L’innovation en pleine ébullition

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Dossier Longtemps cantonnée aux équipes de R&D, l’innovation s’étend aujourd’hui à l’ensemble des collaborateurs et services de l’entreprise. Au même titre que la performance industrielle, elle est un facteur clef de succès pour se différencier de la concurrence, créer de la valeur et conquérir de nouvelles parts de marché.

L’innovation en pleine ébullition

« L’innovation, ce n’est pas une opération gagnante sur un seul coup. Elle doit être répétitive. Il est nécessaire d’instaurer un cercle vertueux, un process collaboratif agile pour se réinventer en permanence » explique Philippe Portenseigne, directeur conseil du management de l’innovation au sein du Groupe Zebra. 41 entreprises françaises font aujourd’hui partie du Top 1 000 des sociétés mondiales qui investissent le plus en R&D. Parmi celles-ci figurent les groupes Saint-Gobain, Valeo, Safran, Dassault, Michelin, PSA, Total et L’Oréal. Si l’innovation a toujours été un levier clef pour pouvoir se démarquer de la concurrence, son importance s’avère désormais capitale pour accompagner la digitalisation des outils de production et marquer sa différence. Pour faire face à la révolution numérique en cours dans les usines et rester en pole position, les grands groupes doivent multiplier leurs efforts et aller plus loin en matière d’innovation. « Jusqu’à présent, les industriels innovaient avec leurs propres équipes. Aujourd’hui pour trouver une rupture, il faut aller plus vite et franchir de nouvelles marches. Les entreprises ont besoin d’innover en même temps dans le numérique, les matériaux, les processus 4.0, l’énergie renouvelable, les objets connectés, dans la mise en place de systèmes cyber physiques (c’est-à-dire des systèmes communicants accueillant de l’électronique, du logiciel, des capteurs et des actionneurs) pour augmenter leur plus-value et élargir leur chaîne de valeur. Or, l’acquisition de ces nouvelles compétences et de ces nouvelles briques technologiques est souvent coûteuse. Le rôle du CEA est de permettre à tous d’avoir accès à des briques et des plates-formes qui leur permettront de maîtriser les technologies à moindre coût, sachant que le CEA couvre un spectre très large de technologies » précise Jean-Michel Goiran, porte-parole de CEA Tech.

Le rôle prépondérant de l’Innovation Ouverte

Pour booster leurs innovations, les industriels sont de plus en plus nombreux à faire appel à l’innovation ouverte ou Open Innovation, dont le terme est apparu au début des années 2000. Selon son inventeur, Henry Chesbrough, enseignant et chercheur à Berkeley : « L’innovation ouverte est l’utilisation de flux de connaissances sortants et entrants pour accélérer à la fois l’innovation interne et le marché des usages externes de l’innovation. Le paradigme de l’innovation ouverte peut être compris comme l’antithèse du modèle traditionnel d’intégration verticale où les activités internes de la R&D conduisent à des produits développés en interne qui sont ensuite distribués par l’entreprise ». Le groupe d’ingénierie mondial Segula Technologies a clairement identifié les avantages procurés par l’innovation ouverte pour sourcer et maîtriser l’innovation.

Considérant l’innovation comme un moyen d’atteindre l’excellence opérationnelle, il lance cette année son dispositif d’accélération de start-up avec un challenge prévu en septembre prochain. L’idée est de déceler des pépites dans ses domaines d’exploration et ses métiers. Segula a signé il y a deux ans un premier partenariat avec la start-up Diota spécialisée dans la réalité augmentée (RA). Les autres thématiques qu’il développe concernent principalement la mobilité, la digitalisation des usines, la réalité augmentée, l’Intelligence Artificielle (IA), la fabrication additive, la maintenance prédictive…

« Le rapprochement avec Diota nous a permis d’« économiser » plus de cinq ans de développement pour atteindre notre actuelle position compétitive sur le marché de la RA. Nous sommes également en pourparlers avec ASYSTOM pour nous positionner sur le domaine de la maintenance prédictive. À partir du moment où on accélère notre innovation, on prend de l’avance sur nos concurrents » résume

Stéphane Parpinelli, le directeur Open Innovation chez Segula.

De son côté, le CEA, déjà impliqué dans un très grand nombre de programmes collaboratifs, va mettre en place courant 2020 à Grenoble un nouvel outil à disposition des industriels dédié à l’Open Innovation. « Baptisé Y.Spot, ce futur espace va aider la créativité des entreprises. Ce sera un lieu pour aider un industriel dans son processus d’innovation où nous pourrons identifier les verrous technologiques, sélectionner les briques et mettre en place avec lui une filière industrielle. L’idée est également d’associer différentes technologies et différents partenaires pour aller plus vite. Ce sera un endroit où le CEA partagera ses expertises. Les enjeux aujourd’hui pour la filière industrielle française sont de pouvoir partager ensemble le champ des possibles en matière de technologies et montrer aux industriels le potentiel d’innovation existant pour les convaincre que l’innovation de rupture est à leur portée » précise Jean-Michel Goiran du CEA Tech.

Concours et appels à projets pour déceler les plus belles pépites

Les concours de start-up financés par des groupes ou des pôles de compétitivité se multiplient afin de déceler les plus belles innovations et créer de nouveaux partenariats, à l’image de la Cosmetic Valley qui prévoit d’accueillir un espace Open Innovation au sein de son salon Cosmetic 360 dédié à l’industrie des cosmétiques et de la parfumerie qui se déroulera les 16 et 17 octobre prochains. L’objectif est de favoriser les rencontres entre les jeunes pousses et les géants du secteur en organisant un appel à projet à destination des startup.

Les candidates sélectionnées pourront bénéficier d’un entretien de trente minutes afin d’envisager de futures collaborations. Pour être éligibles, elles devront agir dans le domaine de l’innovation en parfumerie-cosmétique au sens large (matières premières, formulation packaging, service, distribution, marques…).

Pour Marc-Henri Menard, Président du cabinet BT2i (Business & Technology Intelligence of Innovation) dont le métier est la mise en relation sécurisée de l’offre et de la demande d’innovation au niveau international, « L’innovation ouverte, c’est la possibilité de gagner du temps en s’appuyant sur des laboratoires de recherches académiques, voire des start-up qui ont réalisé les premières étapes du développement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle application. Il est essentiel de mettre en place une veille active. BT2i a des outils et des réseaux dans différentes régions du monde et notre mission est de faire remonter en avance de phase ces pépites que nos clients industriels recherchent à l’extérieur de chez eux ».

Souvent distancés par les startup plus rapides dans la mise en œuvre de projets disruptifs et plus audacieuses dans leurs prises de risques, les grands groupes, PME et ETI sont désormais contraints de s’ouvrir à des collaborateurs ou à des compétences externes pour éviter de se retrouver tôt ou tard hors-jeu. L’un des autres moyens qui s’offrent à eux consiste à participer à des laboratoires communs et à rejoindre des pôles de compétitivité. EIF innovation, qui s’est spécialisée dans le financement des projets à travers le Crédit Impôt Recherche (CIR) mais également dans un accompagnement global de l’innovation, favorise ainsi la mise en place de partenariats avec ses clients et d’autres acteurs. La société a notamment accompagné son client, le chauffagiste ELM Leblanc (groupe Bosch) pour la mise en place du programme de R&D Iron-Men qui associe l’institut Mines Télécom, Immersion Technologies et Adecam Industries. Mené dans le cadre de l’Appel à Projets Grands Défis du Numérique financé par BPI France, ce projet vise à placer la réalité augmentée au cœur de l’usine de demain pour assister « efficacement » les opérateurs de production. « Outre un accompagnement pour trouver les sources de financement adéquates, nous aidons les entreprises à identifier et à se rapprocher des bons partenaires pour leur permettre de réussir leur projet » indique Sébastien Pichon, le directeur innovation d’EIF Innovation.

Culture de l’innovation pour transformer l’entreprise

Même si elle constitue un levier fort pour multiplier les opportunités d’innovation et amener cette disruption qui fait défaut à certains grands groupes, l’Open Innovation ne reste toutefois que l’un des leviers qui pourra contribuer à mettre sur le marché les innovations adaptées à la demande.

Outre l’aspect technologique, d’autres modes disruptifs sont mis en place par les entreprises pour se démarquer, sachant que l’audace et l’agilité sont l’apanage des entreprises innovantes. Pour innover, l’entreprise doit également développer au sein de ses équipes une culture de l’innovation, améliorer les processus, intégrer l’ensemble des salariés dans sa stratégie. « Historiquement, l’innovation était majoritairement confiée à la R&D. De nos jours, elle n’est pas une finalité en soi. La seule finalité c’est la transformation. Il s’agit de transformer les business models, les méthodes de travail, ainsi que les façons d’interagir avec les environnements. C’est un enjeu de stratégie en termes de business, d’ambition, de management et de ressources humaines. L’innovation, c’est quand on est amené à créer quelque chose de nouveau qui a une valeur ajoutée durable pour une ou plusieurs parties prenantes de taille significative (interne ou externe) » prône François Hot, manager Innovation Collaborative de la Branche Marketing & Services du groupe Total. Selon lui, il faut faire naître la créativité, l’un des outils qui favorise la culture de l’innovation et entraîne la notion d’intelligence collective. C’est d’ailleurs pour pouvoir mieux structurer l’innovation qu’il a contribué à l’élaboration de la nouvelle norme Iso 56 002 publiée dans le courant de cet été en tant que président de la commission française de normalisation « CN INNOV ».

Intégrer tous les salariés dans le processus

Les groupes sont de plus en plus nombreux à impliquer l’ensemble de leurs collaborateurs dans leur transformation et leur stratégie d’innovation. Le leader mondial du petit électroménager, Seb en est un exemple type. Le groupe français a impulsé il y a 5 ans le projet All Innovators dans quelques-uns de ses sites français avant de l’étendre ensuite à l’ensemble de ses usines. « Tous nos collaborateurs peuvent proposer des idées qui seront ensuite sélectionnées et retenues si elles sont pertinentes.

Le salarié qui a émis l’idée lauréate peut alors suivre l’évolution du projet qu’il a impulsé. Nous sommes aujourd’hui sur le point de concrétiser les premiers projets » annonce Philippe Crevoisier, Directeur Général Produits et Innovation du Groupe SEB.

Pour mieux impliquer son effectif dans sa transformation, le groupe a également lancé en mai dernier un nouveau plan d’actionnariat salarié. « Pionnier dans la mise en place de l’intéressement aux résultats et de la participation, le Groupe SEB souhaite continuer à associer ses collaborateurs à ses performances et à son développement, dans une optique de long terme. Ce nouveau plan d’actionnariat salarié leur permettra de conforter leur place dans le capital, aux côtés des actionnaires historiques » indique Thierry de La Tour d’Artaise, Président Directeur Général du groupe. SEB, dont le campus innovation est installé à Ecully au sein de la métropole lyonnaise, investit chaque année 247 millions d’euro dans l’innovation. Il a déposé depuis sa création un peu moins de 500 brevets. « L’innovation est l’un des axes majeurs de développement du groupe. L’idée d’innovation est étroitement liée à l’idée du consommateur. Comment peut-on aider le consommateur ? C’est la question centrale à laquelle nous essayons de répondre. Par exemple pour des produits sur lesquels le consommateur est le moins impliqué comme le repassage ou le nettoyage des sols, nous allons opter pour des solutions de robotisation ou des applications plus automatisées. Sur les produits cuisine ou beauté, nous aborderons des aspects plus culturels, émotionnels ou affectifs. Le développement de produits intégrant des solutions digitales ou de produits s’inscrivant dans une démarche de développement durable voire de biens personnalisés sont aussi des tendances qui répondent aux besoins des consommateurs » explique Philippe Crevoisier.

Pour aborder ces nouvelles demandes et attentes du consommateur, le groupe a recruté ces dernières années autant de spécialistes de sciences humaines (sociologie, ethnologie…) que d’ingénieurs et de scientifiques. « Toutes les sources potentielles d’innovation doivent être utilisées, que ce soit notre personnel, nos partenaires, les start-up » insiste le directeur Innovation. Actuellement, SEB planche sur une cinquantaine de projets ouverts. Il vient également de signer un nouveau partenariat avec l’École Centrale de Lyon qui prévoit notamment la mise en œuvre d’actions communes autour de l’incubation avec le lancement, dès la rentrée 2020, d’une première expérimentation d’accompagnement conjoint de start-up volontaires.

De son côté, L’Oréal mise également sur la créativité de son personnel. Dans ce cadre, le groupe cosmétique a lancé en janvier dernier un appel à projets, auprès de ses collaborateurs (industrie & supply chain) présents sur les sites de la région EMEA (Europe – Moyen Orient – Afrique) qui a rassemblé plus de 160 idées. Pour soutenir ce vivier, il a créé le MYT (Make Your Technology), un incubateur de technologies 4.0 dédié à l’industrie et à la supply-chain du futur qu’il a inauguré à Aulnay Sous-Bois à la fin du printemps dernier. « Le MYT a pour vocation d’encourager l’innovation technologique en interne, pour identifier, développer et implanter des idées grâce aux nouvelles technologies 4.0, tout en formant les équipes aux méthodes agiles (idéation – incubation – accélération) » annonce le groupe.

Ce sont d’ores et déjà 14 équipes de 5 nationalités différentes et venant de 12 sites européens de L’Oréal, qui ont intégré le MYT en avril dernier pour développer leurs projets en deux phases (incubation, puis accélération).

Nouvelles approches et propriété industrielle

Du côté des usages, les nouvelles technologies font émerger de nouveaux business model et de nouvelles approches. En s’appuyant sur l’expérience utilisateur (UX Design), les équipes Recherche Innovation vont pouvoir optimiser les nouvelles applications qu’ils comptent développer. « L’idée est d’aller voir les utilisateurs avant même de concevoir le produit pour déceler les points de frictions et concevoir une solution adaptée aux utilisateurs. Nous réalisons, entre autres, des ateliers de co-conception réunissant des équipes pluridisciplinaires avec des collaborateurs issus des différents services de l’entreprise », précise Clément Driollet, co-dirigeant de la société Pigwii, qui conseille aussi bien des grands groupes que des start-up.

« Manager l’innovation, c’est être en capacité d’innover régulièrement et de varier les types d’innovation. Au-delà de l’innovation technologique, les entreprises doivent être capables d’innover par les services, dans leur organisation, d’envisager de nouveaux business model… Tout cela est possible en mettant en place les meilleures pratiques. C’est là qu’est notre cœur de métier » argumente de son côté, Johan Claire, du cabinet Innovation Way, qui a également participé à l’élaboration de la nouvelle norme Iso sur le Management de l’Innovation.

L’innovation bien maîtrisée permet de créer des emplois et de la croissance comme c’est le cas pour Segula qui a un plan d’embauche de 4 700 ingénieurs et techniciens sur2019. Mais la notion de propriété industrielle (PI) reste cependant fondamentale pour ne pas laisser filer à l’extérieur le fruit de ses efforts. « Avant de communiquer ou de présenter un nouveau produit ou une nouvelle application, il faut anticiper pour protéger les talents. Même si de plus en plus de sociétés en sont conscientes, les start-up ont souvent tendance à vouloir aller trop vite et de ce fait vont dévoiler trop en amont leurs nouvelles innovations. En effet, dès qu’il y a eu divulgation, il est impossible de les protéger en déposant un brevet » avertit Valérie Feray, PDG d’Ipsilon cabinet de conseil en propriété industrielle. Ce dernier a notamment développé une approche spécifique pour les start-up qui n’ont pas toujours les moyens de s’entourer de collaborateurs spécialisés en propriété industrielle avec des prestations et des tarifs adaptés. Il a également signé plusieurs partenariats avec des incubateurs dont CentraleSupelec à Saclay et HEC Station F avec lesquels il organise des journées de sensibilisation et des workshops. Selon le CEA, les différentes normes sur le management de la PI diffusées ou en cours de préparation (ISO) mettent en avant le rôle de coordination de la PI plutôt que son rôle d’incitation.

Ainsi, le « Management de la propriété intellectuelle » correspond à la capacité de la PI à structurer la recherche et développer des partenariats. « La PI est en quelque sorte l’outil de structuration de l’innovation ouverte (la recherche collaborative). Ainsi le CEA, conformément aussi au benchmark international et aux études de la science de l’économie de l’innovation, utilise la PI d’abord pour son rôle de coordination de ses collaborations de recherche avec les industriels. Bien entendu, le rôle d’incitation (les redevances) reste important puisque les revenus supplémentaires ainsi gagnés sont réinjectés dans les programmes de recherche. Ils permettent de prendre en charge les frais de PI et d’inciter les chercheurs par l’intermédiaire des primes d’intéressement à l’exploitation des résultats qu’ils ont obtenus. Les deux rôles de coordination et d’incitation sont par ailleurs indissociables : plus de 80 % des redevances perçues par le CEA correspondent à des licences vers des industriels avec lesquels il avait collaboré auparavant sous la forme d’accords de R&D » explique Michel Neu, Expert International CEA, Propriété Intellectuelle et Transfert de Technologie, Président du Groupe de Travail Juridique de l’Association Européenne des Organisations de Recherche et de Technologie (EARTO).

Espionnage industriel et cybersécurité

L’espionnage industriel est également un risque à prendre en compte par les entreprises innovantes. Ce phénomène a récemment fait la une de la presse internationale avec l’attaque informatique « Cloud Hopper », attribuée par les Etats-Unis et certains de leurs alliés à des pirates travaillant pour le ministère chinois de la Sécurité d’État. « Cloud Hopper » aurait touché au total huit grands groupes technologiques dont HP, IBM et Fujitsu. Avec l’explosion des outils digitaux et connectés qui augmentent la vulnérabilité des entreprises et face aux risques que fait planer l’espionnage industriel, la cybersécurité et la protection des données deviennent aujourd’hui des données fondamentales qu’il faut savoir intégrer pour protéger son innovation. Pour faire face à ces nouvelles tendances, la société de gestion de fonds ACE Management, présente dans les secteurs de l’aéronautique et du maritime, vient de boucler un premier closing de 80 millions d’euros pour son fonds d’investissement Brienne III, le premier du genre à être dédié à la cybersécurité. Le tour de table a réuni Bpifrance, la Région Nouvelle-Aquitaine, Naval Group, EDF et Sopra Steria qui ont apporté 40 millions d’euros. Les 40 millions d’euros restants ont été financés par Tikehau Capital, le propriétaire d’Ace Management.

Cette levée de fonds permettra de financer la stratégie de croissance externe de start-up proposant des technologies de sécurisation numérique. L’objectif est de contribuer au développement de nouvelles technologies de lutte contre le risque croissant des cyberattaques et d’éviter que les sociétés françaises spécialisées dans le domaine ne filent entre les mains de firmes étrangères.

La cybersécurité est également l’un des axes de travail qui a été évoqué dans le manifeste signé au début de cet été par 8 industriels français de dimension mondiale (Air Liquid, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran, Thalès, Total et Valeo) dans le cadre de la stratégie AI for Humanity du Gouvernement

français. « Face à l’accélération de la transformation digitale, dans un environnement soumis à une forte concurrence internationale et à des impératifs croissants en matière de cybersécurité, les signataires appellent à des actions coordonnées, d’abord entre industriels, puis entre industriels et académiques, et entre industriels et décideurs politiques » annoncent les signataires du document. Ces derniers sont en train de réaliser un diagnostic commun partagé avec les décideurs politiques pour définir d’ici la fin de cette année un plan d’action coordonné. L’objectif est de réunir l’ensemble des acteurs, publics ou privés, qui partagent la même vision stratégique de l’IA. « La recherche technologique est une étape incontournable du processus d’innovation. C’est l’un des maillons de la chaîne de création de valeur. Notre modèle protège collectivement l’industriel partenaire et le CEA contre d’autres acteurs qui empêcheraient le développement de nouvelles filières en protégeant mieux leurs idées » avertit Frédéric Biron, du CEA tech.

 

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