Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'insécurité au travail, un facteur de stress méconnu mesuré par un sondage OpinionWay

Christophe Bys ,

Publié le

L'insécurité sur le lieu de travail est un thème peu étudié. Raison de plus pour regarder de près le sondage réalisé par OpinionWay pour Horoquartz. Il en ressort un tableau inquiétant notamment pour les fonctionnaires et les salariés de l'administration de la santé et de l'éducation. La violence n'est pas si exceptionnelle qu'on pourrait le croire, notamment dans les professions s'exerçant dans des environnements ouverts. A l'inverse, l'industrie fait figure de quasi hâvre de paix. 

L'insécurité au travail, un facteur de stress méconnu mesuré par un sondage OpinionWay
Les salariés de l'industrie sont les moins inquiets quant à la question de l'insécurité sur le lieu de travail puisqu'ils ne sont que 18% à estimer qu'elle a progressé.
© Volkswagen

Etant donné l'importance du thème de la sécurité et de l'insécurité dans le débat public, il est paradoxal que cette question n'est jamais été vraiment étudiée dans le cadre professionnel. Il y a quelques années le cabinet Eleas avait produit un travail sur les incivilités sur le lieu de travail, source d'un stress au travail particulièrement fort chez les populations en contact avec le personnel. 

L'étude réalisée par Opinionway pour Horoquartz (1), une société de logiciels notamment pour gérer la sécurité des entreprises, apporte aujourd'hui un complément intéressant. Ainsi, 26% des salariés français interrogés considèrent que l'insécurité a crû sur leur lieu de travail et surtout 41 % partagent cette opinion à propos des trajets pour rejoindre leur lieu de travail. La grande majorité (67% et 55%) pense que l'insécurité est restée stable. A noter quant à la question de l'insécurité sur le lieu de travail, les salariés de l'industrie sont les moins inquiets : ils ne sont que 18% à estimer qu'elle a progressé, quand le chiffre atteint 33 % dans l'administration l'éducation et la santé et même 35 % dans le secteur des transports. 

Des perceptions et une réalité inquiétante

Sur le lieu de travail, ce sont d'abord de petites incivilités qui sont observées et citées par 54% des salariés français, devant les agressions verbales ou menaces (37%) ou le vol d'effets personnels (19%), les intrusions de personnes externes (17%) et les vols de données ou d'équipements appartenant à l'entreprise (15%). Seulement 9 % (c'est déjà beaucoup) des salariés évoquent les agressions physiques quand on leur demande le type de menaces qu'ils perçoivent sur le lieu de travail. 

Et la réalité confirme ce classement : 36% des personnes disent avoir été victimes d'insultes ou de menaces sur leurs lieux de travail, 17 % de vols et 8 % d'agressions physiques. Plus inquiétant, c'est parmi ces personnes la proportion pour lesquelles cela s'est passé plus d'un fois : elles sont 68 % pour les insultes, 39 % pour les vols et 35% pour les agressions physiques ! C'est en quelque sorte une forme de double peine : les personnes les plus victimes le sont de façon répétée. Là encore l'industrie offre des conditions de plus grande sécurité quand les salariés de l'administration éducation et santé arrivent à 48 % (pour les insultes et menaces) et 12 % pour les agressions physiques. 

Triste égalité hommes femmes 

Par ailleurs, l'étude montre qu'il n'y a pas de différence notable entre les hommes et les femmes sur ces items pour les insultes ou les menaces, tous secteurs confondus. Les hommes sont plus nombreux à indiquer avoir été victime de vols (19 % contre 15 % pour les femmes), et d'agressions physiques (10% et 7%). 

36 % des agressions physiques déclarées sont le fait d'un collègue, comme le sont 35 % des insultes et des menaces ainsi que 29 % des vols. Toutefois, une très grande partie des agressions proviennent de personnes n'appartenant pas à l'entreprise. 51 % des agressions physiques sont le fait de clients ou de visiteurs et 31 % d'intrus, par exemple. 

Des agressions traumatisantes au point de changer d'employeur

Comme on pouvait s'en douter, ces événements marquent psychiquement les victimes. Ainsi, 24 % des personnes ayant été victimes d'une agression physique considèrent cela comme traumatisant. 14 % disent de même pour les vols et 10 % pour les insultes et les menaces. Pour chaque type d'agression, il faudrait ajouter les personnes qui répondent que cela a été traumatisant mais qu'elles s'en sont remises, soit 60 % pour les agressions physiques, 57 % pour les vols et 58 % pour les insultes. 

Le résultat de ce tableau sombre est que 5 % des salariés déclarent avoir changé d'employeur à cause de ces questions. Là encore, l'industrie obtient 3 % de réponses, quand le taux monte à 7 % pour les salariés travaillant dans les transports ou l'administration, l'éducation et la santé. 

Malgré cela, 30 % des salariés interrogés considèrent que leur employeur fait peu ou pas assez pour assurer leur sécurité. Rien d'étonnant donc si 48 % des salariés souhaitent que leur employeur fasse plus d'efforts à l'avenir. La proportion atteint 62 % chez les fonctionnaires. 

 

(1) étude réalisée auprès de 2002 salariés travaillant dans une entreprise privée ou publique, méthode des quotas sur âge sexe, statut, situation professionnelle, secteur, lieu d'habitation ou taille d'entreprise. Sondage réalisée en ligne du 9 au 27 octobre 2017 avec le système CAWI. Elle peut être téléchargée ICI pour avoir les résultats complets

 

La menace terroriste dans l'entreprise aussi !

Preuve que l'entreprise n'est pas un lieu isolé du reste de la société, 23 % des salariés estiment que la menace terroriste est sérieuse dans leur cadre professionnel. Là encore les salariés de l'industrie sont les moins inquiets, puisque moins d'un sur cinq d'entre eux (17%) partage cette perception... qui atteint 34 % pour les personnes employées dans l'administration, la santé et l'éducation. Ce qui fait la différence c'est le contact ou non avec le public. Ceux qui le sont souvent sont inquiets à hauteur de 30 % contre 14 % pour ceux qui disent l'être rarement ou jamais, tous secteurs confondus.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle