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L’investissement dans l’outil de production, clé de la réussite des entreprises japonaises de tôlerie

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Dans le travail de la tôle, les entreprises japonaises, quelle que soit leur taille, investissent massivement dans leur outil de production. Deux exemples parmi les clients du fabricant de machines Amada, le très grand groupe Oki et la PME Sanko-Sangyo.

L’investissement dans l’outil de production, clé de la réussite des entreprises japonaises de tôlerie © Patrice Desmedt

Les clients d’Amada sont de tailles très diverses. Le constructeur japonais de machines pour le travail du métal a emmené un groupe de journalistes européens visiter, dans la région de Tokyo, deux usines de clients japonais, très différents l’un de l’autre. Oki, fabricant d’imprimantes, de distributeurs automatiques de billets et équipements télécoms est une entreprise historique de l’Archipel. Née en 1881, elle emploie aujourd’hui 17 500 employés. La "Mechatronics System Plant" de Tomioka, qui fabrique des distributeurs automatiques de billets, occupe un peu plus de 900 personnes. Elle assure la fabrication, le montage et le contrôle final. "Nous produisons des petites séries, explique Yoshinobu Yamanashi, le directeur de l’usine, à raison d’environ 500 produits par jour, avec une production intégrée des tôles, jusqu’au traitement de surface."

Si l’on trouve dans l’usine un certain nombre de machines Trumpf, Amada reste le principal fournisseur, avec 8 machines de découpe laser et 3 de poinçonnage, 31 pour le pliage, 12 pour le soudage et 4 pour la finition de surface. "Nous conservons au Japon les petits volumes et la production de masse est réalisée dans d’autres pays asiatiques." Pour conserver des usines au Japon, Oki investit beaucoup dans l’outil de production afin d’automatiser au maximum et utilise une main d’œuvre qualifiée pour réaliser les tâches à réelle valeur ajoutée. L’industrie a d’ailleurs de plus en plus de mal à embaucher. "Les jeunes ne veulent plus travailler à l’usine, ils préfèrent être assis dans un bureau", remarque un interlocuteur. Il faut donc, aussi, proposer des tâches suffisamment valorisantes dans l’usine… Les machines, elles, ont fait exploser la productivité. Chez Oki, de 5 pièces à l’heure dans les années 1980, la fabrication est passée à 23 pièces à l’heure avec le dernier modèle d’Amada, l’Acies T, une machine laser combinée. Elle tourne 24h/24 avec un taux d’utilisation de plus de 90%. Les machines sont reliées en réseau, avec des écrans de contrôle déportés pour la visualisation sous forme graphique de la production en temps réel.

7,4 millions d’euros d’investissement pour la PME Sanko-Sangyo

Changement de décor chez Sanko-Sangyo. La zone industrielle est moins proprette, le bâtiment ne paie pas de mine et ressemble à celui d’une vénérable PME française. "Je préfère investir dans l’outil de production plutôt que dans la décoration", reconnaît le PDG Takemi Hori, petit-fils du fondateur, qui accueille les journalistes avec l’habituel blouson de travail porté par les cadres de l’industrie. Créée en 1944, Sanko-Sangyo compte 150 employés et réalise l’équivalent de 24 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sous-traitant essentiellement pour des fabricants d’appareils électriques, elle réalise les boîtiers en tôle.

Quand on quitte la salle de réunion, qui ressemble un peu à une petite cantine de collège, c’est le choc. Les innombrables machines sont collées les unes aux autres, avec une incroyable densité. Le prix élevé du mètre carré au Japon a des répercussions sur l’organisation des usines, où chaque mètre carré est utilisé, avec pour corollaire une réflexion poussée sur les process de fabrication. Mais le plus étonnant, ce sont ces machines, parfois très récentes, qui représentent des investissements considérables pour une PME. Nous sommes largement au-dessus des normes européennes en la matière, y compris allemandes. "Nous avons investi un milliard de yens l’année dernière", explique Takemi Hori, soit près de 7,3 millions d’euros - 30% du chiffre d’affaires !

Affûtage automatique des outils

La panoplie des modèles Amada est là, pour le pliage, l’ébavurage, la découpe laser… Certaines machines sont équipées de systèmes de changement automatique d’outils dotés d’un système de lecture de QR Code. Le logiciel de gestion de production reçoit en permanence les informations sur les différents outils utilisés et leur temps d’utilisation. Il signale les besoins d’affûtage et de remplacement de l’outil pour prévenir toute panne.

La machine d’affûtage est également équipée d’un lecteur. Elle s’adapte automatiquement à la taille de la pièce et réalise exactement l’affûtage voulu, sans aucune intervention humaine. La supervision de l’ensemble des machines est assurée par le logiciel V-Factory d’Amada. Enfin, le poste de soudure en laser fibre est robotisé, avec une machine en deux parties. Le robot passe de l’une à l’autre, pour permettre à l’opérateur de placer la pièce suivante pendant que le robot travaille, ce qui maximise le taux réel d’utilisation de la machine.

Patrice Desmedt

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