L'Usine Aéro

L’inquiétante hausse des risques de collisions entre drones et avions de ligne

Olivier James , , ,

Publié le

L’autorité de l’aviation américaine s’alarme des vols de plus en plus nombreux de drones à proximité des avions. Une problématique mondiale que les autorités aériennes peinent à contrer.

La question n’est plus de savoir si un drone provoquera un accident avec un avion, mais quand. Un constat très pessimiste, de plus en plus difficile à nier. Les chiffres que vient de divulguer l’Agence fédérale de l'aviation civile (FAA) inquiètent : le nombre de pilotes d’avions qui ont déclaré avoir vu circuler un drone à proximité est passé de 238 en 2014, à 650 pour la première moitié de 2015. Une conséquence directe de l’utilisation toujours plus massive des drones de loisirs dans de nombreux pays du monde.

Ces petits engins volants ne donnent pas que des sueurs froides aux pilotes américains. Loin s’en faut. Début août, le Financial Times rappelait qu’un drone avait faillit entrer en collision avec un Airbus près de l’aéroport d’Heathrow, au Royaume-Uni. Entre eux : six mètres, seulement. Entre mai 2014 et mars 2015, six incidents similaires sont survenus dans le pays. En juillet 2015, c’est en Pologne que le pire a été évité.  Un avion de la compagnie Lufthansa a frôlé un drone qui amorçait sa descente au niveau de l’aéroport de Varsovie.

La filière drone sur un fil…

Les exemples d’incidents sont déjà si nombreux que l’absence de catastrophe paraît presque miraculeuse. Ils mettent à bout des autorités aériennes qui craignent un scénario noir. La chasse à ces nouveaux pirates de l’air est déclarée !  "Quiconque pense que c’est cool de faire voler un avion sans pilote près d'un grand avion de ligne à l'approche d'un aéroport doit comprendre que... nous allons le trouver", assène un dirigeant de la FAA dans une interview donnée au Wall Street Journal.

Vrai… en partie. Si des condamnations ont été prononcées, elles ne doivent pas cacher ce que les autorités aériennes du monde entier hésitent à admettre : le risque drone aux abords des aéroports reste, et restera, très difficile à combattre. Si les pays, en particulier la France, commencent à mettre des acteurs en communs pour définir des solutions technologiques, les autorités aériennes semblent quelque peu démunies. Les avions sont conçus pour entrer en collisions avec des oiseaux, pas avec des drones…

La filière du drone civil, tout juste éclose, joue les équilibristes. Lestée d’un côté par le risque permanent d’une catastrophe qui stopperait son développement, elle doit de l’autre donner un poids idéal à sa réglementation, elle-même sources de perturbations,  pour assurer une progression pérenne. "Le drone commence à être perçu négativement", avertissait il y a peu dans les pages de L'Usine Digitale le président de la Fédération professionnelle du drone civil, Stéphane Morelli. La filière du drone civil va devoir déployer des trésors d’imagination pour assurer son avenir.

Olivier James

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2 commentaires

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19/08/2015 - 17h01 -

Les drones ne sont pas jouets. Il faut interdire la vente - on les trouve couramment dans les catalogues electroniques. Irresponsable. La France peut au moins interdire la vente en France de ces appareils.
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19/08/2015 - 10h12 -

je pratique l'aéromodélisme depuis 30 ans, je joue comme des milliers d'autres francais a faire voler (a vue) des petits avions. Vous n'avez jamais entendu parler de pb avec l'aviation civile... pourquoi ? ce hobby etat pratiqué par des techniciens qui construisaient leurs modèles quand c'etait par leur radiocommande, c'était du travail long et technique. Depuis 10 ans on a vu apparaitre des modeles reduits pret a voler destinés au "grand public" pressé de piloter mais souvent incapable de construire, regler, bricoler quoi. Cela a fait le bonheur des fabricants chinois et commerçants historiques qui ont vu croitre leur clientèle avide du moindre effort. Puis sont arrivés les multirotors (drone chez les journalistes..) des appareils capable de décoller verticalement et de se déplacer facilement avec moult assistance au pilotage (gyroscopes, accéléromètres etc). Bingo pour les magasins ! un produit peu cher, plug and play nécessitant peu d'apprentissage et capable de voler "seul", ce n'est plus de l'aviation mais de l'informatique/robotique. Le fait de pouvoir voler "seul" a ecarté les pratiquants des clubs ou le partage de connaissances, truc et des règles etait indispensable pour réussir a faire décoller ces petits avions..
On a aujourd'hui le résultat, des pratiques sauvages, individualistes, qui font l'objet de video youtubes histoire de frimer devant les copains. OU COMMENT L'IRRESPONSABILITE DE QUELQUES UN VA DURCIR LA LEGISLATION DE MILLIERS D'AUTRES POUR LE PLUS GRAND BENEFICE DES TENANTS DE LA SECURITE A TOUT PRIX. Je peux predire la suite, pratique obligatoire sur des terrains dediés a l'espace defini pour une securité illusoire. je rappelle qu'un "drone" à 500 euros peut se deplacer dans l'espace aerien SANS pilote sur ses seuls points gps programmés. Le durcissement ne changera rien pour les imbeciles mais restreindra encore un peu plus les milliers d'aeromodelistes ou pratiquants de loisir un tant soit peu responsables. merde.
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