Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L’intersyndicale d’Alstom se prononce contre la fusion avec Siemens

Olivier Cognasse ,

Publié le

Les syndicats d'Alstom dénoncent "un projet uniquement politique et financier, sans aucune stratégie industrielle". Et fustigent l’absence de réponse du ministre de l’Economie. Mais l'avis ne sera officialisé que la semaine prochaine. Le climat deux deux côtés du Rhin ne semble pas être au beau fixe.

L’intersyndicale d’Alstom se prononce contre la fusion avec Siemens © Alstom

Ce matin, mardi 30 janvier, les représentants de l’intersyndicale d’Alstom composée des quatre syndicats (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) distribuaient un tract pour annoncer leur verdict : un avis négatif au projet de fusion avec l’allemand Siemens qui devrait être officialisé en comité européen le 7 ou 8 février et en comité d'entreprise (CCE) le 14 février. Soit un report de huit jours sans doute expliqué par les tensions qui semblent poindre entre les syndicats français et européens sur la représentativité des salariés d'Alstom. Selon certaines sources, l'ambiance entre les deux directions serait également très tendue et un Conseil d'administration extraordinaire de Siemens est prévu cet après-midi en Allemagne.

En attendant, les syndicats ont largement argumenté leur refus. Ils rappellent que la situation financière – plus solide que celle de Siemens – ne justifie aucunement ce rapprochement. "De toute évidence, ce projet est porté par les politiques, l’entreprise n’est techniquement pas prête pour ce rapprochement. Elle n’est pas encore totalement sortie de la reconstitution de ses outils, en particulier de ses systèmes d’information, après leur cession à General Electric. De nombreux chantiers restent à mener en termes d’organisation industrielle, au risque d’une position de faiblesse face à Siemens, en particulier pour la signalisation", indique l’intersyndicale.

Elle dénonce un projet à haut risque "économiquement, industriellement, socialement". "Siemens réalise une très belle opération : prendre le contrôle du groupe Alstom, sans débourser de trésorerie, tout en consommant celle d’Alstom. C’est clairement Siemens qui sera au pilotage du futur ensemble : sur la signalisation dont le siège sera basé à Berlin, sur le matériel roulant qui aura à subir des restructurations déjà chiffrées (380 M€) pour en accroître la profitabilité et sur le Conseil d’Administration."

Le silence de Bruno Le Maire

Les syndicats ne croient pas que ce projet de fusion puisse réduire les velléités du chinois CRRC de s’attaquer à l’Europe. Ils craignent un démembrement du groupe dans quatre ans, "une fois la période de pseudo-garantie d’emploi passée." Et ils s’estiment victimes de "la condescendance actuellement affichée par les dirigeants de Siemens envers le Comité Européen d’Alstom […] un très mauvais signal adressé aux salariés d’Alstom sur la manière dont ils seront traités demain, si le projet est mené à son terme."

Enfin, ils proposent d’utiliser les participations dans les JV Energie pour envisager des rachats et renforcer l’outil industriel. "Les besoins ferroviaires sont en croissance en France et en Europe, en lien avec les enjeux de transport et de transition écologique. Ceci nécessite la mise en place d’une vraie stratégie industrielle…" Et le représentant de FO, Philippe Pillot, rappelle que le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire n’a toujours donné aucune réponse suite aux manifestations du 30 novembre à Bercy, où les employés d’Alstom demandaient des garanties sur une véritable stratégie industrielle et notamment la garantie de l’emploi. Ce silence ne fait que renforcer les doutes…

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle