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L’ingénieur cuvée 2014 : innovateur et entrepreneur

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Tribune A l'occasion de la Journée nationale de l'ingénieur le 3 avril, Julien Roitman, président des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF), expose sa vision du métier d'ingénieur en 2014. Pour lui, il est nécessaire que la profession fasse son analyse à l'aune de trois grands défis.

L’ingénieur cuvée 2014 : innovateur et entrepreneur © DR

Tout le monde s’accorde à reconnaitre aujourd’hui que le redressement de la France, ou tout au moins le maintien de sa position actuelle, passe par une croissance économique et donc par les entreprises qui retrouvent depuis peu la faveur du public.

Au-delà des incantations, cette croissance sera directement fonction des efforts que notre pays pourra ou voudra bien y consacrer : investissements massifs et dans la durée sur les infrastructures, l’industrie et la formation, priorité à la compétitivité et à l’innovation, environnement favorable aux entrepreneurs.

Ces thèmes ont été au cœur de la campagne présidentielle, la publication fin 2011 du Livre Blanc des ingénieurs et scientifiques de France ayant de toute évidence contribué à cette prise de conscience et au retour de l’industrie dans le giron du politiquement correct. Les ingénieurs français sont à la fois acteurs et garants de cette nouvelle donne.

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On les associe spontanément à l’innovation, car celle-ci résulte d’une rencontre réussie entre une technologie et un besoin client. On les imagine moins naturellement entrepreneurs, qu’il s’agisse de créer une start-up ou de reprendre une entreprise pour la relancer. Il est vrai qu’aujourd’hui seulement 4% des ingénieurs français travaillent à leur compte. Mais les choses changent.

des incubateurs dans de plus en plus d'écoles d’ingénieurs

La profession était-elle réaliste en se donnant comme objectif de doubler la mise à 8% d’ici 2020 ? On peut le penser quand on voit la réponse des moins de 30 ans à l’enquête ingénieurs d’IESF, dont la crédibilité s’appuie sur les quelque 50 000 questionnaires retournés chaque année : un jeune ingénieur sur quatre affirme avoir un projet personnel en tête. Même si tous ne s’y mettent pas, c’est déjà dans l’air du temps.

Il est frappant de constater par ailleurs l’apparition progressive d’incubateurs dans plusieurs écoles d’ingénieurs : École de Physique et Chimie Industrielles de Paris, Télécom ParisTech, École Centrale des Arts et Manufactures, et d’autres. Enfin, on voit surgir dans les associations d’anciens élèves des clubs entrepreneurs et des groupes business angels, là où on ne trouvait traditionnellement que des comités emploi.

Comment parler d’innovation sans sombrer dans la tarte à la crème ? C’est le challenge que devaient relever les promoteurs de la Journée Nationale de l’Ingénieur, qui se sont attachés à traiter de concret, de développement, de mise en œuvre.

trois grands défis à relever

Premier défi, parler de risque. Non pas de prévention des risques avec ceinture et bretelles à la française, mais bien de savoir prendre des risques, condition absolue pour innover ou entreprendre, en acceptant par avance la possibilité d’échecs, dont les leçons valent tout autant pour l’expérience que les succès.

Second défi, replacer l’innovation dans son écosystème. Quel rapport entre innovation et recherche ? Les milliards de crédits impôt recherche débouchent-ils sur des produits de rupture vendables ? La technologie est-elle un sous-produit de la science, ou bien chacune entraîne-t-elle l’autre à son tour ? Autre perspective, autres questions : les industries traditionnelles et les entreprises familiales sont-elles moins bien ou mieux armées pour innover ? Ne peut-on innover que dans la high tech, ou bien l’innovation peut-elle aussi faire son miel du low tech ? Quels en sont les véritables boosters ?

Troisième défi, regarder ce qui marche ailleurs, ce qui a fait de la Corée du Sud, d’Israël, du Canada et de la Silicon Valley les régions les plus innovantes de la planète. Quelles sont les bonnes recettes ? Quelle gouvernance, quel rôle de l’État, quelle mobilisation du privé, quelle motivation des entrepreneurs innovateurs ?

Le seul fait de se poser ces questions est révélateur de la mutation en cours, l’évolution sans cesse plus rapide des technologies et la prise de conscience d’une concurrence mondialisée conduisant à une sorte de darwinisme : l’ingénieur français a appris à s’adapter en permanence, il a commencé à chevaucher le tigre du progrès et il n’est pas près d’en descendre...

Julien Roitman, président des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF)

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