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L’Institut Pasteur veut se mobiliser avec les industriels contre Ebola

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Grâce à son réseau international, l’Institut Pasteur va mobiliser une "task force" pour accélérer le diagnostic et le développement de nouveaux traitements contre Ebola. Des contacts ont été pris avec des entreprises, nous confie son dirigeant.

L’Institut Pasteur veut se mobiliser avec les industriels contre Ebola © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

C’est lui qui, en mars dernier, a identifié l’apparition du virus Ebola en Guinée, à la demande de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Depuis six mois, l’Institut Pasteur, centre de recherche à but non lucratif spécialiste de la recherche en biologie, a déployé ses équipes et ses équipements en Afrique de l’Ouest pour aider les équipes locales à diagnostiquer les nouveaux cas.

Face à la gravité et à l’expansion de l’épidémie, l’Institut a décidé de mettre en place une "task force" qui fait appel aux meilleurs chercheurs de son réseau international de 32 structures, a annoncé Christian Bréchot, son directeur général, lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 10 septembre.

"Le risque ? Aller trop vite"

Dans cette course contre la montre, l’Institut Pasteur n’entend pas limiter sa mobilisation au diagnostic. Aucun traitement ni vaccin n’a encore été cliniquement prouvé, mais l’OMS a appelé en fin de semaine dernière à accélérer les essais sur l’homme de quelques produits prometteurs. "L’Institut Pasteur doit être un acteur important pour contribuer à des essais cliniques, à des tests de diagnostic", estime Christian Bréchot.

L’institution va ainsi apporter son expertise pour mesurer la charge virale des personnes impliquées dans les différents tests qui vont être lancés en Afrique et en Angleterre, afin de mesurer l’efficacité des traitements et vaccins. Des tests sur le terrain indispensables pour le dirigeant : "Le risque, c’est d’aller trop vite".

QUATRE AXES DE TRAVAIL AVEC LES INDUSTRIELS

Interrogé par L’Usine Nouvelle, Christian Bréchot confie avoir été en contact direct avec de nombreux industriels à travers le monde. L’institut mène en effet ses propres recherches sur Ebola, avec notamment "un nouveau vaccin et de nouvelles approches de traitement", précise-t-il. Tout en appelant à la prudence : "Il va falloir un certain temps avant que ces  recherche aboutissent". Quatre axes de travail ont été définis par l’Institut, qui pourraient faire l’objet de partenariats avec des industriels : sélectionner les anticorps capables de neutraliser le virus et trouver un moyen de les produire ; travailler sur de de nouveaux vaccins ; développer de nouvelles approches de traitements, capables de  traiter le virus et la cellule qui l’héberge ; comprendre quels sont les moteurs d’évolution du virus afin d’établir de nouveaux tests de diagnostic.

Il faudra cependant faire face à une nouvelle difficulté : il vient d’être prouvé que le virus évolue rapidement. Or "la moindre mutation peut rendre un traitement inefficace", explique un chercheur. L’épidémie d’Ebola a déjà fait près de 2 300 morts, dont près de la moitié ces trois dernières semaines.

Gaëlle Fleitour

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