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"L’innovation et l'engagement environnemental portent la filière lin textile"

Franck Stassi , ,

Publié le

Entretien Du 23 mai au 5 juin à Paris, le quartier du Marais, haut-lieu de la mode, se met aux couleurs du lin à travers une opération, Ultra Lin, rassemblant 150 marques et enseignes. Il s’agit, pour la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC), qui l’organise, de promouvoir les usages textiles du lin, et de présenter ses dernières innovations. A cette occasion, la directrice de la CELC, Marie-Emmanuelle Belzung, explique à L’Usine Nouvelle les enjeux industriels de cette filière en plein essor.

L’innovation et l'engagement environnemental portent la filière lin textile © Confédération européenne du lin et du chanvre

Comment la filière lin accompagne-elle les usages textiles?

Marie-Emmanuelle Belzung – La filière répond à une demande sociétale de traçabilité, garantie par le label européen European flax, qui inclut une charte signée par l’ensemble des producteurs européens : zéro OGM, zéro irrigation, zéro défoliant, zéro déchet. BVA et Deloitte ont montré qu’acheter une chemise en lin à la place d’une chemise en coton, c’est faire l’économie de 13 bouteilles d’eau. Il s’agit, de plus, d’une filière de proximité : les produits viennent de régions proches des consommateurs, sur un axe Caen-Amsterdam. D’autre part, la filière est portée par l’innovation : le lin est le plus ancien textile au monde, depuis -38000 avant JC. Il y a des innovations semencières et culturales (portées par Arvalis), des innovations techniques, et des innovations sur les textiles.

De quelle manière le lin textile pourrait-il gagner de nouvelles parts de marché?

Le premier levier est l’innovation, avec comme constante le développement durable. Depuis quelques années, on gagne en croissance grâce au développement de nouveaux marchés géographiques. Au Japon, le lin est plébiscité pour ses propriétés écologiques et pour ses capacités thermorégulatrices – ils sont dans une économie d’énergie. Le marché chinois est lui en expansion, essentiellement à l’aide de marques internationales, tout comme celui de l’Inde, sur des filières intégrées à 100%. Le marché est y essentiellement porté sur la mode masculine. Le premier groupe de distribution indien, Raymond, propose une quinzaine commerciale du lin. Le conglomérat Adtya Birla, avec son concept et sa marque Linen Club, a quant à lui fait un travail de pédagogie (publicité télévisée, magasins sur l’ensemble du territoire, collection de vêtements dédiée…) Ce groupe a une offre sur-mesure, et une offre de produits finis.

Les acteurs de la filière travaillent-ils pour rendre ce matériau plus simple à l'usage et plus accessible?

On a pour habitude de dire que le beau lin se froisse joliment, et c’est pour ça que l’on voit, en Italie, de beaux plis sur les vêtements. Ce qui permet de contourner cette froissabilité, ce sont le lin lavé et la maille de lin. Le lin lavé, qui produit un froissé "naturel", notamment en linge de maison, a remis le lin au goût du jour. Le lin n’est plus associé à la notion de drap raide. La deuxième innovation majeure de ces sept dernières années est la maille de lin. Le tee-shirt de lin est dans toutes les gammes, dont celle de Petit Bateau et de Cyrillus par exemple. Toutefois, plus le produit est haut de gamme, plus il est cher. Nous évoluons sur un marché moyen-haut de gamme, ce qui est assumé : dès lors que l’on a décidé d’accompagner une filière européenne, c’est nécessaire.  

Propos recueillis par Franck Stassi

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