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L'Usine Agro

L'Inra, pépite pour grands enjeux

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L’Institut national de la recherche agronomique planche sur les alternatives au glyphosate et, plus globalement, aux pesticides.

L'Inra, pépite pour grands enjeux
Sur la plate-forme Inra de Montpellier, la résistance du maïs à la sécheresse est testée.

Attention, terrain glissant ! Quatre jours après le vote européen qui a autorisé pour cinq ans le glyphosate, début décembre, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) remettait au gouvernement un rapport très attendu sur les moyens de se passer de cette molécule controversée. En novembre, Emmanuel Macron avait promis d’interdire en France le glyphosate « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ». L’Inra n’a eu qu’un mois pour s’attaquer à ce dossier explosif et a fourni une réponse nuancée. Son président, Philippe Mauguin, assume. Il n’existe pas de « solution miracle », mais des approches combinant agronomie (en favorisant les couverts végétaux et des cultures intermédiaires pour l’alimentation humaine), agriculture de précision et accompagnement des agriculteurs.

Des « impasses » sans alternative au glyphosate persistent : dans l’agriculture de conservation, les vignes en terrasses, comme le célèbre vignoble de Côte-Rôtie, les cultures légumières… Quelques niches qui bénéficieront probablement de dérogations. « Les conclusions du rapport scientifique ont été prises en compte », se félicite le président de l’Inra. Explorer, expérimenter et anticiper les innovations en alimentation, en agriculture et en environnement, telle est la mission du premier organisme de recherche agronomique d’Europe, connu pour avoir longtemps porté la recherche sur les OGM. Sa force ? Des laboratoires de recherche de pointe, mais aussi des capacités expérimentales.

Des trichogrammes contre la pyrale du maïs

Depuis plusieurs années, l’Inra se mobilise pour la transition vers moins de pesticides, en misant sur la sélection génétique, l’agronomie et le biocontrôle. « Nous ne recherchons pas la molécule chimique miracle », insiste son patron. Ses connaissances sur la biologie des plantes et la détection des maladies sont utilisées par l’industrie de l’agrochimie pour sélectionner des substances actives et concevoir des outils d’aide à la décision pour les agriculteurs. L’institut préfère « favoriser des méthodes de protection naturelle », en cumulant des décennies d’essais de sélection génétique pour améliorer les variétés de cultures, et chercher à contourner les gènes de résistance aux produits phytosanitaires.

Ses dernières créations ? Des plants de vigne insensibles aux maladies et aux ravageurs pour se passer de 80 % des pesticides. De l’Inra est aussi issue la solution best-seller du biocontrôle : les trichogrammes, des micro-insectes dispersés sur les champs de maïs pour détruire la pyrale. Confusion sexuelle, molécules olfactives… Les chercheurs n’excluent aucune piste. Et imaginent des semences enrobées de micro-organismes ou de microbiotes…

Bras armé scientifique de l’État, l’Inra, demain, parlera aussi machinisme, agroéquipement… « Nous avons signé un partenariat pour le rapprocher de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), qui a une véritable culture de la robotique, à l’horizon 2020, explique Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture. Afin que ces instituts ne nous apportent pas uniquement de la science pour la science, mais des solutions appliquées pour l’agriculture. Nous nous appuyons aussi sur les formations de recherche d’AgroSup. » L’Inra est en première ligne pour transformer l’agriculture française. 

1 900 chercheurs dans 17 centres

Avec 17 centres de recherche et plus de 10 000 salariés, l’Inra constitue le premier institut de recherche agronomique en Europe et le deuxième en sciences agricoles dans le monde. Les 1 900 chercheurs de cet établissement public exercent dans une centaine de disciplines scientifiques, qui concernent à 75 % la recherche en sciences du vivant (biologie fondamentale ou appliquée), à 15 % les sciences de la matière et à 10 % les sciences humaines et sociales. 

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