L’innovation accessible, pour un Noël 2013 made in France

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L’innovation accessible, pour un Noël 2013 made in France

639 euros. C’est en moyenne ce qu’ont dépensé les français pour leurs repas et cadeaux de Noël, d’après une étude Deloitte. Cela représente 0,7% de plus que l’année dernière, alors que cette enveloppe n’avait cessé de diminuer depuis 2007. La consommation repartirait-elle ? La France sortirait-elle de la crise ?

D’autant que cette masse financière a majoritairement bénéficié à l’économie hexagonale. En effet, selon le sondage OpinionWay pour Altimarket publié ce mercredi 26 décembre, 55% des Français ont favorisé l’achat de cadeaux "made in France" pour Noël. C’est sans doute l’un des effets positifs de l’omniprésence d’Arnaud Montebourg depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Le martelage du "made in France" porterait donc ses fruits. Un tiers de nos concitoyens soutiennent ainsi la proposition du ministre du Redressement productif de mettre en place des rayons "made in France" dans les magasins. Mais sur les 1054 personnes interrogées par OpinionWay, 47% réclament aussi que ces produits soient moins chers. Une chose est certaine : pour faire l’objet du choix des Français, le made in France doit se rendre accessible à des consommateurs qui placent toujours leur pouvoir d’achat en tête de la liste de leurs préoccupations.

Pour cela, attention aux fausses solutions. Quelques jours avant Noël, j’ai reçu dans ma boite email une publicité m’invitant à acheter une montre en leasing. Je pouvais, grâce à cette offre et moyennant 398 euros d’apport, payer 34 euros par mois pendant 60 mois pour porter au poignet une montre d’une valeur de 2000 euros. Mais ce qui n’était pas écrit c’est qu’en ajoutant les intérêts (10% par an) l’objet me reviendrait à près de 2500 euros. Valorisant pour mon égo mais très mauvais pour mon pouvoir d’achat.

A l’avenir, que me proposera-t-on à crédit (car il s’agit bel et bien d’un crédit) ? La démarche est compréhensible pour un logement ou une voiture, qui nécessitent des sommes que seule une faible part de la population possède à un instant t. Elle ne l’est pas pour une montre et ne le sera pas pour une machine à laver, un téléphone, un repas… Et quelles nouveautés les marketeurs inventeront-ils pour permettre au consommateur lambda de vivre au-dessus de ses moyens ?

La solution de relance de la consommation ne se trouve certainement pas dans ces "facilités de paiement". Aurions-nous déjà oublié les ravages causés par l’apparition des crédits revolving ? Non. Pour que l’année prochaine encore, les Français dépensent davantage pour les fêtes et favorisent le made in France les inventions ne doivent pas venir des services de marketing mais des laboratoires de R&D. Il faut que notre industrie propose des produits meilleurs que ceux venant de l’extérieur et à des prix compétitifs. Il faut qu’elle les propose également à l’export pour gagner des parts de marché, y compris dans les pays émergents... tout en faisant de la marge. Il lui faut entrer dans le cercle vertueux rentabilité-bénéfices-investissement. Comment amorcer la pompe ?

L’innovation, présentée comme la solution absolue depuis des années, ne suffit pas. 2012 l’aura montré, l’autre maître mot de la sortie de crise est "compétitivité". Pour que les français regagnent du pouvoir d’achat il faut qu’ils soient mieux payés. Pour qu’ils soient mieux payés, il faut que les entreprises qui les emploient fassent de la marge. Pour que ces entreprises fassent de la marge il faut qu’elles prennent le chemin de l’innovation accessible : qu’elles proposent des produits originaux et performants tout en maitrisant les coûts. Bien sûr, il faudra ensuite que ces entreprises jouent le jeu de la redistribution afin que les employés bénéficient des revenus engendrés. Elles le feront, ne serait-ce que pour attirer les talents.

La campagne présidentielle a remis l’industrie sur le devant de la scène médiatique. A L’Usine Nouvelle, nous sommes ravis de ce regain d’intérêt. Et si nous sommes convaincus que l’avenir de l’industrie ne se joue pas à Florange, nous le sommes tout autant que seul un pays à l’industrie forte peut donner aux particuliers qui l’habitent les moyens de consommer. Je compte donc autant sur les politiques que sur les entreprises pour qu’à l’approche de Noël prochain, les rayons "made in France" des magasins soient remplis d’innovations accessibles.

Charles Foucault

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