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L'Usine Aéro

L'ingénieur de l'année est... Didier Evrard, directeur du programme A350

Olivier James , , ,

Publié le

Didier Evrard est monsieur A350. Le directeur de ce gigantesque programme d'Airbus a reçu le prix de l'ingénieur de l'année, ce mercredi 4 décembre, lors de la dixième cérémonie des prix des ingénieurs de l’année organisée par L’Usine Nouvelle et Industrie & Technologies. Découvrez son parcours exemplaire, et son modèle.

L'ingénieur de l'année est... Didier Evrard, directeur du programme A350 © Dominique Delpoux

"Vous pourriez croiser vos bras", demande le photographe. Réponse de Didier Evrard, rieur : "Il ne faut pas rester les bras croisés pour faire l'A350 !" L’homme souriant qui se tient debout dans son sobre bureau à Toulouse, décoré de quelques plantes et de maquettes d’avions, mène le plus grand programme européen de hautes technologies actuel, l’A350, un projet ultra-stratégique pour Airbus et tout un pan de l’industrie française. Un long-courrier dont le développement industriel accapare sur sept ans plus de 10 000 ingénieurs pour un coût dépassant les 10 milliards d’euros. Cet ancien élève de l’École centrale de Lyon et de Sup’Aero a assisté en juin, un mois avant de fêter ses 60 ans, "avec fierté" au premier vol de l’appareil à l’aéroport de Toulouse-Blagnac où est implanté l’avionneur européen.

"Didier Evrard a de grosses pressions sur les épaules, mais travaille sans faire de bruit, en toute discrétion", témoigne Françoise Vallin, déléguée syndicale CFE-CGC d’Airbus. En 2007, il prend les manettes de l’A 350 en période de troubles : problèmes à répétition avec l’A 380, lancement du plan de restructuration Power 8, réforme de la gouvernance d’EADS… Pour couronner le tout, le projet A 350 change en cours de route et intègre une part record de matériaux composites. Comment cet ingénieur peu expansif, extérieur au groupe Airbus, s’est-il retrouvé à la tête d’un projet d’une telle ampleur et aussi exposé "Un choix risqué", admet même le principal intéressé. "Au début, les gens ont été stupéfaits qu’on ne choisisse pas un airbusien, raconte Louis Gallois, commissaire général à l’investissement. Il n’avait jamais travaillé sur un avion durant sa carrière et nous le nommions à la tête du programme le plus difficile jamais réalisé !" C’est pourtant Louis Gallois, alors patron d’EADS, qui nomme Didier Evrard responsable du programme.

L'ingénieur qu'il admire

Marcel Dassault. Ingénieur et entrepreneur, il a su allier technique et business, créer une culture d’entreprise et faire face à la concurrence internationale. Il savait repérer ce qui était beau et donc qui allait bien voler au premier coup d’oeil.

 

Fabrice Brégier, le numéro deux d’Airbus à l’époque, a, lui, joué les entremetteurs. "Il était le seul capable de mener à son terme cette tâche herculéenne, raconte Fabrice Brégier, aujourd’hui à la tête d’Airbus. Il possède une rigueur et une méthodologie fantastique, il sait maintenir un cap et rester proche de ses équipes. Trois mois après sa nomination, plus personne ne se demandait pourquoi nous l’avions nommé". Nul hasard dans ce soutien : les deux hommes avaient formé un premier tandem chez Matra à la fin des années 1990. Didier Evrard a piloté de 1998 à 2002 le programme du missile de croisière Storm Shadow – Scalp avant de prendre la tête de MBDA France qui regroupe les anciennes activités de défense de Matra. "Il a mis en place une gestion de projet digne de ce nom, inédite chez Matra, raconte François Bobo, le directeur des programmes de longue portée de MBDA. Nous utilisons encore des outils et des méthodologies qu’il a mis en place." Déjà, Didier Evrard gère des équipes internationales. Ce père de trois enfants et grand-père de trois petites-filles use de sa force tranquille pour entraîner ses collaborateurs. Pour renforcer les liens dans ses troupes, il a reconduit chez Airbus les Christmas parties qu’il organisait chez Matra.

"Il a plus le style du Ch’ti que du Marseillais, mais c’est quelqu’un de très chaleureux", confie Fabrice Brégier. Aujourd’hui, Louis Gallois ne tarit pas d’éloges à son égard. "Grandes compétences, respect des process, soin du détail et vision d’ensemble", dit-il. Pour mener à bien le programme A350 XWB, dont la mise en service est prévue pour la fin 2014, il a développé une batterie de mesures : démonstrateurs technologiques, partage et harmonisation des outils et du planning d’Airbus et de ses sous-traitants, proximité accrue avec les compagnies aériennes, communication mieux maîtrisée… Alors que le programme va entrer dans la phase délicate de la production en série en 2014, cet amateur de cross-country et de golf reste d’une confiance à toute épreuve. "Sur les conseils de ma femme, je lis 'Le Club des incorrigibles optimistes' de Jean-Michel Guenassia", glisse-t-il. De quoi garder sa confiance intacte pour les deux années qui lui restent à diriger ce programme.   

Olivier James

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