sur un trimestre (après deux trimestres de stagnation), la reprise de l'investissement reste modeste et surtout "trés graduelle" selon l'Insee. "L’investissement a rarement été le moteur de la reprise en France", reconnaît Cédric Audenis, le chef économiste de l'Insee. Contrairement à l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, où l’investissement a décroché pendant la crise, il a baissé en France relativement plus modérément. Le rebond reste surtout fragile. En août, lors de la dernière enquête de l'institut de statistique, les chefs d'entreprises avaient encore revu à la baisse leurs projets d'équipement ou de renouvellement de machines. "La production industrielle est encore à son niveau du milieu des années 1990. La reprise de l’investissement est seulement mécanique", estime Ludovic Subran, l’économiste d’Euler Hermes pour qui il ne peut pas y avoir de véritable reprise sans redémarrage des investissements.

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l'activité devrait connaître une franche accélération

Il n'empêche. Les taux d'utilisation des capacités de production ont beau être à des niveaux historiquement bas, d'autres voyants sont repacés au vert. "Depuis juillet, les investissements repartent. Le volume de crédit à long terme ré-augmente, nous le voyons à la masse de dossiers que nous avons à traiter", confirme Nicolas Dufourcq, le directeur générale de la banque publique d’investissement Bpifrance.

Le principal moteur des investissements des industriels restent les perspectives de demande. Les derniers mois de 2013 s'annoncent meilleurs pour les entreprises. "Sur la fin de l’année, l'activité devrait connaître une franche accélération. Dans les enquêtes de conjoncture, les industriels se montrent trés optimistes pour leur activité des prochains mois", analyse Cédric Audenis, le chef économiste de l’Insee. La croissance du PIB devrait atteindre 0,4 % au dernier trimestre, après une stabilisation au troisième. L'amélioration de la situation en zone euro devrait surtout doper la demande adressée aux exportateurs français.

Des freins encore nombreux

Autre moteur : le taux de marge des entreprises s’est amélioré en 2013, grâce à une augmentation des gains de productivité. De 28,2 % début 2013 – un plus bas historique – le taux de marge devrait atteindre 29,2 % à la fin de l’année. "Avec l’entrée en vigueur du crédit d’impôt compétitivité l’an prochain, on pourrait regagner encore entre 1,5 et 2 points de marge", souligne Cédric Audenis. Ce qui devrait encore venir en soutien des projets des industriels l’an prochain.

Le mouvement va-t-il pour autant se poursuivre ? L'Insee ne livre pas de prévisions au-delà de la fin de l'année. "Une vraie boîte à outil a été mise en place, avec le crédit d'impôt compétitivité ou la BPI. Si l’ensemble des mesures fonctionnent, l’investissement des entreprises pourraient être plus élevé que les 0,4 % que nous anticipons pour 2014", estime Ludovic Subran, qui a du mal à croire à une reprise rapide de l’investissement. Le gouvernement est plus optimiste. Les perspectives économiques utilisées pour bâtir le budget tablent sur un rebond "significatif" de 1,5 % de l’investissement. Un scénario rose. Du côté de l’Insee, les économistes soulignent pour autant les freins encore nombreux à l’éclaircie prévue. La demande intérieure reste encore faible et l’économie ne devrait continuer à détruire des emplois marchands.

Solène Davesne

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