L’innovation technologique à la rescousse des pétroles de schiste

La baisse brutale et durable des prix du pétrole a provoqué des réductions drastiques du volume d’investissements dans le secteur. Or, l’extraction de pétrole de schiste exige un réinvestissement constant dans de nouveaux forages, la durée de vie des puits étant très limitée. Pour faire mieux avec moins, les pétroliers américains se tournent vers les sociétés technologiques, à la recherche de solutions innovantes.

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L’innovation technologique à la rescousse des pétroles de schiste

« Plus que l’innovation, c’est la croissance du nombre d’acteurs capables de forer des puits » qui maintient actuellement le volume de production dans les pétroles non-conventionnels américains. « Ainsi que la fracturation secondaire, qui permet d’essorer les puits existants », affirmait Jean-François Hénin, président de Maurel & Prom lors d’une rencontre avec quelques journalistes à l’occasion de la publication des résultats annuels de la société pétrolière française, fin mars à Paris. Et d’ajouter : « Mais si les conditions économiques ne permettent plus de forer, la production s’écroulera en un an (deux ans pour la production secondaire) ».

Augmenter le taux de succès des forages

De nombreux travaux de recherche sont néanmoins en cours d’expérimentation. GroundMetrics, une spin-off du département recherche du ministère américain de la Défense, utilise ses capteurs électromagnétiques pour détecter les mouvements de fluides dans les puits géothermique et, plus récemment, dans les huiles de schiste. Une technique qui permettrait, selon la société, une réduction de 10% des forages en augmentant le taux de succès.

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Réduire la consommation d’eau

Parmi les autres pistes de recherche, une réduction drastique de cette consommation d’eau dans la fracturation. Eau qu’il faut ensuite traiter (élimination des particules solides et hydrocarbures, et désalinisation) pour un coût compris, selon Total, entre 1 et 12 dollars par baril d’eau. Un puits consomme actuellement quelque 15 000 m3 d’eau, soit 1 500 m3 par fracturation, sachant que les opérateurs procèdent à 5 à 10 fracturations par puits. eCorp Stimulation Technologies, par exemple, propose une solution de fracturation au propane non-inflammable, une forme fluorée du gaz (de l’heptafluoropropane) utilisée entre autres dans les inhalateurs pharmaceutiques. Le gaz peut ensuite être récupéré à la sortie du puits et ré-injecté, pour une utilisation en circuit fermé qui évite sa libération dans l’atmosphère. Moins heureuse, la société canadienne de Julien Balkany, Gasfrac, qui proposait un système de fracturation sans eau (à base de GPL gélifié), a récemment été placée en redressement judiciaire.

Allonger la durée de vie des puits

Chez Baker Hugues, géant des services pétroliers récemment racheté par Halliburton, on reconnaît que les clients demandent de plus en plus des solutions permettant d’améliorer l’efficacité de leur puits existants. « Depuis le début de l’année, nous avons constaté une augmentation massive de nos échanges avec les clients », confirme le vice-président technologie intégrée Hans-Christian Freitag à l’agence Reuters. Baker hugues travaille particulièrement sur l’augmentation du rendement des fracturations secondaires de puits vieillissants.

La techno spatiale au service du pétrole

A Houston, Core laboratories a développé le Kodiak enhanced perforating system, qui creuse et fracture la roche en une seule opération, en utilisant des cartouches emplies d’un carburant solide habituellement destiné à la propulsion des fusées. Core laboratories affirme à Reuters que les demandes des pétroliers pour son produit ont bondi dernièrement.

Certes, en quelques années le délai d’entrée en production d’un puits est passé de 40 jours à 6 seulement. Mais les attentes – voir la technologie pallier la baisse de rentabilité et préserver les emplois dans cette industrie – sont sans doute trop élevées. Ces dernières années, les opérateurs des huiles non-conventionnelles se sont montrés un peu optimistes sur les retombées des innovations technologiques en cours.

Myrtille Delamarche

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